‹ La vie publique en AngleterreChapitre 13 sur 19 · LA POLICE · texte numérisé non relu

LA POLICE

leur présenter une paire de gants blancs quand il n'y a pas un seul crime inscrit au rôle de la session. Le shériff, qui a nominalement la police du comté, se. décharge toujours de ce soin sur un sous-shériff permanent et sur les constables locaux. Mais la rigueur théorique de ses obligations légales est poussée à ce point que s'il y avait une exécution capitale à opérer dans son ressort, et qu'il ne trouvât point de bourreau, son devoir serait de procéder de ses propres mains à la pendaison du condam.né.

Le coroner a pour fonction principale d'ouvrir une enquête publique, en présence du cadavre et par-devant un jury, sur tous les cas de mort violente, subite ou suspecte et sur tous les décès survenus dans les prisons.

Lq justice ou commissaire de paix est un notable, censitaire d'au moins cent livres, investi, sur la présentation du lord-lieutenant, du pouvoir de décerner les mandats d'arrôt et d'emprisonnement. Ses fonctions sont gratuites; la plupart des grands propriétaires fonciers les exercent et portent de ce chef le titre de magistrale.

Quant à la police proprement dite, à laquelle revient dans la pratique le soin de poursuivre et d'appréhender les délinquants ou criminels, c'est toujours une force essentiellement locale et spéciale au bourg ou à la paroisse. Le territoire de la paroisse est-il de peu d'importance et d'étendue, sa police pourra se réduire à un seul coaslable juré; un gros bourg, une agglomération urbaine auront au contraire une force publique proportionnée à leurs besoins et placée sous la direction d'un ou plusieurs commissaires.

A Londres, il y a deux corps de police, affectés à deux

circonscriptions distinctes : la police métropolitaine et celle de la Cité. Les pouvoirs de la première, aux termes d'un statut récent, s'étendent à « tous lieux situés dans lin rayon de quinze milles autour de Gharing-Cross et non compris dans les limites de la Cité » ; sa force est d'environ dix mille hommes, commandés ou surveillés et assistés par un commissaire général, — le lieutenantcolonel Henderson, aux appointements de cinquantetrois mille francs, — deux sous -commissaires généraux, un conseiller légal, un directeur des recherches criminelles, un inspecteur général, un surintendant général, vingt-quatre surintendants de district, six cent deux inspecteurs et huit cent quatre-vingt-dix-huit sergents.

La police de la Cité, forte de sept cent trente-sept hommes, est également commandée par un commissaire général, le colonel Fraser. Ces constahles sont pour la plupart de véritables gé.mts, remarquables par leur belle mine et leur excejlente tenue, sous le casque de drap et la tunique noire.

Les uns et les autres sont choisis avec soin parmi les anciens soldats les mieux notés. Ils sont soumis à un entraînement particulier, astreints à suivre des cours professionnels, instruits à se montrer en toute occasion aussi patients, aussi calmes, aussi obligeants que braves. Tout le monde les regarde, non comme des agents politiques et des instruments de compression, mais comme de simples gardiens de la paix et au besoin des libertés publiques. Une femme, un vieillard isolés dans la rue, n'hésiteront jamais à s'adresser au constablc de service, à lui demander son bras pour couper une file de voilures, sûrs de voir leur requête courtoisement accueillie.

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