‹ La vie rurale dans l'ancienne FranceChapitre 20 sur 21 · PRIX DES ANIMAUX DOMESTIQUES AUX TROIS DERNIERS SIÈCLES · texte numérisé non relu

PRIX DES ANIMAUX DOMESTIQUES AUX TROIS DERNIERS SIÈCLES

Nous donnons les prix des animaux domestiques, tels que nous les avons trouvés aux Archives nationales et aux Archives de TAube, sans essayer de rechercher la valeur intrinsèque des espèces monnayées et le rapport de cette valeur à celle des objets de consommation.

Chevaux : 1531. 8 à 12 1. — 1532. Un cheval aveugle avec ses hamachemens et lymons , 6 1. ; un cheval boyard, 10 1. — 1540. Une jument, un petit cheval, chacun 100 s. t. — 1546. Un cheval sous poil grisery et hamois, 24 1. Un cheval boyard, 20 1. — 1652. 7 cavales de 20 à 90 1. — 1675. Cavale hors d'âge avec hamachemens, 30 1. Autres, 25, 20, 15 et 12 1. — 1676, 80, 50 et 30 1. — 1704, 50, 100, 120 1. — 1713. 5 chevaux avec hamois, ensemble, 330 1. — 1720. 2 chevaux avec harnois et charrue, 250 1. — 1725. Un vieux cheval, 101. — 1727. Un cheval, 120 1. — 1740. 40 à 60 1. — 1755. 100 à 150 1. — 1764. 18 à 75 et 90 1. — 1774. 5 juments, ensemble, 400 1. — 1780, 1790, 120 à 150 1. (Arch. Aube.)

1656. Cheval alezan harnaché, 20 1. — 1681. 2 chevaux, 100 1. — 1710. 4 chevaux hors d'âge, 100 1. — 1719. Chevaux à 78, 15 et 12. Petit bidet blanc, 31.— 1753. 27 à 75 1. — 1760 (avec hamois), 24, 30, 75, 150, 200. — 1780. Un cheval hors d'âge, 10 1. — 1785. 2 chevaux hors d'âge, 72 1. (Arch. nationales.)

Bœufs et vaches : 1479. Une vache sous poil rouge, 20 8. — 1531. 2 grosses pièces de vache, 61. — 1652.

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9 vaches, de 24 à 30 1. — 1689, 20 1. — 1712, 25 1. — 1723. Une mère vache, 30 1. — 1727. 2 bœufs, 75 1. — 1732 et 1733. Une vache frioUe, 30 1. — 1744. 20 vaches de 22 à 33 L; 10 bœufs de 30 à 42 1. — 1751, 1760. 30 1. — 1763. 30 1., 26 et 20. — 1768. 48 et 24 1., génisse, 14 L— 1774. 9 mères vaches, 410 !•— 1785. 2 vaches, 150 1. — 1787. 1 vache, 60 1. (Arch. Aube.)

1633. 1 vache, 21 1. — 1681. 3 vaches, 90 1. — 1700. 4 vaches, 130 1. — 1716. Une vache laitière, 25 1. — 1719. 13 1. — 1760. Bœufs vendus au marché de Poissy, 150, 162, 165 1. — 1772. 2 vaches, 120 1. — 1780. Une vache pleine, 72 1. (Arch. nationales.)

Moutom : 1471. 53 bas tes à laine, tant brebis, moutons que aigneaux, 17 1. — 1540. 28 pièces de berbis, 18 1. 10 s. — 1546. 40 pièces de bestes blanches, 10 1. — 1676. 73 bestes à laine, 210 1. — 1711. 34 bètes à laine et 15 agneaux de lait, 102 1. — 1716. 6 botes à laine et deux agneaux, 24 1. — 1726. 29 bètes blanches, 87 1. — 1775. 24 brebis, 80 1. (Arch. Aube.)

1691. 56 moutons et brebis, 150 1. — 1760. 2 moutons, 10 à 23 1. (Arch. nationales.)

Porcs : 1652. Truies, 10 et 8 1., mâles, 8 1. — 1775, SOI — 1779, 18 1. — 1787, 24 1.

Volailles : 1717. 25 poules avec le coq, 7 L — 1720. 8 poules et le coq, 41. — 12 poules et le coq vif, 5 1. 6 s. — 1744. 6 dindes et le coq, 13 1. — 1756. 50 paires de poules, 40 1., 42 dindes, 31 1. 10 s. — 1759. 7 mères Toye et 10 paires de petits oisons, 10 1. 10 s. — 1783. 40 poules et poulets, 20 1. (Arch. Aube.)

1656. 8 poules que poulettes, un coq, 5 1. (Arch. nationales.)

SPÉCIMENS DE TESTAMENTS (Archives de TAube, 48 G.)

Testammt Sune servante de laboureur

In nomine Domini amen. Pardevant moy Gabriel Delahuproys, prestre curé dé S* Mesmin y demeurant, fut présente Edmée Lambert, servante de Jacques Lajesse, laboureur, demeurant audit S^ Mesmin, estant au lict malade, saine toutefois de bon propqs, mémoire et entendement, comme il m'est apparu et à Pierre Degoist, sergent, et Claude Colin, laboureur demeurans audit S. Mesmin, tesmoings soubsignés, laquelle cognoissant et bien considérant n'y avoir rien en ce monde plus certain que la mort et rien moins certain que rheure d'icelle, ne voulant décéder sans préalablement disposer du saliit et remède de son âme et des biens qu'il a pieu à Dieu luy prester, aurait faict, nommé et ordonné son testament et ordonnance de dernière volonté en la forme et manière qui s'en suit.

Et premièrement, comme bonne chrestienne a recommandé et recommande son âme, quand elle partira de son corps, à Dieu le père tout puissant, à J. G. nostre seigneur et médiateur, au S^ Esprit, un seul Dieu en

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trois personnes, à la glorieuse vierge Marie, ensemble à toute la communion des saints, lesquels elle prie et requiert vouloir estre intercesseurs envers Dieu le père pour la rémission de ses péchez, à ce qu'il luy plaise par son inOnie bonté, par le mérite et la mort de J. G. son Qls luy donner son paradis.

En second lieu, veut et ordonne que chacune de ses debtes payées et torts faicts, si aucun se trouve, estre réparés et amandes par son exécuteur cy après nommé, si la volonté de Dieu est de la retirer de ce monde, veut et ordonne son corps estre mis en sépulture en Téglise de saint Pierre aux Liens, paroisse dudit S^ Mesmin, proche TEau benistier et la petite porte de ladite église et pour y estre enterrée, elle donne un escu à la fabrique du dit S' Mesmin, plus un quartier de terre sise au finage dudit S. Mesmin... aux charges que ladite fabrique sera tenue faire dire une messe basse tous les deux ans le jour du lendemain de S*Edme, son patron, à commencer dès la présente année 1685.

Item le jour de son enterrement veut et entend qu'on lui dise une messe haute et vigiles et le lendemain pareillement une messe haute et vigiles.

Item veut et entend qu'on dise un libéra sur sa fosse pour le repos de son âme tous les dimanches de Tannée, un service complet au bout du mois et pareillement un service complet au bout de Tan.

Item veut et donne à Jean Gérard le jeune, laboureur demeurant à S* Mesmin un panier à mouche qui est chez le dit Jacques Lajesse, pour Tamitié qu'elle luy porte.

Item veut et donne un autre panier à mouche à Jacques Lajesse son maistre pour les peinnes qu'il a pris après elle.

Item le surplus de ses biens meubles et immeubles et argent monnoié, s'il se trouve, elle le donne à Nicole Goderet, femme de Pierre Gérard, manouvrier dem* à Coulange, pour la bonne volonté et amitié qu'elle a pour elle.

Et pour exécuter ledit testament a icelle testatrice nommé et eslu Jacques Lajesse son maistre, laboureur...

Ce testament, après avoir été lu et relu, est signé par le curé et les deux témoins le 24 septembre 1685. La testatrice a déclaré ne savoir signer.

Testament d'un laboureur

Ce testament est rédigé par un notaire, avec des formules analogues à celles qui sont employées 67 ans auparavant par le curé de Saint-Mesmin. Il débute, comme l'autre par l'invocation : In nomine Domini^ et contient les mêmes recommandations pieuses. Le testateur, attaqué d'une grande fièvre depuis quinze jours, se nomme François Picard, demeurant au Petit-Auzon. Il laisse à la fabrique de l'église Saint-Martin d'Auzon, quatre arpents de terres labourables, estimées à la somme de 130 1., « à charge par la fabrique de faire célébrer à perpétuité deux messes hautes de requiem avec les vigiles et libéra pour le repos de son âme et celuy de Jeanne Poullain, sa femme, les jours de leur enterrement et autres jours les plus proches, et par chacun an à perpétuité ».

n laisse à Antoine Picard son fils « une tasse d'ar> gent que led. testateur a acbepté et fait marquer en son nom », « à Nicolas Tabourot, Nicolas Bemon et Jeanne Biel, ses domestiques, à chacun d*eux la somme de six livres par dessus leurs gages pour les bons services par eux à luy rendus, et au surplus audit Tabouret un habit de droguet, une veste d'étoffe bleue et une paire de culottes aussy de droguet, le tout usage dudit testateur ». — A Nicolas Bienaymé une somme de dix livres à diminuer sur ce que ledit Bienaymé luy doit, à six personnes les plus pauvres dudit lieu d'Auzon qui seront nommées par un mémoire écrit de la main du testateur,. six boisseaux.

D choisit pour exécuteur testamentaire son frère, Jacques Picard, aussi laboureur, à qui il lègue la somme de dix livres... et « le surplus de tous ses biens ledit testateur entend qu'après sa mort ils soient partagés égallement entre ses enfans et héritiers... »

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