‹ La vie privée et la vie publique des GrecsChapitre 252 sur 300 · BATAILLE DE MANTliNEE EN il · texte numérisé non relu

BATAILLE DE MANTliNEE EN il

Diï côté des Lacëdémoniens, les Scirites occupaient Taile gauche. Au centre se trouvaient les Lacëdémoniens et les Arcadicns; à l'aile droite, les Tégéates et d'autres Lacédéraoniens. La cavalerie flanquait les deux ailes.

Dans l'armée opposée, les Mantinéens étaient à droite, les Arcadiens et les Argiens au centre, les Athéniens à gauche, soutenus par leurs cavaliers.

La ligne des Lacédémoniens comptait 448 combattants de front, sur 8 de profondeur.

« Les deux armées s'ébranlèrent. Les Argiens et leurs alliés s'avancèrent au pas accéléré et avec véhémence ; les Lacédémoniens lentement, et au son d'un grand nombre de flûtes; ce qui n'est point un usage religieux, mais un moyen de régler leur marche par la cadence et d'éviter que leur ligne ne se rompe, comme il arrive fréquemment aux grands corps d'armée allant il l'ennemi..,.

a Quand le combat s'engagea, l'aile droite, où étaient les Mantinéens, culbuta les Scirites ; puis les Mantinéens, leurs alHcs et une partie des Argiens, se jetant dans la brèche, défirent les Lacédémoniens, les enveloppèrent, les mirent en déroute, et les poussèrent jusqu'à leurs chariots, où ils tuèrent quelques-uns des vétérans préposés à la garde des bagages.

a Sur ce point, les Lacédémoniens eurent donc le dessous ; mais le reste de leur armée, surtout le centre où était le roi Agis, chargea les vétérans d'Argos, ainsi que les Cléonéens, les Ornéates et les Athéniens rangés près d'eux. Tous ces gens furent mis en fuite; la plupart n'attendirent même pas le choc des Lacédémoniens, et plièrent dès leur approche. Quelques-uns furent foulés aux pieds, pour n'avoir pu éviter le mouvement enveloppant de l'ennemi.

« Ce point enfoncé, l'armée des Argiens et de leurs alliés se trouva coupée en deux. Pendant ce temps, l'aile droite des Lacédémoniens et des Técéates tourna les Athéniens qu'elle débordait, ^ ^ )OQle

GuiRAUD. — Lect. hist 5«, 28 ^

et les mit dans une fâcheuse situation, car ils étaient cernés d'un côté et rompus de l'autre. De toute l'armée, ils auraient été les plus maltraités sans l'appui de leur cavalerie. Par bonheur. Agis, apprenant la défaite de son aile gauche, ordonna à toutes ses troupes de se rabattre à son secours. Ce mouvement dégagea les Athéniens etleurpermit d'opérer à leur aise leur retraite. Dès lors les Mantinéens et leurs alliés ne songèrent plus à pousser l'ennemi ; mais, voyant la déroute des leurs et l'approche des Lacédémoniens, ils s'enfuirent. D'ailleurs la retraite ne fut ni violente ni prolongée ; car les Spartiates ont pour règle de combattre obstinément et de pied ferme, tant que l'ennemi résiste ; mais, une fois la fuite déclarée, leur poursuite dure peu et ne s'étend pas loin.

« Les Lacédémoniens, après s'être rangés en avant des ennemis tués, érigèrent sur-le-diamp un trophée et dépouillèrent les cadavres. Ils relevèrent leurs propres morts, les rapportèrent à ïégée pour leur donner la sépulture, et rendirent par composition ceux de l'ennemi. Il périt en cette journée 700 Argiens, Ornéates ou Cléonéens, 200 Mantinéens, 200 Athéniens avec leurs deux stratèges. Les alliés de Sparte ne souffrirent pas d'une manière sensible. Quant aux Lacédémoniens eux-mêmes, il n'est pas facile de savoir la vérité ; cependant on évaluait leurs pertes à 300 hommes environ. »

(Thucydide, V, 67-74; trad. Bétant.)

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