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LES LITURGIES

Ce n'est pas seulement par des contributions pécuniaires que l'Etat pourvoyait à ses besoins, c'est aussi à l'aide de diverses prestations appelées liturgies, qui, sans enrichir le Trésor, lui épargnaient au moins des dépenses. '

Parmi les liturgies ordinaires, qui revenaient chaque année, la plus importante était la Chorégie, c'est-à-dire la formation d'un chœur destiné à figurer dans les représentations dramatiques. 11 y avait encore la Gymnasiarchie, Celui qui en était chargé faisait exercer des lutteurs dans les gymnases en Mie de certaines fêtes, les entretenait pendant tout le temps que durait ' cette préparation, disposait enfin d'une façon convenable 1 emplacement du combat. A la Lampadarchie incombait l'organisation des concours où l'on courait a pied ou à cheval avec des torches allumées; Lysias cite un individu qui dépensa de ce chef 1200 drachmes (1176 fr.). V Archithéorie consistait. à aller représenter l'État dans quelque solennité étrangère; les frais étaient supportés en partie par le Trésor, en partie par le chef de la

mission. On cite en outre la liturgie instituée pour subvenir aux frais des courses de chars et des régates, celle qui avait pour objet d'offrir un repas à tous les membres d'une même tribu (Estiasis), etc.

On n'était assujetti à ces obligations que si l'on possédait au moins 5 talents. Les orphelines non mariées en étaient dispensées; les jeunes garçons orphelins jouissaient de la même faveur une année encore après leur majorité. Nul n'était tenu d'accomplir deux liturgies par an, ni d'accomplir la même deux ans de suite.

La Trier archie était une liturgie extraordinaire, la plus onéreuse de toutes ; elle imposait l'obligation d'équiper un navire de guerre.

Si un individu prétendait qu'on l'avait indûment chargé d'une liturgie, et que son voisin avait été épargné à tort, il pouvait sommer ce dernier de prendre sa place. Celui-ci refusait souvent; dans ce cas, le tribunal prononçait la confiscation provisoire des biens de l'un et de l'autre ; il en faisait dresser l'inventaire, et il soumettait le plus riche à la liturgie. C'est là ce qu'on appelait l'àvTiSoortç.

(Schomann, Antiquités grecques, trad. Galuski, 1. 1, pp. 523 et suiv. ; Lécrivain, Revue historique, t. XL, pp. 276 et suiv.).

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