LES FEUHES SPARTIATES
Les femmes jouissaient k Sparte d'une considération plus haute que dans le reste de la Grèce. Leur éducation les rapprochait davantage des hommes ; elles étaient habituées, dès l'enfance, à se sentir citoyennes, et prenaient vivement à cœur les intérêts publics. Pour le courage, le patriotisme et l'abnégation, elles ne le cédaient pas k l'autre sexe : de là le respect dont elles étaient entourées. L'éloge ou le blâme des femmes importait fort ; on tenait grand compte de leur sentiment, même pour des choses qui étaient en dehors de leur compétence. Telle était leur influence, que les Grecs affectaient de regarder le gouvernement de Sparte comme un gouvernement de femmes.
Cela ne les empêchait pas d'ailleurs d'être soumises à leurs devoirs d'épouses et de mères. Aussitôt mariée, la femme Spartiate s'appliquait aux soins de la maison. Platon dit qu'elle ne tissait ni ne filait, ces occupations étant abandonnées aux esclaves, mais qu'elle dirigeait les travaux du ménage. Elle veillait, autant que son mari, à l'éducation de ses enfants. Les relations des femmes avec les hommes étaient moins libres que celles des jeunes filles. Le mot de Périclès, que le mieux pour une femme est de ne faire parler d'elle ni en bien ni en mal, était vrai aussi de Sparte. Les femmes ne se montraient que voilées, tandis que les jeunes filles allaient à visage découvert. Un Spartiate, interrogé sur l'origine de cette coutume, ré-
pondit : o II faut bien qu'une fille cherclie un mari ; une femme n'a qu'à garder le sien » . Cette parole prouve que le goût personnel tenait plus de place à Sparte qu'ailleurs dans le choix d'une épouse. Elle est de plus l'indice qu'en ces matières les mœurs Spartiates avaient quelque analogie avec les mœurs anglaises ou américaines.
(Schômann, Antiquités grecques^ I, pp. 308-309, trad. Galuski.)