‹ La vie privée et la vie publique des GrecsChapitre 243 sur 300 · LES ABUS DANS LE RECRUTEMENT D APRÈS ARISTOPHANE · texte numérisé non relu

LES ABUS DANS LE RECRUTEMENT D APRÈS ARISTOPHANE

Les taxiarques sont chargés a Athènes de recruter les troupes. Ils usent de leur pouvoir de la manière la iJus scandaleuse* La laveur et le soupçon inspirent tous leurs actes. Courtisans de la

populace, ils ne reculent devant Tiucune complaisance pour elle, et par eux l'armée se désorganise. Les démocrates poussent à la guerre, mais en faisant tout pour n'y point prendre part. Les citoyens les plus pauvres, qui ne pouvaient être enrôlés ni parmi les cavaliers ni même en général parmi les hoplites, étaient embarqués sur les trières en qualité de marins. C'était la petite bourgeoise qui devait former l'infanterie, des gens de condition moyenne et de mœurs pacifiques, bons démocrates comme le Philocléon des Guêpes. Or on comptait parmi eux un grand nombre de fonctionnaires, et beaucoup d'exemptés de droit, comnie les membres du Sénat. Les autres cherchaient k se soustraire au service. Si parmi les hommes inscrits sur les rôles du recrutement il y en avait que la pureté de leurs sentiments démocratiques eût signalés à la faveur des taxiarques, ceux-ci savaient bien, jiar de faciles interversions dans l'ordre des noms, les affranchir de la corvée. Quand l'Assemblée avait décidé qu'une levée partielle serait faite et avait fixé le chiffre des soldats à engager, les taxiarques devaient prendre à la suite, dans la liste des inscrits de chaque année, un certain nombre d'hoplites. Il leur arrivait, paraît-il, de choisir les uns et d'oublier les autres. « Ils font des choses odieuses, inscrivant ceux-ci, effaçant ceux-Ik à tort et à travers jusqu'à deux et trois fois. Demain, c'est le départ, et un tel n*a pas acheté de vivres; il ne savait pas qu'il allait partir. Tout à coup, en regardant l'afTiche, il y voit son nom, et il court, éperdu, Tœil mouillé de larmes. Voilà ce qu'ils nous font à nous, paysans, tandis qu'ils épargnent davantage les citadins. » La campagne fournit donc à l'armée les hommes que la ville lui refuse. Aussi, au nombre des réformes que Démos (le peuple) se promet de réaliser, celle du recrutement est-elle une des plus importantes. « Désormais, tout hophte inscrit sur le rôle ne pourra plus, par faveur, être changé de place. »

(Couat, Aristophane,^. 86.)^

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