LE MARIAGE E" LA MATRONE ROMAINE II
propres cérémonies religieuses, à sa vie et à sa conservation, mais aussi à l'Etat, à ses cérémonies religieuses (sacra) , à sa vie et à sa conservation ^. Comme le mariage par confarreatio avait pour premier but de procurer à la famille une mère parfaitement qualifiée pour s'acquitte; de ses différentes fonctions, puis en outre d'assurer à l'Etat des citoyens légalement qualifiés pour remplir les plus importantes de ses fonctions religieuses, de même le mariage, sous quelque forme que ce fût, avait à la fois '^ pour but de conserver la famille et son culte et de donner naissance à des hommes capables de servàr l'Etat dans la paix et à la guerre. Pour être citoyen romain, il faut que vos parents aient été unis en légitime mariage. De cette condition essentielle découlent tous les droits qui constituent ensemble le droit de cité : les droits privés qui vous donnent capacité pour transférer, posséder et hériter à l'abri de la loi romaine ^, et les droits publics qui protègent votre personne contre la violence et le meurtre et vous confèrent le droit de vote dans les assemblées du peuple et celui d'éligibilité aux magistratures ^. ^ Le mariage avait donc une importance capitale dans la vie romaine et pour tous les genres de mariages cette importance se marquait par la solennité du rituel. Des mariages par coemptio et par usus, qui l'un et l'autre, aussi bien que le mariage par confarreatio, m.ettaient la femme en puissance de son mari, nous n'avons pas à nous occuper ici ; longtemps avant le dernier siècle de la République, ces trois modes de mariage étaient surannés ; si l'on s'en servait encore parfois, ce n'était que dans un intérêt particulier. Au cours du temps on s'était aperçu qu'il était plus commode pour une femme de rester, après son mariage, dans la main de son père, ou si celui-ci était mort, sous la tutelle d'un curateur (tutor), que de passer dans la main du mari. Dans ce dernier cas, en effet, tous les biens de la femme devenaient la propriété du mari.\;^ Le désir bien naturel d'échapper aux mesures restrictives de la puissance maritale était devenu général. En voici
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un exemple. Une femme sous la tutelle d'un curateur désire se marier ; si elle se marie, elle tombe sous la main de son mari ; son curateur perd tout contrôle sur ses biens, ce qui peut avoir une grande importance pour la famille d'où elle sort ; le tuteur s'oppose au mariage et insiste pour qu'elle soit mariée sous un autre régime que celui de manus '. En fait, les intérêts de la famille de l'épouse étaient souvent opposés à ceux de la famille où elle allait entrer et l'on pouvait arriver à un compromis en renonçant au mariage cum 7nanu.
Renoncer au mariage cum manu signifiait simplement qu'on renonçait à certaines conséquences de la cérémonie et en même temps à ceux des rites qui consacraient ces conséquences. Sauf cela, le mariage était aussi valide dans tous ses effets privés et publics que s'il avait été célébré conformément à la conf arreatio même. On en omettait la partie sacramentelle ; on n'y retrouvait plus trace du mariage par voie d'achat qui subsistait dans les formalités de la coemptio ; mais pour le reste, la cérémonie était semblable à celle du mariage cum ?nanu. Elle perdait une partie de son caractère légal tout en conservant ses attributs religieux essentiels. Il ne sera pas inutile de décrire un mariage à la romaine, tel qu'il se célébrait ordinairement aux deux derniers siècles de la République.
Tout d'abord, le petit garçon et la petite fille — c'est bien ce qu'ils étaient encore, même au moment du mariage — avaient probablement été fiancés longtemps auparavant. Cicéron nous apprend qu'il fiança sa fille TuUia à Calpurnius Piso Frugi dans les premiers mois de l'an 66 A. C. ; le mariage eut lieu en 63. Tullia, née probablement en 76, avait dix ans à l'époque de ses fiançailles et treize lors de son mariage. Les choses se -passaient probablement ainsi d'ordinaire et cela prouve que l'affaire dépendait entièrement des parents. C'était un arrangement de famille, un mariage de convenance comme cela est encore la coutume chez bien des peuples ^. Les fiançailles étaient un engagement mais non un contrat précis ; on pouvait