‹ La vie rurale; journal de campagneChapitre 24 sur 140 · II · texte numérisé non relu

II

OG LA VIE RLUALi:.

Les jasmins aux pavois, — la pâleur et le fard, —

Incline un brin d'iris, redresse une corolle,

Puis mêle à loul cela quelque brindille folle!

Cet odorant faisceau, dans l'humide cristal.

Conservera demain tout son charme natal.

Les Heurs, vivant près d'elle, ont plus d'ini jour à vivre.

La lampe est rallumée, il faut choisir un livre :

Que lirons-nous ce soir, poésie ou roman?

Nous abreuverons-nous des larmes d'Oberman?

Lisons plutôt Chénier : que sa tendre élégie

Des plus doux sons humains nous verse la magie.

Sur le même feuillet laissant errer nos yeux,

F.lle et moi demeurons charmés, silencieux;

Lt, le front vers le sien, de si pi'ès je le touche,

Que ma tempe frémit au souffle de sa bouche.

Ainsi pourtant, un jour, le cœur au cœur uni,

Lisaient Paul et Françoise, enfants de Hiniini,

Quand, de leurs doigts tremblants et pâles de délire.

Le volume tomba, qu'ils cessèrent de lire!

L'heure enfin sonne encore, elle vibre neuf fois, Et toute la maison se rassemble à sa voix. Famille et serviteurs, que son timbre rappelle. Se rangent en silence aux bancs de la chapelle.

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