‹ La vie privée et la vie publique des GrecsChapitre 76 sur 300 · LA MÉDECINE · texte numérisé non relu

LA MÉDECINE

Il y avait en Grèce deux sortes de médecines; celle qui procédait par incantations et formules magiques, celle qui obser-

vait et traitait par des remèdes empiriques. La première paraît avoir dominé à l'époque d'Homère, et même longtemps après lui. Mais elle fut peu à peu supplantée par la seconde.

Un passage des œuvres attribuées k Hippocrate (médecin des v^ et IV* siècles) montre le soin que les médecins apportaient dans le diagnostic. « Nous diagnostiquons les maladies d'après la nature commune à toutes choses et d'après la nature particulière de chaque individu, d'après la maladie et le malade, d'après les choses qui lui sont administrées... , d'après la constitution générale de l'atmosplière, et d'après celle qui est propre à chaque contrée, d'après les habitudes, le régime, le genre d'occupations habituelles, l'âge, les paroles, les mœurs, le silence, les idées, le sommeil, les insomnies, la nature et le moment des rêves, les mouvements des mains, les démangeaisons, les larmes, les paroxysmes, les déjections, les urines, les crachats, les vomissements. Il faut encore considérer la sueur, le froid, les frissons, la toux, l'éternument, le hoquet, la respiration, les éructations, les vents rendus avec ou sans bruit, les hémorragies, les hémorroïdes ; il faut examiner ce qui résulte de ces signes et ce qu'ils comportent. » [Traité des épidémies , hvr, I, ch. 3, g 10 ; trad. Daremberg.)

Les médecins tenaient grand compte de l'influence du milieu. « Celui qui veut bien pratiquer la médecine doit faire ce qui suit : considérer premièrement les effets que chacune des saisons de l'année peut produire ; car elles ne se ressemblent pas du tout, mais elles diffèrent beaucoup les unes des autres, et chacune en particulier diffère beaucoup d'elle-même dans ses vicissitudes ; en second lieu, les vents chauds et les vents froids, surtout ceux qui sont communs à tous les pays; ensuite ceux qui sont propres à chaque contrée. Il faut également considérer les qualités des eaux ; car, autant elles diffèrent par leur saveur et par leur poids, autant chacune d'elles diffère par ses propriétés. Le médecin qui arrive dans une ville nouvelle devra examiner dans quelle position elle se trouve par rapport aux vents et au soleil levant.... Il examinera aussi si le sol est nu et sec, ou boisé et humide, s'il est enfoncé et brûlé par des chaleurs étouffantes, ou s'il est élevé et froid. Enfin il étudiera k genre de vie

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qui plaît le plus aux habitants; il saura s'ils sont amis du vin, grands mangeurs et paresseux, ou s'ils sont amis des exercices gymnastiques et de la fatigue, doués d'un bon appétit et buvant peu.» (Traité des airs, des eaiix^ et des lieux, chap. i ; trad. Daremberg.)

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