‹ La vie privée et la vie publique des GrecsChapitre 78 sur 300 · GUÉRISONS OPÉRÉES DANS LE SANCTUAIRE d'ÉPIOAURE · texte numérisé non relu

GUÉRISONS OPÉRÉES DANS LE SANCTUAIRE d'ÉPIOAURE

On a trouvé à Épidaure des inscriptions attestant des guérisons opérées dans le sanctuaire d'Asclépios, un des plus célèbres de. la Grèce :

« Un homme ayant les doigts de la main paralysés, à l'exception d'un seul, vint en suppliant vers le dieu, et voyant les tableaux (ex-voto) dans l'enceinte sacrée, il se prit à douter des guérisons et à railler les inscriptions qui les attestaient. S'endormant alors, il eut une vision. Il lui sembla qu'il jouait aux osselets auprès du temple et se préparait à jeter un coup : soudain le dieu parut, et s'élançant sur sa main, lui étendit les doigts l'un après l'autre. Le dieu s'étant éloigné, l'homme, pour bien se convaincre de la chose, referma ses doigts et les rouvrit un à un; le dieu lui demanda s'il avait encore des doutes au sujet des inscriptions sur les offrandes du teitiple, et il répondit que non. Le dieu lui dit alors : « Parce que tu n'as « pas cru tout à l'heure à des choses qui ne sont pas incroya- (( blés, je t'accorde maintenant une incroyable guérison. » Et, le jour ayant paru, il sortit guéri.

« Ambrosia d'Athènes était borgne. Cette femme vint en

suppliante vers le dieu, et, se promenant dans Tenceinte sacrée, elle se moqua de quelques-unes des guérisons, prétendant qu'il était invraisemblable et impossible que des boiteux marchassent et que des aveugles vissent, simplement pour avoir eu un songe. S étant endormie, elle eut une vision. Il lui sembla que le dieu lui apparaissait et lui disait qu'il la guérirait, mais qu'il exigeait d'elle, à titre de salaire, qu'elle plaçât dans le temple un cochon d'argent en souvenir de la stupidité dont elle avait fait preuve ; parlant ainsi, il entr'ouvrit l'œil malade, et y versa un certain remède. Quand le jour parut, elle sortit guérie.

({ Un enfant muet vint en suppliant au temple pour recouvrer la voix. Après qu'il eut offert le sacrifice préliminaire et accompli les autres cérémonies d'usage, le serviteur qui portait le feu du sacrifice se tourna vers le père de l'enfant et lui dit : « Consens-tu, d'ici à un an, si tu obtiens ce que tu es venu « demander, à offrir un sacrifice au dieu pour prix de cette « guérison? » Alors l'enfant dit tout à coup : « J'y consens. » Le père étonné lui ordonna de parler de nouveau, et l'enfant parla de nouveau, et dès ce moment fut guéri.

« Pandaros, Thessalien, avait des taches sur le Iront. S'étanl endormi, il eut une vision. Il lui sembla que le dieu attachait un bandeau autour de ces taches, et lui ordonnait, quand il serait sorti du dortoir, d'enlever le bandeau et de le placer comme offrande dans le temple. Le jour paraissant, il se leva et enleva le bandeau ; il vit que son visage était délivré des taches et consacra le bandeau dans le temple.

« Emphanès, enfant d'Épidaure, souffrait de la pierre. Il s'endormit; il lui sembla que le dieu lui apparaissait et lui disait : « Que me donneras-tu, si je te guéris?» L'enfant répondit : « Dix « osselets. » Le dieu se mit à rire et dit qu'il le guérirait. Le jour venu, il sortit guéri.

(( Evippos porta pendant six ans dans la joue une pointe de lance: il s'endormit, et le dieu, ayant arraché la lance, la lui remit entre les mains. Quand le jour parut, il sortit guéri, portant la lance dans ses mains.

« Hermodicos de Lampsaque, impotent du corps. Il s'endormit, et le dieu, l'ayant guéri, lui ordonna de sortir £t de porter

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dans l'enceinte sacrée la plus grande pierre qu'il pourrait : en effet, il y porta celle qui est aujourd'hui devant le dortoir.

« Un homme fut guéri d'un mal au doigt par le serpent. Cet homme souffrait beaucoup d'une plaie cruelle à un orteiL Les serviteurs du temple le portèrent dehors et le firent asseoir sur un siège. Le sommeil l'ayant pris, un serpent sortit du dortoir et guérit son orteil avec sa langue ; puis il se retira dans le dortoir. L'homme, s'étant réveillé et se sentant guéri, dit qu'il avait eu un songe, et qu'un beau jeune homme avait paru appliquer un remède sur son orteil.

(( Héraieus de Mytilène. Cet homme n'avait pas de clieveux sur la tète, mais il en avait beaucoup sur les joues. Honteux des railleries dont il était l'objet, il s'endormit dans le dortoir : le dieu lui. frotta la tête avec un onguent et fît que les cheveux repoussèrent. »

(Reinach, Traité d*épigraphie grecqucy pp. 76-79.)

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