L ARMEMENT A L EPOQUE HOMERIQUE
L'armure défensive, faite en bronze, se composait du casque, de la cuirasse, du bouclier et des jambières ou cnémides.
Ajoutez-y des bandes ou ceintures de me'tal qui s'attachaient à l'endroit où finissait la cuirasse, pour protéger le ventre et les reins. Au-dessus du heaume flottait un panache en crin, parfois teint en rouge; le casque était pourvu de joues, mais n'avait pas encore de nasal. Deux plaques épaisses, qui s'attachaient sur les côtés, formaient la cuirasse; l'une d'elles couvrait le devant, l'autre le derrière du corps. Le bouclier était rond ou ovale ; dans le premier cas, il avait deux poignées, l'une où l'on passait le bras, et l'autre que serraient les doigts; lorsque sa
Char de guerre.
forme allongée lui donnait presque la hauteur du corps, on ne pouvait le tenir qu'avec la main. Lorsqu'on marchait ou qu'on fuyait, une courroie de cuir permettait de le rejeter sur le dos. Les armes offensives sont aussi de bronze; c'est à peine si, dans deux ou trois vers, peut-être interpolés, il est question d'une pointe de flèche, d'une épée et d'une massue de fer. L'arme principale est une longue épée à deux tranchants. Des clous d'or ou d'argent servaient à fixer sur la poignée une enveloppe d'os ou de bois qui permettait de saisir l'arme et de l'avoir bien en main. Le fourreau était souvent incrusté d'argent ou d'ivoire. Une dague plus courte était quelquefois rattachée à cette gaine pour remplacer l'épée rompue. La lance était une perche de
frêne armée aux deux bouts d'une pointe de métal ; Tune de ces pointes était disposée pour l'attaque, et l'autre servait à piquer le javelot en terre. On frappait avec la lance et on la jetait aussi contre l'ennemi. Les têtes de flèche étaient à trois arêtes; elles ne pouvaient pas être retirées des chairs ; elles y faisaient hameçon. Les ardîers ne jouaient d'ailleurs qu'un rôle secondaire; les guerriers en renom allaient à la bataille sur des chars attelés de deux chevaux. D^ut, auprès d'eux, le cocher guidait l'attelage; il maintenait les chevaux, pendant que le soldat, ayant mis pied à terre, se mesunÂi avec ses adversaires ; il le ramenait, vainqueur ou vaincu, quand la lutte avait pris fin. (Perrot, Revue des Deux MondeSy t. LXX (1885), p. 305.)