‹ La vie privée et la vie publique des GrecsChapitre 294 sur 300 · LES FIGURINES DE TaNAGRA · texte numérisé non relu

LES FIGURINES DE TaNAGRA

L*essor de la fabrication tanagréenne se place vers le milieu du iv^ siècle avant notre ère. Ces statuettes si prestes d'allure, si coquettes d'ajustement, si famihèrcs et si pimpantes d'aspect, sont des types empruntés à la vie de tous les jours. Là est le grand intérêt de ces œuvres, hâtivement faites parfois, modelées toujours avec le sentiment le plus sincère et le plus fin de la réaHté des choses. Ce qu'elles excellent à rendre surtout, c'est la figure féminine.

Voici une rêveuse assise sur un rocher, auprès d'une petite idole de Silène. Elle a mêlé à ses cheveux quelques feuilles de pampres comme au retour d'une fête de Bacchus. Le bras à demi replié sur la poitrine, la tcte relevée et fixant un point

vague dans l*espace, elle laisse errer ses pensées, et son visage s'éclaire d'un imperceptible sourire. Une autre, parée des mêmes feuillages, s'enfonce dans des rêveries plus mélancoliques, si l'on en juge d'après la tête penchée et le regard baissé vers la terre. D'une main elle s'appuie au rocher qui lui sert de siège

Statuelte de Tanagra.

et de l'autre elle tient la ceinture de sa tunique dénouée ; l'étoffe mal assujettie glisse et découle l'épaule. Ailleurs, debout dans une attitude de noblesse un peu dédaigneuse, apparaît une femme sévèrement drapée. Le bras droit passé derrière la taille fait saillir le coude sous l'étofle et plaque la draperie sur le torse. Les feuilles lancéolées dont la chevelure se couronne et le grand tympanon porté par la main gauche indiquent que celte beauté fière vient, comme les précédentes, de se mêler aux jeux

et aux processions joyeuses de quelque fcle. Une femme d'un âge plus mûr s'enfonce frileusement dans ses voiles : elle a couvert du pan de son himation le sommet de la tête et, le coude posé sur la main gauche, la joue appuyée contre la main droite, elle élève ses regards vers le ciel avec une expression pensive. Que Ton grandisse en imagination cette terre cuite, qu'on lui

bUluelie de Tâoagru.

domie les proporlions d'une statue, et l'on aura sous les yeux le portrait idéal de la matrone grecque. Veut-on voir la femme au dehors, vaquant dans la rue à ses occupations domestiques? Voici les promeneuses enveloppées dans leur manteau à frange de couleur, un bout de draperie ou un léger chapeau de paille posé sur la tête, l'éventail à la main pour rafraîchir l'air embrasé autour de leur visage*. Une d'elles s'arrête, et, prenant

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