LES NOMS PROPRES
Les Grecs n'étaient pas désignés, comme nous, par un nom héréditaire, le nom de famille, et par un nom variable, le prénom. Us ne portaient ordinairement qu'un nom, auquel on ajoutait le nom du père au génitif. Exemple : KXéwv diwvoç (Cléon, fils de Dion).
Souvent, on donnait au fils le nom de son père : tel fut le cas de Démosthène. Mais souvent aussi on lui donnait le nom de son grand-père paternel, surtout s'il était l'aîné; c'est ce que fit Miltiade pour son fils Cimon. De même les filles recevaient fréquemment le nom de leur grand'mère. Parfois on prenait le nom d'un oncle de l'enfant ou d'un ami. Il n'était même pas rare qu'on empruntât le nom d'un peuple étranger. C'est ainsi que Cimon appela ses trois fils Lakédaimonios, Éléos et Thessalos.
Les parents choisissaient volontiers des noms qui fussent en rapport avec leur profession ou avec celle qu'ils destinaient k leurs enfants. De la des coïncidences entre le sens des noms des
Grecs et les taients qui les ont rendus célèbres {Périclès, c'està-dire celui dont la gloire s étend au loin ; Démosthène, la force du peuple). Ces coïncidences sont particulièrement fréquentes chez les artistes, qui suivaient généralement la carrière de leur père (Xepor^cppwv, Xeipitrocpoç, Eu/etpoç).
Beaucoup de noms propres étaient composés avec un nom de divinité ou dérivés d'un de ces noms : Théodore, Théodote, Zénodote, Diodore, Hérodote. Si un dieu ou un héros était honoré comme le protecteur d'une famille, l'enfant recevait un nom rappelant cette protection : Diogène, ApoUonios, Démétrios, Dionysios.
Enfin certains noms étaient de simples qualifications morales (Socpt'a, *AvSpàYa6oç, 'Aeiu.vTQ<iToç, EuxXeta).
(D'après S. Reinach, Traité d'épigrapkie grecque , pp. 505 et suiv.; et Hermann-BIûmner, Griechische Privatalter^ thûmer, pp. 284-285.)