EXPÉDIENTS FINANCIERS
Voici ce que firent les gens de Lampsaque. Comme la farine valait quatre drachmes le médimne, ils ordonnèrent aux marchands de la vendre six drachmes. Us portèrent le prix de l'huile de trois drachmes le chou^ à quatre drachmes et demie; de* même pour le vin et les autres denrées. L'excédent sur le prix ordinaire dut être abandonné à l'État.
Les Lacédémoniens, ayant besoin de fournir des subsides aux Samiens, décidèrent qu'eux-mêmes, leurs esclaves et leurs bestiaux jeûneraient pendant une journée entière ; la somme qu'on économisa ainsi lut remise aux Samiens.
Les Cliiotes avaient une loi qui prescrivait que les contrats de prêt fussent enregistrés par un magistrat public. Dans un moment de détresse, ils décrétèrent que les dettes des particuliers seraient remboursées non aux créanciers, mais à FÉtat, et que l'État se chargeait d'en payer à ceux-ci les intérêts sur les revenus qu'il en retirait lui-même.
Les Clazoméniens manquaient de blé et n'avaient pas d'argent. Us décidèrent que ceux qui avaient de l'huile la prêteraient à l'État avec intérêt. C'est là un des principaux produits du pays. Puis ils louèrent les barques de leurs débiteurs, pour les envoyer dans les contrées d'où ils tiraient le blé, et ils leur donnèrent en gage la valeur de l'huile.
Les Éphésiens défendirent un jour aux femmes de porter de l'or, et leur ordonnèrent de prêter à l'État celui qu'elles possédaient.
(Pseudo-Aristote, Économiques^ II, 7, 9, 12, 16, 19.)