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CHAPITRE I

Les intérêts matériels Leur extension et leur importance internationale

L'homme, pour assurer son existence et se procurer quelque bien être, est soumis à un labeur incessant, se compliquant au cours des âges, à mesure que se manifestent des besoins nouveaux et des habitudes plus raffinées. La nature de ce labeur, les conditions dans lesquelles il s'exerce, les elYets qui en résultent se rattachent à des intérêts matériels qu'il importe de ne pas négliger, leur action sur les intérêts politiques étant incontestable.

La chasse et la pêche absorbèrent entièrement, à ses débuts, l'actiAÙté humaine. On ne pouvait compter que sur leurs produits, qui n'occasionnaient entre individus que de rares échanges. Il n'en fut plus ainsi lorsque la culture du sol et l'élevage du bétail augmentèrent les ressources de certains groupes sociaux. Les trocs devinrent plus fréquents, donnant naissance à des relations commerciales régulières, comprenant des ventes et des achats de tous genres.

Dans ces transactions, on livrait valeur contre

valeur, après estimation. Les plus anciennes monnaies ne sont pas antérieures au vu* siècle avant notre ère. Les populations primitives s'en tenaient au troc, ou à la mise en circulation de quelques articles courants, d'un prix généralement accepté, tels que les gâteaux de sel ou les coquillages marins appelés « cauris ». e«fîlés en chapelets *. Plus tard, on compta par tête de bétail, puis en pépites ou en poudre de métaux. Dans l'Egj-pte pharaonique, on les réduisait en briques, tuiles, barres et plaques. Chez les Chaldéens et les Assyriens on se servait de lingots, de même qu'en Chine. L'usage des monnaies, comme signe représentatif? des valeurs, remonterait selon les uns aux Lydiens, avant Crésus, et d'après les autres à Phidon d'Argos.

C'est en Asie Mineure, dans la vaste région s'étendant entre la mer Méditerranée à l'Ouest ; le plateau Arménien au Nord ; les versants du plateau iranéen à l'Est et le golfe Persjque y compris la Péninsule arabique au Sud. que les échanges commerciaux se concentrèrent tout dabord. L'Assyrie, par sa position géographique, était prédestinée à servir d'entrepôt aux produits de cette région. Deux villes de premier ordre, Babylone, construite sur les bords de lEuphrate, et Ninive, sur le Tigre, se prêtaient admirablement aux activités du négoce. Elles se trouvèrent bientôt en rapports avec l'Inde, dont elles reçurent des pierres précieuses et des animaux vivants ; la Perse, qui leur livra des étotTes de grand prix ; l'Arabie et l'Ethiopie d'où elles obtinrent des parfums, des épices, de l'or, de l'ivoire, de l'ébène, du grès, du basalte, de l'ambre gris ; l'Arménie, qui leur fournit des vins. Elles exportèrent à leur tour des armes, des bijoux, des amulettes, des tissus de laine et de lin. Les tapisseries de Babylone étaient renommées. Les Assyriens pénétrèrent

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