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un instant de repos, s'appuie d'une main sur un court pilier; elle ne craint pas les ardeurs du soleil et ses cheveux ne sont parés que d'un simple bandeau. Vu de côte', son fin profil se détache nettement dans l'air; les plis de son manteau retom-
bent en ondes savamment symétriques ; on ne voit rien du corps que le bout des pieds, et pourtant sous l'étoffe on sent la plénitude vigoureuse de tous les membres. Ciomme ces créatures élégantes savent bien marcher et se poser ! Quel équilibre et quelle pondération exacte dans tous leurs mouvements, quelle
impulsion de force tranquille et de santé imperturbable ! Comme elles sont bien les mères et les épouses de ces beaux athlètes qui, à la même heure, remplissaient les palestres et les stades de
Statuettes de Tanagra.
leurs vigoureux ébats ! L'excellence physique de la race grecque se trahit dans ces maquettes d'argile autant que dans les plus beaux marbres.
(Pottier, les Statuettes de terre cuite dans V antiquité j p. 80 et suiv.)
l'orfèvrerie mycénienne*.
L'orfèvrerie de Mycènes nous est connue par une foule d'objets trouvés dans les tombes de l'acropole.
\. Dans riiistoirc de l'art grec, on appelle période mycénienne celle qui a précédé l'arrivée des Doriens dans le Péloponnèse ; elle s'étend du xv* au XII* siècle av. J.-C.
On peut diviser en deux catégories les vases que Schliemann a découverts. Il y a les vases destinés à contenir et à verser le
Coupe en or avec cannelure.
liquide ; il y a les vases à boire. On voit déjà, parmi les premiers, des types qui ne manquent pas d élégance; mais cest
Coupe en or.
surtout dans les vases à boire que l'orfèvre a fait preuve d'invention. 11 n en est pas deux qui soient l'exacte copie l'un de l'autre. Beaucoup n'ont qu'une anse et présentent une forme plus ou moins évasée. Ici, pour tout décor, une suite de can-
nelures. Là, le champ est rempli par des rameaux que séparent des tiges terminées par une fleur épanouie. Le travail est plus compliqué dans un autre gobelet en or. A Textérieur, une bande horizontale, en relief, composée de trois rubans, divise la panse en deux compartiments, qui sont ornés de poissons en relief. On a aussi des verres à pied.
Dans l'un d'eux, le champ est uni, c'est l'anse qui a reçu l'ornement; elle finit par la tête d'un chien qui semble mordre le bord du vase. Telle tasse n'a qu'une anse et très simple; mais en dessous du rebord courent a toute vitesse trois lions. Les ouvriers de Mycènes paraissent avoir été très habiles. Nous en avons pour preuve une cruche dont la panse et le cou ont élé exécutes séparément. La ligne de rencontre des deux pièces a été dissimulée par une bande du même métal dont les deux bouts se réunissent sur l'anse et sont fixés là par des clous; mais ceux-ci n'auraient pas suffi pour obtenir une adîiérence parfaite de l'applique au corps du vase. Sur tout le pourtour de la bande on distingue de tout petits trous; ils ont reçu jadis des pointes qui n'étaient pas plus ffrqsses
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que des létes d'aiguilles. Dix-sept têtes de bœufs, au repoussé, parent la bande.
C'est dans la composition des bijoux que Torlevre s*est montré le plus fécond en ressources. Voici, par exemple, un diadème formé par une bande d'or d'un ovale très allongé. Il a pour principal ornement une série de neuf calottes. La plus grosse est au milieu; les autres vont en décroissant, du centre aux extrémités. Deux cercles concentriques entourent chacune d'elles ; dans l'espace qui les sépare, des spirales et des torsades très fines. Des calottes plus petites, enveloppées d un grènetis, meublent les angles courbes que laissent entre eux les cercles
Rondelle en or.
tangents. Tout cela est encadré par une baguette saillante, en arrière de laquelle règne une bordure. L'arrangement est heureux. La diminution graduelle des calottes s'explique à l'œil par le rétrécissement du champ; les points et les torsades étoffent le décor sans l'embrouiller. Sur cette surface brillante, il se produit des jeux d'ombre et de lumière qui ont leur agrément. L'ensemble est d'une élégance sévère, riche sans confusion.
Dans une tombe, Schliemann n'a pas recueilli moins de 701 rondelles d'or; elles devaient être collées sur 1 étoffe du cadavre, de manière à boucher tous les vides que laissaient entre elles les pièces principales de la parure mortuaire. Le3
motifs qui les décorent se répartissent en deux classes. Il en est qui sont faits de courbes diversement combinées; il en est d'autres qui sont empruntés à ce monde des végétaux et des animaux inférieurs dont se sont si souvent inspirés les peintres de vases. La rosace forme la transition entre ces deux sortes de motifs. Une feuille à nervures rayonnantes, un poulpe et un papillon représentent la seconde catégorie de types. Toutes ces plaques ont été estampées sur matrice.
Boulou en or. '
On possède des boutons faits d'une feuille d'or appliquée sur une âme de bois ou d'os oîi les dessins ont été tracés à la pointe; puis, par une forte pression, la feuille d'or a été contrainte d'entrer dans les creux et d'épouser les reliefs du noyau. Le champ est un losange dont la partie médiane est occupée par une rosace; celle-ci est inscrite dans une bordure que remplit une rangée de disques ou de feuilles disposées en croix ; aux quatre angles du losange, des bosses sont disposées deux par deux. L'idée de ces bosses a dû être suggérée par les têtes des
clous qai, dans les meubles, servaient à fixer des plaques de cristal, de verre ou d'ivoire.
Les plaques qui s'attachaient sur les vêtements ont toutes les formes. Il y en a de triangulaires, ou les courbes décrivent des enroulements compliqués ; il y en a de trapézoïdales, où se dressent des fleurons qui rappellent vaguement l'aspect de certaines liliacées. On a rencontré encore dans les tombes de grands pectoraux en or. On en a tiré aussi un ornement déjà trouvé à Troie. C'est, des deux côtés d'un petit tube oîi passait une cordelette, des spirales faites d*un fil d'or replié sur lui-même. La spirale décore également de larges boucles d'oreilles. On en a
découvert plusieurs munies de l'anneau que soutenait le crochet passé dans le lobe de Toreille.
Les épingles à cheveux n'avaient pas un moindre développement ; on en connaît une notamment dont la tête s'épanouit en un cercle dans lequel une figure de femme étend les deux bras.
Les ouvriers mycéniens ne soudaient pas l'or sur Tor, du i»ciuiant d'oieiiie. moins à l'origine ; c'est au moyen
de clous à tête plate qu'ils fixaient les anses de leurs vases. Point de soudure non plus de l'argent à l'or; quand on voulait rapprocher les deux métaux, on appliquait le second sur le premier a l'aide de petits clous, ou bien on incrustait l'or, par minces plaques, dans des creux ménagés à la surface de l'argent. On ne connaissait pas la dorure. On ignorait l'art de souder le cuivre ou le bronze ; les vases faits de ces métaux se composent de plaques de cuivre, jointes par une multitude de petits clous. Des clous à large tête attachent aussi toutes les anses. Enfin on savait déjà composer des alliages très divers. Une des matières incrustées dans l'airain d'une lame de Vaphio est un bronze très riche en étain ou un alliage de plomb et d'argent. On obtenait ainsi un métal tendre et blanc qui est sans doute le xaddiTepoç d'Hojnère. Jusqu'au
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moment où furent exploitées les mines d'Espagne, lëtain était trop rare pour qu on l'employât pur.
(D'après Perrot, Histoire de l'art dans l'antiquité', VI, p. 959 et suiv.)