‹ La vie privée et la vie publique des GrecsChapitre 257 sur 300 · LA TRIÉRARCHIE · texte numérisé non relu

LA TRIÉRARCHIE

La triérarchie était une liturgie, et la plus ancienne de toutes. Il est inutile d'exposer ici les règles assez compliquées et plusieurs fois modifiées d'après lesquelles cette charge était répartie entre les citoyens; il suffit de rappeler qu'elle pesait exclusivement sur les plus riches. ^ ,

Dans la seconde moitié du iv« siècle, le trie'rarque recevait de rÉtal le vaisseau, avec ses agrès et sa voilure, en outre l'équipage avec la solde et les frais d'entretien pour les hommes. Il était tenu, à la fin de llannée, de remettre tout le matériel soit à son successeur, si la campagne n'était pas achevée, soit aux commissaires de la marine. Il avait à payer dans le courant de Tannée les dépenses éventuelles que demandait l'entretien du navire, et à restituer, à la fin, tout ce qui s'était perdu ou avarié par sa faute ; ces frais sont évalués à une moyenne de 40 à 60 mines par triérarchie (4 à 6000 fr.). Le vaisseau ou les agrès, soit détériorés, soit perdus, devaient être ou remplacés ou remboursés à l'État; un catalogue qui servait aussi de tarif fixait la valeur légale du matériel. Certaines circonstances, comme une tempête, un combat naval, où le bâtiment et ses agrès étaient perdus, constituaient des cas de force majeure et dispensaient le triérarque de tout remboursement ; mais il fallait que l'exception fût établie en justice. La dette était, en effet, fixée par les magistrats compétents; si la valeur du navire n'était pas acquittée dans l'année, la dette pouvait être doublée par le Sénat.

Il n'était pas rare qu'un triérarque s'imposât des sacrifices supplémentaires, soit qu'il donnât à l'État la trière même ou les agrès, soit qu'il assumât une partie des frais dont il n'était pas tenu.

(Dûrrbach, VOrateur Lycurgue, p. 62.)

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