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LE RECRUTEMENT

l^ Athènes, — A Athènes, comme dans toutes les cités grecques, le service militaire est à l'origine un droit et un devoir pour tous ceux qui prennent part à la chose publique. Sans doute, dans les combats de l'âge héroïque, le roi et les chefs ont partout le premier rôle, si bien que les batailles de V Iliade ressemblent à des tournois ou à des duels. Mais les soldats qui forment Iq gros de l'armée, et qui parfois se rangent en ligne pour engager une action générale, ne sont ni des esclaves ni des mercenaires,;^dans

le camp, image de la cité, ils reprësentent le Zr^iLoç, qui assiste aux délibérations de TÂgora.

Aristote dit qu'après la chute de la royauté le plus ancien gouvernement des Grecs fut composé des citoyens qui allaient à la guerre. Cela se voit nettement dans le système institué par Solon. Les hommes de la dernière classe, appelés thètes, furent exclus du service militaire, parce qu'ils n'avaient presque aucun droit politique. Ce principe fut constamment respecté par les Athéniens, tant qu'ils eurent une armée nationale.

La liste officielle qui servait de base au recrutement de Tarmée était le XYj^tapyixôv Ypa[x|xaTeiov, c'est-à-dire le registre de l'étiU civil, tenu dans chaque dème par le démarque, et composé, chaque année, de la liste des jeunes gens qui avaient atteint leur dixhuitième année. L'inscription sur ce registre marquait pour les Athéniens leur admission dans la cité; jusque-là, ils ne devaient rien à l'État, et ne jouissaient pas des droits civiques. L'ensemble des listes formait, dans chaque tribu, le catalogue des hommes astreints au service, et la réunion de ces catalogues était appelée 6 xaTaXoyoç. Pour y figurer, il fallait justifier qu'on remplissait les conditions légales d'âge et de cens; il fallait en outre subir un examen physique. On y demeurait inscrit de dix-huit à soixante ans.

Ces hommes ne sont pas tous admis à servir dans les mêmes conditions. Les plus jeunes, de dix-huit à vingt ans, éphèbes et TrepiTToXot, ne prennent part à aucune expédition lointaine; ils gardent le territoire et les forts qui protègent les frontières de l'Attique. D'autre part, les plus âgés (au-dessus de cinquante ans) paraissent avoir été assimilés aux éphèbes. La levée des hoplites, en vue d'une campagne extérieure, ne porte donc que sur les citoyens âgés de vingt à cinquante ans. Quand tous les citoyens de cette catégorie sont levés à la fois, l'expédition est dite irav- SïjîJiei ou TtavffTpaTta. Ainsi la levée en masse elle-même n'atteint que les citoyens régulièrement enrôlés. Seulement à ces hoplites se joignent d'ordinaire, en ce cas, les métèques aptes à être hoplites, et la foule de ceux qui composent l'infanterie légère. D'après Thucydide, au commencement de la guerre du Péloponnèse, le nombre des hoplites âgés de moins de vingt ans et de

plus de cinquante s'élevait à 13 000, celui des hoplites de vingt à cinquante ans, à 10000, et il faut ajouter à l'une et à l'autre de ces deux catégories 5000 métèques faisant fonction d'hoplites.

Quand le décret de l'Assemblée ne comporte pas une levée en masse, c'est par un choix fait sur le catalogue (ex xaTaXoYou) que les hoplites sont appelés. Ces levées partielles peuvent se faire de deux manières. Quelquefois le peuple détermine, suivant l'expression d'Aristote, a depuis quel archonte éponyme jusqu'à quel archonte il faut faire campagne ». Telle est la orTpa- Teta ev xolç è7ça)vuw.oiç. U n'y a d'exception ou d'excuse que pour ceux qui à ce moment s'acquittent de quelque autre service public. D'autres fois, le peuple se contente d'indiquer le chiffre des hoplites qu'il faut lever, et alors l'opération consiste à prendre, non tous les citoyens d'une même classe, mais des portions de classe (dTpaTs^a Iv xotç fxépe^t). La tâche des stratèges et des taxianjues est alors beaucoup plus délicate. C'est là, il est vrai, un moyen de constituer des troupes d'élite, mais c'est aussi une occasion de favoriser les uns au détriment des autres. Aristophane se plaint des abus qui en étaient la conséquence, et qui donnaient lieu fréquemment à des procès intentés par les citoyens lésés. Mais, en attendant la décision des juges, l'hoplite appelé doit prendre les armes et se présenter à jour fixe. Le taxiarque note les noms des absents, qui seront plus tard poursuivis en justice.

La cavalerie est, sinon un corps permanent, du moins une troupe d'élite entretenue même en temps de paix, et plus souvent convoquée que l'infanterie, à cause des cérémonies religieuses et des processions où elle parade. De plus, le chiffre des cavaliers est fixe, et le devoir de l'hipparquc est de veiller à ce que l'effectif reste toujours complet. Le catalogue des cavaliers est dressé à nouveau tous les ans. Le phylarque de chaque tribu prend sur le XYjÇtapytxôv Ypa;jLu.aT£Tov un certain nombre de jeunes gens appartenant à la première ou à la seconde des classes de Selon; il les choisit parmi les plus riches et les plus robustes. Avant de les incorporer, il les appelle à subir devant le conseil un examen préîjable (Soxiaaçia). Cet examen est nécessaire pour que le citoyen devienne cavalier; mais en GuiiiAUD. — Lect. hist, 5«. oigitized by GcS(Dgle

revanche il lui confère un droit absolu. Une l'ois choisi par Thipparque et approuvé par le Conseil, le cavalier est sûr de ne plus être changé de corps pendant l'année; ni le stratège ni le taxiarque ne l'enrôleront comme hoplite.

2<> Sparte. — Tout citoyen devait le service militaire de vingt à soixante ans. Aristote prétend que les pères de trois fils en étaient exemptés; mais on ignore à quelle époque se rapporte cette mesure. La levée se faisait comme à Athènes dans la «rrpa- TÊia êv To7; eircovufiLOK; ; les éphores déterminaient les classes qui auraient à fournir le contingent nécessaire. On ne se contentait pas d'ailleurs d'enrôler les Spartiates proprement dits; on convoquait également les périèques, en aussi grand nombre qu'il le fallait. A l'époque des guerres médiques, ceux-ci formaient des corps distincts; pendant la guerre du Péloponnèse, ils étaient confondus avec les citoyens.

Hérodote nous apprend qu'aux Thermopyles Léonidas avait avec lui « les trois cents hommes d'élite de l'armée, choisis parmi les pères de famille». Ce sont les mêmes que Thucydide appelle les ({ trois cents cavaliers » . On leur donnait le nom de cavaliers, bien qu'ils ne fussent pasà cheval. Xénophon nous indique de quelle manière on les recrutait. Tous les *ins, les éphores désignaient trois individus dans la force de l'âge, qui désignaient à leur tour cent jeunes gens chacun. Les trois cents formaient en temps de guerre la garde du roi, et restaient constitués même en temps de paix.

A côté de la puissante infanterie des Spartiates, la cavalerie fait triste figure. Créée assez tard, vers 424 av. J.-C., elle ne fut jamais en honneur, s'il est vrai, comme le dit Xénophon, (|ue les chevaux, fournis par les riclies, fussent montés par les hommes jugés incapables de servir dans l'infanterie.

(Hauvette, Dict. des Antiq., 1. 11, pp. 206 et suiv.)

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