FEMMES
Rien de plus simple que le costume féminin.
La partie fondamentale en est la tunique {chiton), tombant jusqu'aux talons. C'est une robe où le corsage ne fait qu'un avec la jupe ; tantôt le vêtement a de petites manches ; tantôt il est ouvert par le haut et s'agrafe sur l'épaule. C'est le costume d'intérieur, fait d'une étoife à la fois souple et lourde, généralement de la laine, quelquefois du lin.
D'ordinaire cette robe est blanche, et bordée d'une bande de couleur ; elle est serrée à la taille par une ceinture qui permet de varier les effets ; les jeunes filles la mettaient autour de la taille ; les femmes mariées la portaient plus haut, suivant la mode que l'époque du Directoire cmprunta^à lanliquité.
Les bras demeuraient à découvert ; les pieds étaient finement chaussés. « Les femmes de Thèbes, dit un ancien, portent des bottines minces, basses et étroites, de couleur rouge ; ces bottines sont si bien lacées que le pied semble presque nu. » A Tanagra, les figurines portent des bottines jaunes a semelle rouge.
Tel était le vêtement d'intérieur ; mais ce négligé un peu
Costume d'intérieur et de sortie.
sommaire n'était ni assez chaud ni assez décent pour la rue, ni assez élégant. Quand on voulait sortir et faire toilette, on mettait par-dessus Vhimation, nommé tantôt péplos, tantôt calyptra. Il est assez difficile de marquer la différence de ces deux termes, d'autant plus que les Grecques n'étaient pas moins curieuses de modes nouvelles que nos contemporaines. Il semble pourtant que la calyptra était plus petite et plus fine, le péplos plus épais et plus ample.
L'important d'ailleurs était de savoir ajuster élégamment cette pièce d'étoffe large de i™,50 et de deux a deux fois et
demie plus longue, qui tantôt était blanche et tantôt rose, comme à Tanagra, ou bordée de bandes de couleur pourpre ou noire. La manière de la porter variait à l'infini. « Faisait-il un peu chaud, dit Rayet, voulait-elle se mettre à l'aise, la Grecque
laissait la calyptra flotter par derrière à la hauteur de la taille, en la soutenant seulement sur les deux bras à
Himation féminin.
Chapeau de femme.
demi repliés et laissant les bouts pendre de chaque coté; ou bien encore elle rassemblait un de ces bouts et le rejetait négligemment par-dessus son épaule gauche. Ce n'était plus alors qu'une écharpe élégante, un prétexte à des poses gracieuses. » Voulait-elle se draper plus strictement, elle posait la pièce d'étolï'e sur le sommet de la tête et rejetait l'extrémité droite par-dessus l'épaule gauche, de manière à la faire pendre par derrière ; le vêtement collait ainsi sur la poitrine et laissait une main en liberté. Quelquefois le bas de la figure était voilé par la pièce d'étoffe ; c'était la
mode des femmes de Thèbes. a La partie de leur himation, dit un auteur ancien, qui forme voile au-dessus de leur tête, est disposée de telle sorte que le visage est réduit aux proportions d'un petit masque; les yeux sont seuls à découvert, tout le reste est caché sous le vêtement. »
Sur le sommet de la tête, les femmes posaient volontiers un chapeau rond, presque plat, et surmonté d'une pointe ; à la main, elles prenaient l'éventail en forme de lotus, généralement peint en bleu clair ; aux bras, aux mains, elles attachaient les bijoux d'or ; enfin le fard et l'antimoine servaient à faire la figure, et de savantes mixtures donnaient aux cheveux une belle teinte d'un fauve doré qui rappelle le blond vénitien.
(Diehl, Excursions archéologiques en Grèce, pp. 575 et suiv.)