ÉNERGIE DES FEMMES SPARTIATES
— Une mère ayant appris que son fils s'était sauvé des mains de l'ennemi et avait pris la fuite, lui envoya cette lettre : a Un bruit odieux s'est répandu sur toi ; il faut t'en laver, ou cesser de vivre. »
— Un Spartiate racontait la mort glorieuse de son frère à leur mère commune : « N'es-tu pas honteux, lui dit-elle, d'avoir manqué à lui tenir compagnie en semblable voyage ? »
— Une Lacédémonienne qui avait envoyé à la guerre ses fils, au nombre de cinq, se tenait aux portes de la ville, attendant avec impatience l'issue de la bataille. Ayant interrogé le premier individu qui se présenta, elle apprit que tous ses fils étaient morts : a Ce n'est pas cela que je demande, dit-elle. Où en sont les affaires du pays ? — Sparte est victorieuse. — Eh bien ! c'est avec joie que j'apprends aussi la mort de mes fils. »
— Une Lacédémonienne était exposée en vente, et on l'interrogeait sur ce qu'elle savait faire. Elle répondit : « Je sais être fidèle » .
— Une autre répliqua 'ians une circonstance analogue : a Je sais être libre » . Son maître lui ayant prescrit un travail qui ne s'accordait pas avec la condition d'une femme libre, elle lui dit : (( Tu te repentiras d'avoir perdu une femme telle que moi », et elle se tua.
(Plutarque, Apophthegmes de Lacédénioniennes inconnues^ 2, 5, 6, 26, 29 ; trad. Bétolaud.)