LA STRUCTURE DO PARTHÉNON
Le temple grec n'est pas un lieu d assemblée ; c'est une enveloppe pour la statue de la divinité qu'on y vénère. Ses dimensions sont celles qui s'accommodent à cette fonction définie; elles ont juste, ou dépassent de très peu la dimension d'un étui pour l'idole. Dans les plus anciens temples, dans beaucoup d'autres plus récents, la partie close, là celluy est d'une petitesse extraordinaire. Un édifice aussi célèbre que l'Érechthéion mesure à peu près 10 mètres sur 49. Encore ces 19 mètres sont-ils, à l'intérieur, divisés par des murs en trois appartements. Au Parthénon, le naos intérieur a environ 30 mètres sur 19*; mais cet espace ne sert à rien moins qu'a contenir le peuple assemblé. Ce qui est plus significatif encore que la petitesse de l'espace enclos et couvert, c'est la hauteur relative du temple et de l'idole. La statue a 45 pieds de haut, sans sa lance, et le toit du naos n'en a guère que 55. Un rapport analogue était observé à Olympie; Phidias avait fait Zeus si grand, que a s'il se levait, dit Strabon, il enfoncerait le toit ».
En Grèce, le temple n'est pas seulement un étui pour l'idole, c'est un trésor f un musée. Sous sa première forme, en effet, le simulacre n'est pas une statue; c'est une offrande, un meuble de prix, un talisman doué d'une vertu magique. Rien de plus naturel que de serrer avec lui, dans le même écrin de pierre, les autres pièces du trésor national. Aussi voit-on la cella se diviser en deux, et la partie postérieure, Vopisthodome, devenir la caisse
1. Le Parlhénoii ou temple de la Vierge lal construit en l'honneur d'Athéna sous l'administration de Périclès (milieu du v* siècle). Il a pour architectes Ictinos et Callicrate. Il est d'ordre dorique. Après avoir servi d'église sous la domination byzantine, il fut converti par les Turcs en mosquée. Pendant le siège d'Athènes par le» ^Vénitiens (1687), une bombe tomba dans la poudrière qu'on y avait établie, et la moitié de l'édilice sauta. Au commencement de ce siècle, lord Elgin le dépouilla d'une partie de ses sculptures au profit du musée Britannique. Voir une repi-oduction de ce temple à la page 267.
% L'édifice entier mesure 68 met. 90 de louîç sur 30 met. 47 de larp^e ; il est haut de 17 met. 93, jusqu'au sommet duirùnlo:i. ^ ,
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des deniers publics. Le naos lui-même, c est-à-dire le sanctuaire, est, à un certain degré, une des chambres du trésor; c'est la chambre des métaux travaillés, comme lopisthodome est celle des métaux monnayés. Les ornements d'or de ildole peuvent être détachés, et Périclès les compte parmi les ressources disponibles de la République ^ En outre, dans ce même naos, on voit s'accumuler les objets précieux, absolument comme dans une sacristie s'accumulent le mobilier religieux et les ornements sacrés, lampes, chandeliers, calices, cassolettes. Il y avait dans le Parthénon des vases d'or et d*argent, des patères, des couronnes d or, des boucliers, des casques, des cimeterres dorés, un masque d'argent doré, des griffons, des têtes de serpent d'or, des têtes de lion , une jeune fille sur une colonne, des pliants, une statue d'ivoire, des lyres de toute espèce, des têtes de Chio, des têtes de Milet, des carquois en ivoire, etc. De même, dans rÉrecthéion, des tableaux tapissaient le pronaos; la cella contenait un pliant, œuvre de Dédale, une cuirasse de Masistios, chef de la cavalerie à Platées, le cimeterre de Mardonios — Le temple de Delphes était littéralement encombré d'offrandes et de reliques. Tant il est vrai que ces édifices n'étaient point faits pour recevoir le peuple des fidèles ! On ne croyait point manquer de respect à la déesse citoyenne en mettant près d'elle les objets de luxe, les œuvres d'art votives qui rappelaient la gloire et prouvaient le prestige d'Athènes,
Le temple a enfin un troisième caractère, c'est un ostetisoir. Tout y est disposé pour que le fidèle voie l'idole de la façon Ja plus favorable à l'effet.
Premièrement, Tédifice est hypèthre, c'est-à-dire qu'une ouverture, pratiquée dans les combles, donne accès au jour. La clarté tombait de haut, comme dans nos musées. Quand la porte s'ouvrait, quand le rideau tendu devant la statue s'élevait ou s'abaissait, la procession des adorateurs apercevait l'immense statue dans une sorte de gloire lumineuse ; les reliefs prenaient un modelé puissant, les pierreries de l'œil étincelaient, l'or resplendissait, l'ivoire semblait s'amollir ; une vie chaude et pour-