Mémoires 111-4% t. I, p
et il presse M. de Bellièvre de s'entendre avec M. le maréchal de Matignon et de ne point revenir sans avoir terminé celle affaire ^
Averti , sans doute par M. de Clervant , que le roi avait écrit à M. de Bellièvre, et sentant qu'il allait être encore déçu dans les espérances qu'on lui avait laissé concevoir, le roi de Navarre adressa, vers la fin de janvier, au maréchal de Matignon, une lettre oi^i il renouvelait ses déclarations de soumission , sous les conditions qu'il avait demandées, et faisait entrevoir un doute sur la sincérité d'Henri IIP; quelques jours après, il écrivit à M. de Bcl- Hèvre comme si les choses n'avaient pas changé, et le remerciait d'être allé à Bordeaux pour lever les difficultés ^ Enfin, en février, il se soumit sans restriction aux conditions que le roi lui avait fait porter par M. de Clervant*. Le
]. a .... le désire tant me mettre à la raison et olivier à toute altercation, que ie suis content luy accorder de tirer d'Agen et de Condoui les deux compagnies qui y ont esté mises et les esloigner de Nerac, pourvcu (|u'cn mesmc temps madicte sœur parle de celle d'Agen pour aller trouver Icdict roy son mary, et qu'il consente que ie retienne seulement les cinquante soldats qui sont dedans Bazas pour la seurcté d'icelle, en attendant que nous soyons tombés d'acord des poincts qui sont à vuider pour l'exécution entière de nostrc dict edict..,.
a .... Et sera la response que je feray au sieur de Clervant de laquelle j'ay advisé vous advcrtir par ce porteur afin que vous en confériez avecques mon cousin le maresclial de Matignon et advisicz ensemble au cas que mondict frère condescende à ceste dernière ouverture, à pourvcoir tellement h la scureté desdictes villes d'Agen et de Condom, etc.. .Je vous prie ne partir de Bourdeaux pour vous en revenir que mondict frère le roy de Navarre ne vous aye encore esclaircy de son intention sur lesdictes dernières dispositions. » (Collection Dupuy, tome LXXXVII, fol. 179 et suiv.)
2. « Mon cousin, ie ne désire aultre chose sinon de satisfaire au conunandcmcnt et à la volonté du roy. Aussitost que ie sçauray que les garnisons seront ostees, suivant son intention, ie partiray pour aller à Nerac. le ne scay ce que Sa Majesté escript à monsieur de Bellièvre sur ce faict; mais j(> n'ay rien demandé que suivant ce qu'elle m'a demandé , et croy qu'elle n'escripi point de deux façons. » [Lettres d'Henri IV, tome I, p. 632.)
3. « Monsieur de Cclievre , ie connoy de plus en plus l'arrection <(uc vous avés aux commandements de Sa Majesté, ayant prins la peine d'aller incontinent à Bourdeaux pour les faire cfTectucr cl lover les dilTlrultez (|ui s'y irouvent. Aus.sytost que ie scray assuré que les garnisons seront ostees suyvanl rinlenlionduroy, Je partiray pour aller à Nerac, el pour y recevoir ma fenmie. » [Lettres d'Henri IV, tome I, p. 634.)
4. » Monsieur de Bcllcvre, depuis vous avoir escript, l'ay ouy monsieur do
10 février , le maréchal de Matignon mandait à la reine mère, qu'il avait fait sortir les garnisons d'Agen et de Condom, et qu'il n'y avait plus de prétextes pour le roi de Navarre de ne pas recevoir la reine sa femme K Ce prince se rendit en effet à Nérac , et y reçut Marguerite , le 13 février, ce qu'il annonça au roi à la fin du même mois ^
Ainsi finirent les longues et pénibles négociaUons auxquelles Montaigne fut mêlé. En retournant à Nérac, Marguerite n'y trouva plus la cour brillante et les fêtes d'autrefois : rapatrié sous de tristes auspices, le royal ménage ne fut pas plus uni qu'auparavant. Au bout d'un an Marguerite se retirait à Agen, et essayait de faire la guerre à son mari et à son frère ^
Les commencements de l'année 1584 furent paisibles en
Clairvant et veu la depesche que le roy m'a envoyé par luy, par laquelle il me mande avoir ordonné à monsieur le niaresclial de Matignon de tirer des villes de Condom et Agen les deux compagnies qui y ont eslé mises, afin que ie puisse mieulx, à mon plaisir, recevoir ma femme en ma maison de Nerac ; mais qu'il veut que les cinquante solda tz mis dedans Bazas y demeurent pour la garde de ladicte ville. Ce qui m'a faict vous envoyer ce ])orteur expies, afin que vous donniez ordre prompiement de faire tirer des dictes villes d'Agen et de Condom les dictes compagnies, et de Bazas ce qui y est pardcsusles cinquante, en attendant que l'edit soit exécuté, afin que Sa Majesté soit obeye et satisfaite, d'une part, et d'autre, pour aussytost après m'acheminer en ma maison de Nerac, et y faire venir ma femme, et la y recevoir comme ie doy. le vous prye de reclief de le faire au plus lost, et faire estât de, etc. » {Lettres d'Henri IV, tome 11, p. 639.)