ESCLAVES PUBLICS
Pour certains offices d'ordre inférieur, on employait, à Athènes et dans la plupart des cités grecques, des esclaves publics. Tels étaient les balayeurs, les exécuteurs des hautes œuvres, les agents chargés d'infliger la torture. Tels étaient encore les trois cents archers institués peu après la bataille de Salamine, plus tard les mille ou douze cents archers qui formaient une sorte de gendarmerie pour l'Attique; on les appelait Scythes, à cause de leur origine. Bockh estime qu'il fallait en acheter chaque année de trente à quarante, d'une valeur de trois à quatre mines ; la dépense annuelle était donc d'un talent et demi à deux talents, et si l'on admet une solde quotidienne de trois oboles, le budget
était grevé de ce chef jusqu'à concurrence de trente-sept à trentehuit talents (218 000 à 224 000 francs). C'étaient des esclaves , publics qui étaient préposés à Ja garde des poids et mesures étalons, et qui veillaient à la bonne fabrication des exemplaires dont pouvaient avoir besoin les magistrats ou les particuliers. D'autres remplissaient les fonctions de héraut, de grefûer, de scribe, de comptable. D'autres enfin étaient ouvriers d'État, par exemple les monnayeurs. Dans un compte de dépenses faites en 329/8, on voit dix-sept esclaves employés à des travaux de construction. L'État les nourrissait, à raison de trois oboles (0 fr., 48) par tète et par jour; il les habillait, puisque le compte mentionne l'achat de dix-sept chapeaux (wtXoi) d'une valeur d'environ cinq drachmes (4 fr. 90), et le ressemelage de dix-sept paires de chaussures, à quatre drachmes (3 fr. 90) par paire; il leur fournissait aussi leurs outils. Nous ignorons s'il y avait à Athènes beaucoup d'ouvriers de cette espèce. A Épidamne, en Ulyrie, ils avaient le monopole des travaux publics.
La condition de ces esclaves, au moins de quelques-uns, était bien meilleure que celle des esclaves privés. Ceux qui étaient employés dans l'administration jouissaient d'une certaine considération. Démosthèrie prétend même que les S7jy.6(jio'. placés près d'un magistrat qui a le maniement des deniers de l'État sont, dans une assez large mesure, chargés de contrôler sa gestion.
Les Scythes étaient casernes dans des tentes dressées d'abord sur l'agora, et plus tard transférées sur l'Aréopage. Les autres esclaves demeuraient où ils voulaient; ils avaient leur maison, leur mobilier, leur ménage. Leurs petites économies étaient leur bien. Eschine en cite un qui était riche et qui menait une yie large. Il n'est pas probable qu'ils eussent le droit d'ester en justice. S'ils avaient un procès à soutenir, ils devaient sans doute parler par l'intermédiaire d'un patron citoyen. Ils étaient admis aux cérémonies du culte, et l'Etat leur accordait ce qui leur était nécessaire pour y figurer honorablement. On trouve dans une inscription les dépenses suivantes : Pour une victime que les esclaves publics ont offerte lors de la fête des Choaif
L'ESCLAVAGE. HZ
23 drachmes; pour l'initiation des deux esclaves publics aux petits mystères, 30 drachmes.
(Caillemer, Dict, des antiq,. II, pp. 91-93.)