DEVOIRS DES ENFANTS ENVERS LEURS PARENTS
Les enfants étaient tenus a des devoirs généraux de respect et d'obéissance envers leurs parents. Il est inutile d'énumérer ici en détail toutes leurs obligations ; il suffira d'insister sur deux d'entre elles
D'abord le fils doit pourvoir à l'entretien de ses parents, s'ils sont dans le besoin. « La loi, dit Isée, ordonne de nourrir les parents; les parents sont le père, la mère, l'aïeul, l'aïeule, le bisaïeul et la bisaïeule. » (Sur V héritage de Cirorij 52.) U y avait une étroite corrélation entre le droit d'hériter et le devoir
de fournir des aliments, et un client d'Isée, pour réclamer la succession d'un individu, se fonde précisément sur ce fait que, si ce dernier vivait encore et se trouvait sans ressources, ce serait lui qui l'aurait à sa charge. (Sur Vhéritage de Qéonyme^ 39-40.) Le fils n'échappait à cett€ nécessité que dans un seul cas. Si son père, malgré sa pauvreté, avait négligé de lui apprendre un métier, il perdait tout droit k une pension alimentaire. (Plutarque, Solon, 22C)
En second lieu, le fils devait rendre a ses parents morts les honneurs prescrits par la loi religieuse. Parmi les griefs que l'orateur Lycurgue allègue contre Léocrate figure « le crime d'outrage à l'égard des parents, puisqu'il a, pour sa part, anéanti leurs tombeaux et aboli les cérémonies funèbres qu'ils exigent. » (148)
Le fils qui manquait a ses devoirs pouvait être traduit en justice. Le choix de la peine était laissé à l'appréciation du tribunal, qui allait parfois jusqu'à prononcer une sentence de mort. Dans tous les cas, le coupable était déchu de tous ses droits politiques.