L ADOPTION
Les adoptions étaient très fréquentes en Grèce. Isée nous en donne la raison : a Tous ceux, dit-il, qui voient arriver la mort, se préoccupent de ne point laisser leur maison déserte, et d'avoir, au contraire, quelqu'un qui apporte a leurs mânes les offrandes funèbres et qui leur rende tous les honneurs prescrits par l'usage. Si donc on est exposé à mourir sans enfants, on s'en crée par l'adoption. » {Sur V héritage d'Apollodore, 30.) « Ménéclès, dit-il ailleurs, songeait à ne pas demeurer sans enfants, mais à trouver quelqu'un qui pendant sa vie eut soin de sa vieillesse, l'ensevelît après sa mort, et d'année en année honorât sa tombe. » (Sur Vhéritage de MénéclèSy 10.) C'est donc une pensée religieuse qui multipliait les adoptions. On adoptait un fils pour être certain de recevoir plus tard les hommages dus aux morts.
Pour adopter, il fallait être sans enfants. Cependant l'acte n'était pas annulé, s'il survenait après coup à l'adoptant un enfant légitime; la succession se partageait ajk)y§y@|5Ç)§^lui-ci
et l'adopté. Il va de soi qu'un mineur ne pouvait être adopté par autrui qu*aYec le consentement de ses parents ; pour l'adopté majeur, aucune autorisation n'était nécessaire.
L'adoption se faisait soit par acte entre- vifs, soit par testament.
Dans le premier cas, l'adoptant réunissait ses proches, les membres de sa phratrie, et, après un sacrifice, il leur présentait l'adopté. On votait et, si le résultat du scrutin était favorable, l'adopté était inscrit, avec son nouveau titre, sur le registre de la phratrie. Cette formalité, bien qu'elle fût généralement usitée, n'était pas pourtant obligatoire.
L'adoption testamentaire n'avait d'effet qu'à la mort de l'adoptant. On pouvait adopter de la sorte non seulement un individu déjà né, mais encore un individu à naître. Ainsi le ]jère qui n'avait que des filles adoptait parfois le fils qu'aurait l'une d'elles. Il y avait même des adoptions posthumes; si quelqu'un mourait sans postérité, son plus proche parent était tenu de lui assigner un de ses enfants pour fils adoptif.
L'adopté devenait l'héritier de l'adoptant et continuait sa j)ersonne, à charge de remplir ses obligations envers lui, notamment celle de pourvoir à sa sépulture et d'honorer ses mânes. En revanche, il rompait tout lien avec sa famille primitive. S'il lui plaisait d'y rentrer, il devait laisser dans sa famille adoptive des enfants issus de lui.
(Gide et Caillemer, Dict. desantiq.y I, p. 75.)