FORTIFICATIONS
M. Rochas d'Aiglun décrit ainsi les fortifications de Messène et d'Athènes :
1^ Messène, — « Cette forteresse a été établie par Épaminondas, en 370 av. J.-C, sur les flancs du mont Ithôme, dont le sommet portait déjà un fort qui fut conservé et aménagé pour servir d'acropole (citadelle). • '
« Le rempart, qui subsiste encore, suit les crêtes que présente le terrain; il est massif, d'une épaisseur d'environ 2",50 et haut seulement de 4™,50 depuis le pied de l'escarpe juscju'au
sommet des créneaux. Cette médiocre hauteur avait pour but de permettre aux défenseurs de se servir de leur lance contre l'assaillant. On y accède par des escaliers de pierre accolés à rintérieur.
« Il est flanqué de tours carrées à cheval sur le mur et à un
Fortifications de Messène.
OU deux étages. Le toit de ces tours était h une seule pente et allait s'inclinant de l'extérieur vers l'intérieur; il servait de plate-forme pour les défenseurs, ainsi que le montrent les créneaux dont il est surmonté, et cette inclinaison servait à les protéger contre les projectiles lancés du dehors. Le premier étage est percé de créneaux rétrécis vers l'extérieur, de façon îi ne pas permettre le passage d'un homme, tandis que le second, quand il y en a un, est éclairé par des fenêtres assez
larges, mais qui pouvaient être fermées par des volets intérieurs.
(( Les tours sont espacées en moyenne de dOO mètres, et ont de 6 à 7 mètres de saillie; leur rez-de-chaussée est massif; à partir du premier étage, les mtirs sont composés d'un seul rang de pierre de taille épais de 0"*,60 environ.
« Les points saillants de l'enceinte sont renforcés par de grosses tours, rondes à l'extérieur et planes à l'intérieur.
« Toutes les tours sont percées de deux portes à hauteur du chemin de ronde, pour établir la continuité des communications sur le rempart.
(( La porte principale, dite de Mégalopolis, est flanquée de deux tours carrées à deux étages, et présente à l'intérieur une avantcour circulaire terminée par une seconde porte qui donne accès à la ville. Les défenseurs pouvaient se tenir sur le mur qui enceint l'avant-cour et frapper l'assaillant qui aurait forcé la première porte.
<( Toutes les maçonneries sont en magnifiques pierres de taille à bossages, disposées par assises horizontales.
« Un mur isolé se détache de l'enceinte pour aller jusqu'au fond d'un ravin oîi coule un ruisseau. Ce mur servait probablement à protéger les gens qui allaient puiser de l'eau. »
2° Athènes^ — « Les fortifications d'Athènes se composaient: de l'Acropole située sur une hauteur et fortifiée de toute antiquité, de l'enceinte de la ville, réédifiée par Thémistocle au V* siècle et ayant environ 8 kilomètres de circuit, puis d'une enceinte spéciale pour la presqu'île du Pirée. Celle-ci était reliée à la ville par deux murs parallèles, longs de 5 kilomètres i/2; un autre mur, long de 7 kilomètres, partait d'Athènes et s'en allait en divergeant de manière à aboutir au port de Phalères. Les Athéniens avaient toujours ainsi une voie ouverte sur la mer, quand bien même l'un des murs extérieurs serait tombé au pouvoir de l'ennemi.
« On a retrouvé les traces de l'enceinte de la ville en plusieurs endroits. On y voit notamment, d'une façon distincte, deux tours quadrangulaires reliées par une courtine de 170 pieds. Ces tours, complètement en saillie sur le mur, devaient avoir un front
large de 40 pieds; leurs flancs avaient 28 pieds, et leurs murailles paraissent avoir une épaisseur de 2 à 5 mètres.
« Pour ce qui concerne l'enceinte, il y avait d'abord un soubassement de moellons jusqu'à deux pieds au-dessus du sol. Sur ce soubassement était une assise de grosses pierres ; puis s'élevait un mur plein en bri(jues, d'une épaisseur de 6 mètres. A 6 mètres de hauteur était établi le chemin de ronde, protégé contre le dehors par un parapet crénelé. »
(De Rochas d'Aiglun, Principes de la fortification antique, pp. 65 et 81.)