‹ La vie sociale et ses évolutionsChapitre 23 sur 35 · LES TRAVALX D ART : L ARCHITECTURE · texte numérisé non relu

LES TRAVALX D ART : L ARCHITECTURE

roûiane à ce genre de construction, ne manquant ni doriginalité ni de grandeur, mais d'aspect un peu lourd.

Une évolution importante s'opère au xn^ siècle, dans l'art architectural. Le plein cintre est remplacé par l'ogive, et les premières cathédrales, dites de style gothique, sont inaugurées d'abord en France. puis en dautres pays. Leur façade, placée vers l'Occident, se compose d'un vaste portail, avec sculpture, surmonté gar une rosace aux vitraux de couleui-s vives et tlanqué de deux tours, terminées en flèches. Le vaisseau central de l'édifice est destiné à l'assemblée des fidèles. Il est séparé des bas-côtés par une ou plusieurs rangées de piliers, formant des arcades en ogives, supportant des galeries éclairées par de grandes fenêtres aux vitraux peints. Les voûtes extrêmement hautes, à nervures entre-croisées, reposent sur des colonnes, et les murs, renforcés darcsboutants leur servent d'étais. Le transept prolongé de façon à donner à l'église la forme dune croix latine, aboutit par ses extrémités à deux portails latéraux. Le chœur et le sanctuaire, réservés au clergé, occupent un niveau plus élevé que la nef centrale, et sont exposés en pleine vue. avec leur maître-autel et leurs stalles sculptées.

L'architecture gothique, à la fois légère et massive, exprime admirablement les élans de foi religieuse du xif au xiv^ siècle. Ils ont provoqué dans le Nord de l'Europe. l'érection de monuments imposants, vrais poèmes de pierre, reproduisant maints épisodes de la vie contemporaine, ses visions d'anges et de démons, ses extases et ses scènes populaires. Elle présentait cet avantage d'être parfaitement appropriée au climat brumeux, et souvent inclément, des contrées [septentrionales.

La lumière s'y diffusant aux brillantes nuances des vitraux historiés, y acquérait des teintes plus chaudes

et plus riches qu'au dehors ; les grandes voûtes des cathédrales et leurs rangées de colonnes, rappelaient les forêts locales, avec leurs allées d'arbres séculaires, se joignant parleur cime et répandantjusqu'à leur base la mobilité de leurs ombres. Tout édifice n'est vraiment une œuvre d'art qu'à condition d'être en rapport avec son cadre. Une église gothique sous un ciel tropical, intensément pur. immuablement bleu, n'y figurerait pas mieux qu'un temple grec, dans quelque région boréale, sous des rafales de vent et de neige.

On remarquera que la plupart des églises gothiques sont restées inachevées. Elles occasionnaient de grands travaux, des dépenses considérables, tandis que le zèle religieux s'alTaiblissait. Les souvenirs de l'antiquité, ravivés par la présence en Italie des grecs de Constantinople, chassés de leur pays par les Turcs, tendaient à déprécier l'art ogival.

Un retour vers le passé et une résurrection des types grecs et romains, non pas dans leur pureté mais surchargés de décors, allaient donner une autre impulsion à l'activité des constructeurs.

Ce mouvement nouveau, inaugurant le style dit de Renaissance, bientôt prédominant en Italie, se manifesta en France sous Louis XII et François P""; en Espagne, sous Philippe II ; en Angleterre, sous Jacques I",

Ses effets sur l'architecture religieuse ne furent pas très satisfaisants, mais accrurent l'importance de l'architecture civile. Les châteaux de Chantilly, d'Écouen, de Chenonceaux, datent de cette époque de même que Chambord, d'où le gothique n'est pas absolument exclu.

Une période d'éclectisme s'annonçait , durant laquelle l'art architectural, pompeux et solennel sous Louis XIV, gracieux et mièvre sous Louis XV, se rapproche de l'antique sous Louis XVI, pour en

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