l'éphëbie
A l'âge de dix-huit ans, l'Athénien sortait de l'adolescence, et était inscrit sur le X7|îiap/i>tôv yç>7.u,\i(ireio^ , c'est-à-dire sur la liste générale des citoyens. Il était désormais en possession des
droits civils et politiques. Toutefois, il fallait que pendant les deux années suivantes il subît une sorte de noviciat dans le corps des éphèbes : les pauvres seuls en étaient dispensés.
L'éphébie était une institution d'État : ses règlements émanaient tous du sénat ou du peuple ; ses principaux fonctionnaires étaient des magistrats de la cité, et elle relevait de l'autorité supérieure des stratèges.
Il est probable que jusqu'à l'époque macédonienne on ne donna aux épbèbes qu'une instruction militaire. Les inscriptions répètent souvent qu'ils sont sortis de la ville pour vivre à la campagne. « Ils ont habité les dèmes, les forteresses, ils ont campé sur les frontières. » a Dans toutes leurs courses, ils ont respecté les propriétés qu'ils traversaient et n'ont mérité que des éloges. » La sûreté des campagnes devait être un des objets de ces promenades en dehors d'Athènes ; ils surveillaient les chemins; ils étaient une sorte de gendarmerie mobile, qui en même temps s'exerçait aux armes et à la fatigue. Les détails nous manquent; mais nous voyons par Xénophon et par Platon ce qu'était cette vie en plein air. (( Qu'ils courent dans les champs ; qu'ils chassent dans la montagne; qu'ils s'exercient à supporter la faim ; celui qui n'a rien tué ne mangera que quelques herbes ; » on couche là où la nuit vous surprend ; on s'enveloppe d'un manteau et on attend le lever du jour. Platon veut qu'on apprenne aux jeunes gens la tactique, les marches, les contremarches, et l'art des campements. C'était là sans doute l'objet principal de ces expéditions où les éphèbes étaient appelés -Tusp^- TzoXoi. On les habituait à manœuvrer les machines, en particulier la catapulte, à lancer le javelot, à se servir du kestros ; on les conduisait sur des vaisseaux de l'État, et on leur montrait les éléments de l'art naval.
Outre le cosmète, qui était le chef de l'éphébie, on distinguait parmi les maîtres du collège, le pédotribe qui présidait à l'ensemble des exercices corporels, l'hoplomaque, ou professeur d'escrime, l'akontiste qui enseignait à lancer le javelot, Vaphétès ou professeur de baUstique, le toxotèHf qui enseignait à tirer de l'arc. Cette simple énumération témoigne assez du caractère militaire de ce corps.
L'épbèbe, en un mot, tant qu'Athènes resta libre, était considéré moins encore comme un futur citoyen que comme un futur soldat. (D après Dumont, Essai sur Véphéhie attique^ I, pp. 146-150, 177 etsuiv.)