‹ La vie sociale à Rome au temps de CicéronChapitre 44 sur 50 · L HABITATION DU RICHE · texte numérisé non relu

L HABITATION DU RICHE

brillamment décrite dans son livre Roman Society from Nero to Marcus Aurelius et qui grandit encore aux derniers temps de la société romaine que le même auteur a peinte aussi.

On peut douter que jamais, quelles qu'eussent été les circonstances, la race romaine eût produit un grand prophète ou un grand philosophe. La plus belle œuvre des Romains fut autre ; ce fut l'humanisation de la société par le développement rationnel de la législation et par la diffusion de la pensée et de la littérature grecques dans le monde occidental. Telle fut pour un Cicéron, pour un Sulpicius Rufus et pour beaucoup d'autres l'œuvre de leurs meilleures années. Ils réussirent en outre à créer, comme mo3^en d'expression, une langue de la prose qui peut passer pour une des plus parfaites que le monde ait connues ou connaîtra jamais. Cette œuvre ils l'accomplirent en s' aidant les uns les autres, en mettant dans leur commerce amical cette bonté, cette bonne humeur qui font l'agrément de la vie. C'est précisément cette humanité qu'un homme d'un admirable talent, mais un homme du Nord, Mommsen, en dépit de ce qu'il y avait en lui de romantique et de passionné, n'a jamais pu comprendre. Tout ce qu'il y eut de charme et de douceur dans cette existence au milieu de villas, de statues, de bibliothèques, lui paraissait tout simplement méprisable. Espérons qu'il n'a pas fait un tort irréparable à la mémoire de Cicéron, ni à celle des hommes de moindre mérite qui ont mené, comme lui, une vie honorable et élégante.

NOTES

^ Life in Ancier.t Athens. p. 55.

* Sur cette manière de comprendre le Lar, voir WisSOWA, Religion und Kiiltur der Rômer (2<= éd.), p. 168 sqq. et une note de l'auteur dans Archiv. fur Religionswissenschaft, 1906, p. 529 sqq. Voir aussi : W. Warde FowtER, The Religions Expérience of the Roman people, p. 77, 78 (Macmillan and C°, I,ondon 191 1).

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' Fasti, VI, 299. Autrefois la famille prenait place sur de longs bancs devant le foyer et l'on croyait que les dieux assistaient au repas.

* Cato, de Agricultura, ch. n, init. ; Horace, Epode, 2, 65 ; Sat., n, 6, 65.

* Ou lectulus adversus, c'est-à-dire en face de la porte ; ASCONIUS, édit. K. S., p. 38, bon passage sur le contenu d'un atrium.

* Voir Thédenat, Pompéi (Vie privée), p. 49 sqq. ' Mau, Pompeji {2« éd.), p. 250.

* On jugera quelle pouvait en être l'étendue d'après Sai,i<usTE, Cat.,ï2.

* Quintus Cicéron qui avait fait fortune par sa campagne en Gaule avec César, eut la fantaisie d'une domus suburhana : Cic, ad. Q. Fratr., ni, 1-7. Marcus dit à son frère qu'il ne se soucie guère d'une résidence de ce genre et que sa maison au Palatin a tous les charmes d'une suburbana. Sa villa de Tusculum avait les avantages d'une résidence de banlieue.

" Voir dans Mayor, Notes to Juvenal, p. 173, 203, 207, une collection de passages sur les bruits et les foules de Rome.

11 Quelques remarques intéressantes sur l'aspect général de la ville se trouvent dans le dernier chapitre de Lanciani, Ruins and Excavations.

^^ Ad Fam., 11, 12. « Urbem, Urbem, mi Rufe, cole et in ista luce vive. Omnis peregrinatio (voyage à l'étranger) obscura et sordida est iis, quorum industria Romae potest illustris esse 1, etc.

" Lucrèce, ii, 22 sqq ; in, 1060 sqq. Cp. Sénèque, Epist., 69, i : « Frequens migratio instabiUs animi est. »

^* de Oratore, 11, 22.

^* Ces maisons ainsi que la côte où elles s'élevaient, se sont effondrées depms longtemps dans la mer. C'est maintenant seulement que, grâce à la persévérance de M. R. F. GuNTHER, de Magdalen Collège, nous pouvons nous en représenter la position et l'ancienne magnificence. Voir son livre : Earth movements in the Bay of Naples.

1* Voir Cic, pro Caelio, 48, 50.

^' Ciceros Villen, Leipzig, 1889.

i« Varron, R. R.

^' La villa avait appartenu à Sylla ; et ces origines aristocratiques ne furent pas sans occasionner quelques ennuis à Cicéron.

" SCHMiDT, op. cit., p. 31.

*^ de Finibus, ni, 2, 7.

** de Legibus, 11, i.

*^ op. cit., p. 15.

** ad Q. Fratr., m, i.

*' ad Att., xrn, 19, 2.

** Pour plus de détails sur les charmes de la Villa d'Arpinum, voir SCHMIDT, op. cit.

*' ad Ait, n, 14 et 15.

** O. F. ScHMiDT, Briefwechsel Ciceros, p. 66 et 454 ; mais voyez ses Ciceros Villen, p. 46, note.

" Voir Mau, Pompeji, p. 15 (2» éd.).

3" ad Att., XII, 19, init.

'1 Voir SÉNÈQUE, Epist., 69, sur l'influence troublante de ce perpétuel changement de scène.

^^ Il y a une exception dans la lettre de Cicéron le Jeune à Tiron, dtée plus haut.

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