‹ La vie privée et la vie publique des GrecsChapitre 37 sur 300 · PILLAGE DUNE SUCCESSION · texte numérisé non relu

PILLAGE DUNE SUCCESSION

Voici a quel point d'audace ils en sont arrivés. Euctémon venait d'expirer; son corps était la sur Te ht, dans la maison. Leur première pensée fut de consigner les esclaves au logis, pour qu'aucun d'eux n'allât annoncer cette mort aux deux filles, k la femme ou k l'un des parents du défunt ; puis, avec la femme (la vieille maîtresse du mort), ils se mirent k emporter le mobilier dans la maison contiguë, qu'avait louée tout exprès quelqu'un de leur bande, un certain Antidoros. Les filles et l'épouse finirent j^ar apprendre le décès : elles se présentèrent ; on ne les

1 . C'est-à-dire dont l'existence pouvait être facilement constatée.

laissa pas entrer; on leur ferma la porte; on leur dit que ce n'était point a elles d'ensevelir Euctémon. C'est k grand'peine que vers le coucher du soleil elles purent enfin pénétrer dans l'habitation. Elles y trouvèrent le cadavre qui, leur dirent les serviteurs, gisait Ik abandonné depuis déjk deux jours ; quant k ce que contenait auparavant la maison, tout était déménagé par ces gens- Ik. Les femmes, comme c'était leur devoir, ne s'occupèrent que du -cadavre ; mais les autres parents firent aussitôt constater par les assistants l'état des lieux, et ils commencèrent par interroger les serviteurs pour savoir où avait été transporté tout le mobilier. Ceux-ci répondirent que tout avait été déposé dans la maison voisine ; on voulut exercer alors, suivant la loi, le droit de suite sur les objets volés, et se faire livrer les esclaves qui avaient concouru k l'enlèvement des effets ; ces gens se refusèrent k rien faire qui fût conforme a la justice. (Isée, Sur Vkéritage de Philoctémon, 39-42; trad. par Perrot.)

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