II
On voit alors, cortège en deuil, Par le chemin couleur de cendre.
On voit venir quelque cercueil, Et les parents suivre et descendre.
Une fosse, au bas du coteau.
S'ouvre et se ferme sous la pelle; Et puis chacun s'en va bientôt Où le travail du jour l'appelle.
Parfois aussi, tu vois venir Un groupe orphelin, une veuve, Ces fidèles du souvenir Agenouillés sous la croix neuve.
Confident des mornes douleurs, Ruisseau qui roules des eaux noires, Serais-tu fait avec les pleurs Qu'on donne à toutes ces mémoires?
Quand l'automne a grossi ton flot, Qu'elle te creuse un lit plus rude, Ta grande voix, comme un sanglot.
Retentit dans la solitude.