AXPHICTYONIE DR DELPHES
L'amphîctyonie de Delphes n'était pas la seule qui existât dans le monde grec ; mais elle était la plus importante de toutes. Elle comprenait douze peuples : Thessaliens, Phocidiens, Doricns de la Doride et du Péloponnèse, Ioniens d'Athènes et Ioniens d'Eubée ou d'ionie, Béotiens, Achéens Phthiotes, Maliens, Œtéens, Perrhèbes et Dolopes, Magnètes, Œnianes, Locriens. Chacun d'eux avait deux voix. Mais quelque&-uns de ces peuples, les Ioniens et les Doriens, ayant pris un accroissement extraordinaire et s'étant fractionnés en plusieurs États, il fallut partager aussi les suffrages. Les villes eurent donc tantôt un sufirage entier, tantôt une moitié ou même une part plus petite de suffrage. Par exemple, les Ioniens avaient deux suffrages, dont l'un appartenait à Athènes, l'autre aux Ioniens d'Eubée ou d'Asie. De même pour les Dorions ;Lacédémone possédait l'une des deux
voix, la seconde appartenait aux autres villes de la Doride. On ne sait pas trop comment faisaient les cités qui avaient à plusieurs un suffrage unique. Élisaient-elles toutes ensemble un seul député, ou bien avaient-elles chacune un quart, un cinquième de vote? Les documents ne nous éclairent pas sur ce point.
Le conseil des amphictyons tenait deux assemblées par an, lune aux Thermopyles, l'autre à Delphes. Il avait avant tout un caractère religieux ; c'était lui qui administrait le temple si riche d Apollon et qui faisait célébrer les jeux Pythiens. Il avait en outre un certain droit de juridiction sur les villes confédérées ; il pouvait examiner les plaintes qu'une d'entre elles portait contre une autre, et prononcer des amendes. Mais, dès qu'un intérêt politique se trouvait en jeu, ses décisions n'étaient guère respectées. D'abord les grands Etats, tels que Sparte et Athènes, n'étaient guère d'humeur à se soumettre aux volontés d'un conseil où les suffrages étaient répartis d'une façon si bizarre. En second lieu, les amphictyons n'avaient à leur disposition aucune force matérielle, et leur autorité morale n'y suppléa jamais. Us ne réussirent à jouer un rôle quelque peu important qu'au iv« siècle, mais ce fut à la condition de servir l'ambition de Philippe de Macédoine, et de concouru: avec lui à l'asservissement de la Grèce.
(Foucart, DicU des antiq., t. I, pp. 235-237.)