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LA MAISON RICHE DES V« ET IV® SIÈCLES

L'habitation était ordinairement précédée d'une barrière qui empiétait sur la rue. L'espace libre entre cette barrière et la porte formait un vestibule, souvent décoré de peintures, d'une

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inscription destinée à détourner les voleurs et le mauvais sort, de la primitive image d'Hécate, d'Hermès et d'un autel d'Apollon Agyieus. ... A droite et à gauche de l'entrée étaient disposées des écuries, ou des boutiques (J, H), ayant directement accès sur la rue. Au bout du vestibule (A), on se heurte à la porte, (xùk(a 6upa). Pour avertir les gens, on frappe avec un marteau

de métal , ou bien , comme à Sparte, on crie k tuetête : « Ohél » ; car c'est la nuit seulement qu'on fermait la porte avec un verrou, plus tard avec une clef. Au bruit, le chien, qu'on tenait a la chaîne, commençait d'aboyer, et le portier sortait de sa loge. Depuis l'époque où l'on construisit de grandes ^habitations privées, diaque citoyen qui se respectait eut son concierge.

La porte ouverte, on entre dans la cour (B) (aùXV]), entourée,de trois, quelquefois des quatre côtés, par des péristyles.

C'est le centre de la maison ; c'est là que se tiennent souvent dans la journée les maîtres du logis, qu'on reçoit les visiteurs, et même qu'on mange par les beaux temps. Au milieu se dresse l'autel de Zeus Herkeios; vers le l(Mid, à droite et a gauche, dans les coins de la cour ou dans des pièces latérales, les autels des dieux de la propriété (ôeoi xT-^dioi), et des dieux de la famille (6eot xarpûoi). Des deux côtés, sous les portiques, s'ouvrent différentes pièces, cham-

Maison grecque.

brcs a eouchcr, magasins, offices. Lh se trouvent aussi les cham* bres des hôtes.

Par le portique qui fait face à l'entrée, ou, si le portique ne se prolonge pas de ce côté, par une large porte, on pénètre dans la salle des hommes (G). G est la principale pièce du logis où se réunit la famille; elle contient le foyer ou Fautel d'Hestia, parfois enfermé dans une petite chapelle ronde.

Toute cette partie de la maison qui vient d*être décrite formait ràv8p<iDvXTiç ou appartement des hommes. Au fond de la salle du foyer s'ouvrait une porte, la porte de derrière la cour (Ôùpa uÉTauXoç), par où Ton entrait dans l'appartement des femmes ou gynécée. On y rencontrait d'ordinaire la chambre conjugale (dàAa^xoç) et la chambre des filles (E, D), placées k droite et à gauche de la salle des hommes, puis d'autres pièces (G), où travaillaient les femmes esclaves. Derrière le gynécée s'étendait souvent un petit jardin (K) ; on y arrivait par une i)orte dite « porte du jardin » (ôupa xT|7caia).

La cour et les pièces du rez-de-chaussée couvraient des soussols, des citernes, des caves. Les maisons riches étaient aussi munies d'une salle de bains, d'une boulangerie, d'une pâtisserie. Quand on cessa de préparer le repas sur l'autel d'Hestia, on construisit une cuisine dans le voisinage de la salle des hommes, où l'on mangeait habituellement. La fumée des fourneaux s'échappait par des tuyaux de cheminée, les seuls de la maison; car les appartements ne se chauffaient jamais qu'avec des foyers portatifs, analogues au brasero d'Italie et d'Orient.

Les maisons grecques, d'Athènes notamment, avaient presque toujours un premier étage. Quand les pièces du rez-dechaussée suffisaient à la famille, on louait volontiers a des étrangers les pièces supérieures, auxquelles des escaliers conduisaient, dans ce cas, directement de la rue. Dans les habitations modestes, le premier étage était relié au rez-de-chaussée par un escalier intérieur, et renfermait des magasins, des greniers, très souvent Tappartement des femmes ; c'est là aussi que couchaient les servantes.

Sur la cour et sur la rue, le premier étage faisait saillie.

Dëjh Hippias, fils de Pisistrate, avait frappe d'une taxe les balcons, les escaliers extérieurs et les fenêtres grillées du premier. Au iv« siècle, Iphicrate fit voter par les Athéniens un impôt analogue sur ces balcons de bois Dans les belles maisons, les galeries étaient décorées de balustrades et de colonnes. Les murs donnant sur la rue étaient percés de petites fenêtres, où se tenaient volontiers les femmes; ces lucarnes étaient protégées par des volets ; il n'y eut de vitres que sous l'empire romain.

A Athènes, après la guerre du Péloponnèse, on commence à construire des maisons plus élevées. On ajoute un deuxième étage, et même un troisième. Aristophane, dans le Plutus, raille la hauteur de la maison de Timothée. Celle de Midias, à Eleusis, était si démesurée, qu'elle couvrait d'ombre ses voisines. Toutes ces maisons avaient des toits en tuile.

Pour la construction, on employait des matériaux divers, des pierres de taille ou des moellons pour la fondation, de la brique crue et du bois pour les murs. Ces murs étaient faciles h percer; à Athènes, c'était la spécialité d'une classe de voleurs (Toixwfùxoi).

Longtemps la décoration fut très simple. On se bornait à étendre sur les murs une couche de chaux. Au iv« siècle se répandent des habitudes de luxe. Dans la maison de Phocion, les murs étaient ornés de plaques de bronze. On employait aussi dans l'ornementation l'or et l'ivoire. Alcibiade fit décorer sa demeure de peintures murales. Le goût s'en répandit vite. Il y en avait dans tous les vestibules de la petite viUe de Tanagra. Dans le péristyle, on plaçait des tapisseries, des broderies, de riches pavements. La plupart des pièces étaient fermées par des portières. Les plafonds étaient parfois, dès le temps d'Eschyle, couverts d'arabesques; les Corinthiens donnèrent l'exemple des lambris sculptés, et l'on y vit souvent de vrais tableaux.

Si l'on considère la décoration, l'aménagement, les proportions de la grande maison hellénique au iv® siècle, on ne peut s'empêcher de lui trouver belle apparence. Mais les riches habitations étaient rares, et l'on n'en peut tracer qu'une sorte de plan idéal. Dans toute la ville, il y avait une foule de logis intermé-

diaires entre la pauvre boutique taillée dans le roc et la grande maison a péristyle*.

(Monceaux, Dict» des antiquités^, II, pp. 345-546.)

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