‹ La vie privée et la vie publique des GrecsChapitre 59 sur 300 · LE MOBILIER · texte numérisé non relu

LE MOBILIER

1** Sièges. — Le diphros est un siège bas, sans dossier, à quatre pieds disposés en X ou perpendiculaires. Quand il avait la première forme, il se pliait sans difficulté ; car le siège se composait de sangles entrelacées ; quand il avait la seconde, il ne se pliait pas, le siège et les pieds étant solidement attachés ensemble. En ajoutant un dossier à un diphros non pliant, on créa le xXitjjloç, qui offre une grande analogie avec nos chaises ; on entendait par Ôpovoç tous les sièges plus grands qui, outre un dossier élevé, avaient encore des appuis latéraux pour reposer -^ ^^^^ les bras. Dans les temples, le thronos était le siège de la divinité; chez les particuliers, c'était la place d'honneur du maître de la maison et de ses amis. Difficiles à déplacer par suite de leurs dimensions, ces meubles étaient parfois fixés aux murs, tandis que les autres sièges étaient mobiles. On les faisait généralement en bois dur. Ceux des dieux et des magistrats étaient souvent en marbre. Presque toujours ils avaient, sur toutes leurs parties, de riches ornements. On les couvrait volontiers de peaux moelleuses, de tapis

1 . La plus grande partie de la population demeurait dans de misérables appartements, ouverts directement sur la rue, composés d'ordinaire de deux pièces très petites et parfois d'une chambre au premier étage avec escalier intérieur. Le roc formait le sol, et souvent les parois inférieures; les parties plus élevées du mur étaient en bois, en brique crue, en cailloux reliés par un mortier de terre délayée. Le rez-de-chaussée servait souvent de boutique. Parfois les chambres du premier étaient louées à de pauvres gens ou à des étrangers qui voulaient avoir un pied-à-terre en ville ; dans ce cas, l'escalier était extérieur. (Monceaux, op. cit., p. 342.)

Lit.

ou de coussins. Pour y monter, on se servait fréquemment d escabeaux.

2<* Lits. — La charpente de la couchette antique n'était autre chose qu'un prolongement du diphros. Prolonge-t-on le diphros à pieds croisés, on obtient un lit de camp ; prolonge-t-on le diphros à pieds droits, on a une sorte de banquette dépourvue

de dossier. En ajoutant un dossier au chevet, puis un autre aux pieds, ensuite un troisième dans le sens de la longueur, on produisit des meubles semblables à nos chaises longues et à nos sophas.

Comme matériaux, on employait, outre les bois ordinaires, l'érable et le hêtre; avec ce dernier, on fabriquait des meubles soit massifs, soit plaqués. Les lits étaient soigneusement travaillés, surtout les parties qui n'étaient pas recouvertes d'étoffes, comme les pieds et les dossiers. Les pieds étaient sculptés ou bien ouvragés au tour; le reste du lit était souvent incrusté d'or, d'argent, ou d'ivoire.

Dans Homère, il n'est jamais question de coussins et autres objets de literie luxueux. Le lit de l'homme riche se compose d'abord des ^riyéa, qui étaient soit des couvertures tissées de laine longue, soit une espèce de matelas. On mettait par-dessus des Tà7fir|T6ç. Quelquefois on étendait sous les ^Triyea des peaux de brebis. Sur le corps, on plaçait des j^Xoïvai. Ce mot, qui signifie manteau, indique qu'avant de se coucher on ôtait ses vêtements pour s'en couvrir, ou bien qu'on avait des couvertures de laine pour cet usage. — Après Ilomère, on posa immédiatement sur la sangle le matelas appelé xscpaXov, TuXeïov ou TÙXïj, qui était formé d'un mélange de laine et de plume enfermé dans une enveloppe de toile ou de laine. Sur ce matelas,

on disposait des couvertures. Des oreillers rembourrés complétaient la literie.

Les Grecs avaient encore des lits pour lire, pour écrire et prendre leurs repas. Ils les couvraient de tissus moelleux et plucheux, remarquables par leur finesse et l'éclat de leurs couleurs; un ou deux coussins, bien bombés, maintenaient le corps h demi assis, ou servaient d'appui au bras gauche.

5« Tables. — On n employait les tables que pour porter les ustensiles nécessaires dans les repas. Tantôt carrées, tantôt rondes ou ovales, reposant sur trois pieds ou sur un seul, elles étaient comparables aux nôtres, avec cette différence pourtant qu'elles étaient plus basses, et que leurplateau atteignait à peine la hauteur du lit. Les pieds étaient exécutés avec beaucoup de goût.

On aimait à leur donner la forme de jambes d'animaux ou à les terminer en sabots. On fabriquait ces meubles avec du hêtre principalement, et plus tard avec du bronze, des métaux nobles et de l'ivoire.

4*» Coffres, — Les Grecs conservaient leurs vêtements dans des coffres plus ou moins grands*. Il est douteux qu'on ait connu dans la haute antiquité les commodes à tiroirs mobiles

1. Les anciennes peintures de vases nous montrent la solide structure et les dimensions des plus grands de ces coffres. Deux personnes peuvent y tenir ensemble ; le couvercle en est plat et s'ouvre sur une charnière ; ils posent ordinairement sur des pieds peu élevés, en forme de griffes. La caisse où l'on mettait son argent, ses titres et les objets de grande valeur qu'on possédait, s'appelait àpYupioôVixïi ; elle se trouvait dans la partie la plus reculée de la maison. (Saglio, Dict. des antiq.y I, 362-363.)

Grand coffre.

et les armoires droites, munies de vantaux. Cela ne se voit guère que dans des monuments d'une époque plus récente. Les cofl'res à serrer les habits, mentionnés assez souvent dans Homère, avaient sans doute quelque ressemblance avec nos vieux bahuts. Us étaient chargés de figures et d'ornements de toute sorte, sculptés ou incrustés de métal et d'ivoire. Ces meubles sont rarement représentés sur les monuments figurés ; mais il n'est pas rare d*y rencontrer de petits coffrets portatifs, où l'on serrait les objets de toilette, les bijoux. A l'époque homé^

rique, une bande d'étoffe nouée tenait lieu de fermoir. Dans la suite, on consolida les extrémités de cette bande avec de la terre glaise humectée ou de la cire ; on y appliquait alors un anneau à cacheter. On imagina même de clore ces caisses avec des serrures.

5<» Ustensiles de vie'nage, — Parmi les ustensiles à conserver les

provisions, le îctôoç oc-

Pithoa. cupe la première place,

à cause de son volume.

C'était un vase sans pied, à panse épaisse d'argile, se terminant tantôt en pointe, tantôt à plat. Dans le premier cas, il était assez petit, et on l'enfonçait dans la terre, pour qu'il put se tenir en équilibre; dans le second, il était de grandes dimensions et avait un large orifice. Le (TTauvoç ressemblait au pithos, quoique d'une moindre capacité. Le p^xoç se rattache à la même famille. Dans toutes ces jarres, on enfermait du vin, de l'huile, des figues, des salaisons. L'amphore était un vase à deux anses, à large panse ovoïde, à collet plus ou moins long, avec un orifice proportionné à la panse ; elle reposait souvent sur un pied ; mais souvent aussi elle finissait en pointe, et il fallait alors l'ap-

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