‹ La vie privée et la vie publique des GrecsChapitre 270 sur 300 · LES PROXENES · texte numérisé non relu

LES PROXENES

Les proxènes ressemblaient beaucoup à nos agents consulaires. Mais, tandis que chez nous les consuls ne sont pas toujours sujets de l'État où ils résident, en Grèce c'était l'usage qu'ils le fussent. Ainsi les intérêts des Athéniens étaient protégés à Éphèse, non par un Athénien, mais par un Éphésien auquel le peuple d'Athènes conférait le titre de proxène, avec certains privilèges et certaines immunités.

Les devoirs du proxène étaient à la fois d'ordre diplomatique et d'ordre consulaire. Les citoyens de FÉtat qui l'avait nommé pouvaient réclamer de lui l'hospitalité, faire appel à sa protection et à ses bons offices dans leurs procès. Il payait la rançon des prisonniers de guerre, assurait une sépulture convenable aux individus morts pendant la guerre, et, dans le cas d'un décès, administrait les biens du défunt et les délivrait aux héritiers. En cela ses fonctions correspondaient à celles d'un consul moderne. Mais il en avait aussi qui le rapprochaient de nos ambassadeurs. C'était lui qui présentait aux autorités et à l'Assemblée du peuple les députés de l'État dont il était le proxène ; il devait faciliter l'accomplissement de ces missions par son influence personnelle sur ses concitoyens.

Dans les cités grecques, les auberges étaient généralement fort médiocres, et les devoirs d'hospitalité qui incombaient au proxène lui causaient de lourdes dépenses, tandis que d'autre part la nature de ses attributions l'obligeait sans cesse d'avancer de l'argent a des voyageurs en détresse, qui ne le remboursaient pas toujours. Comme compensation à ces charges, il recevait des privilèges souvent héréditaires : par exemple le libre accès auprès du sénat et de l'assemblée de la cité qu'il représentait, la protection assurée à sa personne et à ses biens, sur terre et sur mer, en guerre et en paix, la liberté du transit, d'importation et d'exportation, le droit d'acquérir des terres, l'exemption de certaines taxes, parfois Visopolitief c'est-à-dire la jouissance de tous les droits civils. (Newton, dans Reinach, Traité d'épigraphie grecque, pp. 45-47.)

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