LES DIFFERENTES ARMES
Les armées grecques comprenaient ordinairement trois sortes de troupes : les hoplites, les troupes légères, la cavalerie.
i^ Hoplites, — Les hoplites sont les troupes de ligne proprement dites. Ils se recrutent dans la classe des citoyens et ils iorment la partie essentielle de l'armée. Ils portent un armement complet, bon pour la défensive comme pour l'offensive ; leur tunique (^iTwv) est de couleur rouge.
Les armes défensives sont : le casque, jadis en cuir non tanné (xuvéïq), plus tard en airain (xpàvo;), la cuirasse, les jambières (xvTjjxïSeç), plaques de métal, probablement doublées d airain ou de drap à l'intérieur, qui couvraient la partie antérieure de la jambe depuis la cheville jusqu'au genou, le bouclier, soit rond, soit ovale, fait de peaux de bœuf superposées et d'une plaque de métal clouée par-dessus.
Les armes offensives sont : la lance ou pique (Sopu), longue de 2™, 04 à 2", 35, pesant 2 kilogr., et munie d'une pointe à deux tranchants de 0°*, i4, l'épée droite (Çicpo;) ou légèrement courbée (|jLà;(aipa), que l'on portait à l'aide d'un baudrier, parfois aussi un poignard droit EY/etpiBtov), et un couteau en forme de faucille (Çu-^Xt)).
Le poids total de ces armes était d'environ 35 kilogr.; mais l'hoplite ne les portait toutes que dans la retraite; en marche, une partie était portée par les chars, une partie par les esclaves.
2° Troupes légères, — Avant les guerres Médiques, les esclaves qui suivaient les hoplites prenaient souvent part au combat et
Hoplite.
pouvaient être considérés comme des troupes légères. Mais ce ne fut qu'apfès ces guerres qu'on organisa des corps spéciaux d'infanterie légère; et encore ne firent-ils partie intégrante de Tarmée qu'au iv® siècle. On recrutait ces troupes légères parmi les peuples qui cultivaient spécialement le maniement des armes de jet, telles que le javelot, Tare, la fronde. On enrôlait des archers crétois, des frondeurs rhodiens ou thessaliens, des peltastes thraces ; les Acarnaniens et les Étoliens fournissaient des soldats habiles à lancer le javelot.
Les troupes armées à la légère (yujxvTJTeç, yuii.voi, <j/t>ot), n'avaient pas d'armes défensives, puisqu'elles combattaient de loin. Elles comprenaient : les lanceurs de javelots (àxovTKTTai), armés d'un javelot (àxovtiov) ou lance longue de 1", 45, munie d'une courroie où le soldat passait ses doigts ; les archers, armés d'un arc et d'un carquois pouvant contenir de i2 à 15 flèches; les frondeurs^ armés d'une fronde et d'une poche pour contenir les projectiles (pierres ou balles de fronde) ; les peltastes, qui avaient un petit bouclier, un javelot et un glaive.
Ces troupes étaient placées, suivant le besoin, en avant ou en arrière de la ligne, ou bien dans les intervalles, quelquefois sur les côtés. Souvent elles attaquaient en ligne, souvent aussi en colonnes dispersées comme nos tirailleurs. Leur rôle était de reconnaître le pays, de se mettre en embuscade, de s'emparer des hauteurs, d'occuper l'ennemi qui approchait, de refouler la cavalerie et de poursuivre les vaincus.
5° La cavalerie. — La cavalerie grecque resta longtemps à l'état rudimen taire. Les chevaux étaient plutôt un moyen dje transport qu'un moyen d'attaque. La cavalerie ne combattait que contre la cavalerie ; elle n'osait attaquer l'infanterie que lorsqu'elle la voyait en désordre ou en fuite. Dans l'armée macédonienne, son rôle était à peu près nul ; à Athènes, elle avait plus d'importance ; mais là encore elle servait partout à parader dans les fêtes. Elle ne comptait véritablement qu'en Thessalie, en Béotie, en Phocide et en Locride. Ce ne fut guère qu'avec Ëpaminondas qu'elle prit une part active aux batailles.
Le harnachement du cheval se composait de la selle, ou plutôt d'une couverture-selle (£<pi7nTiov) avec sa sangle, d'un mors, des
rênes et du licou pour Tattacher au campement. La ferrure du sabot n'était pas connue des Grecs ; on se contentait de le durcir par l'exercice. Le cheval était protégé par un frontal, un pectoral, et une espèce de cuirasse appliquée aux flancs.
Le cavalier portait une cuirasse, une ceinture h franges de métal autour du ventre, une enveloppe de cuir ou de bronze autour des bras, des cuissards, des jambières de cuir et un casque; il n'avait ni boucliers ni étriers. Ses armes offensives Cavalier,
étaient une épée droite et une lance longue et mince. Il avait avec lui un écuyer monté, qui marchait en dehors de la colonne.
(Pascal, r Armée grecque, d'après VoUbrecht et Kôchly, pp. i5 et suiv.)