‹ La vie rurale; journal de campagneChapitre 95 sur 140 · LA MERE ROBERT · texte numérisé non relu

LA MERE ROBERT

Luberon ! Luberon ! ô ma chère montagne, L'Ecosse aux pics neigeux, ni la sombre Allemagne, IS'ont des bois plus épais, ni des sites plus beaux. Des grands siècles, sur toi, j'aime à voir les lambeaux Un surtout, vieil amas de murailles perdues, Au penchant d'un ravin tristement suspendues, Toits affaissés, donjons appuyés dos à dos. Là vécurent jadis les barons féodaux.

Au sommet de ces murs tout lézardés de fentes. Leurs bannières au vent se levaient triomphantes. Ces remparts à créneaux, ces escaliers à vis. S'entouraient de fossés et de leurs ponts-levi.s. Le matin d'une fête, aux approches d'un hû.e.

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Le nain sonnait tUi cor sur la tour la plus haute, Et, soudain prévenus, la dame et le seigneur Avec leurs écuyers et leurs dames d'honneur Venaient, sur le perron couronné de balustres. Donner la bienvenue aux visiteurs illustres. Comme tout est changé! Des êtres indigents Vivent là désormais, bûcherons, pauvres gens, A qui Dieu n'a laissé des trésors de ce monde Que le pain d'un travail où la sueur abonde. Triste au soleil d'été, le bourg est en hiver Farouche et d'un manteau de neige recouvert.

Un soir, par le sentier caillouteux et rougeâlre. J'en revenais, parlant à je ne sais quel pâtre. Et regardant les cieux par la brume envahis. C'était aux derniers jours d'octobre; le pays, Qu'avait longtemps brûlé l'ardente sécheresse, Attristait le regard d'un tableau de détresse. Vieille et pauvre, non moins que la mère de Ruth, A mes yeux tout à coup une femme apparut. Qui, dans le dur sentier, montait vers le village, Trahiant un arbre mort, avec tout son feuillage. Attelée au fardeau, lente, elle gravissait, Kt le vieil arbre sec sur ses pas bruissait.

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