‹ La vie privée et la vie publique des GrecsChapitre 43 sur 300 · ENSEIGNEMENT LITTERAIRE ET MUSICAL · texte numérisé non relu

ENSEIGNEMENT LITTERAIRE ET MUSICAL

L'éducation athénienne, au v« siècle, comprend trois parties : les lettres, la musique et la gymnastique. Les premières s'apprennent chez le grammatiste, la seconde chez le cithariste, la troisième chez le pédotribe.

Il est probable que l'enfant, de sept à douze ou quatorze ans, partageait son temps entre les lettres et la musique, et qu'à partir de quatorze ans, il s'occupait surtout de gymnastique, sans renoncer pour cela à la vie intellectuelle.

Les premières connaissances qu'il acquérait étaient, comme partout, la lecture, l'écriture, et les éléments du calcul. Ensuite, le professeur lui donnait a lire, de sa place, des vers empruntés aux meilleurs poètes ; il lui faisait apprendre par cœur des poésies pleines de salutaires conseils, ou qui contenaient des récits édifiants, des éloges d'hommes généreux, ayant accompli Jadis de grandes et nobles actions. C'était là un moyen de cul-

ture, non pas littéraire mais morale. On lisait des morceaux des poètes épiques, j)rincipalemcnt d'Homère, des lyriques et des tragiques. Ces leçons ne ressemblaient en rien à celles qui de nos jours sont indiquées en classe par le professeur et que l'enfant étudie chez lui. Pour fixer un texte dans la mémoire des écoliers, le maître le déclamait en détail, et ceux-ci le répétaient après lui vers par vers ou phrase par phrase. C'était une dictée qu'on n'écrivait pas. Les élèves venaient tour à tour ou tous ensemble devant le professeur, et se tenaient debout jusqu'à ce que la leçon fût absolument sue.

L'enseignement de la musique occupait une grande place dans l'éducation : on le recevait chez le cithariste. Les setfk instruments qui fussent usités étaient la cithare ou lyre et la flûte» Les peintures de vases nous indiquent la méthode qu'on employait. Le maître exécutait d'abord un air, et l'élève le répétait aprèa lui. Les enfants chantaient aussi les œuvres des meilleurs lyriques, avec ou sans accompagnement de la lyre. Les Grecs attribuaient une efficacité singulière à la musique. Platon prétend, par exemple, que cet art « inspire à l'âme le goût de la vertu )) , et Damon énonçait comme un principe qu'on n'en peut changer les règles sans ébranler l'État. Il va sans dire qu'aux yeux du plus grand nombre elle n'avait pas d'autre but que de plaire. Les jeunes Athéniens l'apprenaient, parce que ces leçons formaient le complément naturel des études, et qu'un homme bien né devait être en état de jouer de la lyre pour se distraire. Mais elle n'était pas un simple art d'agrément : par la noblesse de ses rythmes et par la poésie qui en était inséparable, elle élevait les cœurs et les affranchissait des pensées mesquines.

(D'après Gir^rà, T Éducat athénienne, 2« partie, l.I,ch. 2 et 5.)

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