‹ La vie sociale et ses évolutionsChapitre 27 sur 35 · LES TRAVAUX LITTERAIRES · texte numérisé non relu

LES TRAVAUX LITTERAIRES

L'un des personnages du drame descend aux enfers, décrits avec un effroyable réalisme « lieux de noirs ténèbres, empestés de celte odeur de péché que partout exhalent la chair et le sang, remplis de cadavres hérissés d'ossements et de chevelures, fourmillants d'insectes et de vers ».

Observons comme contraste, que le Mahabharata sachève au ciel, par la réconciliation, en pleine lumière, des peuples et des dieux ennemis.

Le Ràmâyana qui date du m* siècle avant J.-C, est un poème d'amour et de guerre. Il nous initie aux exploits de Rama, prince d'Ayadhya, dont la femme Syta, idéalement belle, pure et dévouée, a été enlevée par Ravana, roi de Lanka, auquel elle résiste jusqu'à sa délivrance par Rama, après de terribles combats.

Beaucoup d'autres compositions, parmi lesquelles les Puranas, ou vieilles histoires, sont aujourd'hui perdues. Celles qui ont été transmises sont de longs poèmes religieux, en l'honneur de Brahma, de Vishnou et de Silva, rédigés pour l'édification des classes inférieures, exclues de la lecture des Védas et du Mahabharata. Elles sont d'une époque relativement récente.

La littérature dramatique fut représentée aux Indes par de féconds écrivains, tels que Kalisada et Soudraka. Les érudits ny furent pas inactifs, et Paxini, l'habile grammairien, puis Katyasyana et Pantajali, aux m* et ii^ siècles avant J.-C, contribuèrent à l'épuration de la langue. Ces travaux toutefois, n'étaient pas un indice de progrès. L'intérêt littéraire décroît généralement à mesure que le souci purement scientifique prend plus de développement.

L'histoire n'y fut guère cultivée par les Brahmanes: la Chronique de Cachemire et la liajatarangini de Kalkana sont cependant à consulter.

Le génie hindou, en son exubérance et sa prodi-

gieuse expansion, rappelle les profusions de la nature tropicale. L'héroïsme se manifeste dans les poèmes locaux par des pénitences extraordinaires, et par une sorte de folie de sacrifice individuel. Tout y semble excessif, avec mélange d'idées panthéistiques et d'amer désenchantement dans les œuvres inspirées par le brahmanisme, et de profonde pitié dans celles qui ont subi rinfluence bouddhique.

L'Assyrie et la Babylonie, où l'art avait atteint un certain degré de développement et qui, plus de trente siècles avant notre ère, avaient déjà été illustrées par de nombreux savants, initiés aux grands principes des sciences, surtout en mathématiques et en astronomie, possédaient sans nul doute une littérature en rapport avec les progrès de leur civilisation. L'activité avec laquelle on s'occupe d'en reconstituer l'histoire contribuera peut-être à mettre au jour des documents importants, enfouis en ce moment dans un passé assez peu exploré.

En Perse, apparaît comme législateur et prophète un personnage mystique, Zoroastre, qui aurait reçu du dieu Ahura-Mazda le texte d'un livre sacré, le Zend- Avesta. Une partie de ce texte, datant du iv° siècle, a été remaniée ; une autre, comprenant des hymnes religieux, les Gaihas, écrite dans un dialecte particulier, a conservé sa forme originelle. La littérature pehlvie y a puisé de nombreux éléments.

La conquête du pays par les Arabes, suivie de l'introduction de l'Islam, modifia sensiblement les idées iraniennes. Le système d'écriture des vainqueurs prédomina, et la langue persane fut en défaveur jusqu'à l'avènement des Sassaniches, à la cour desquels vécut, au x" siècle, le premier poète national, Roudéki. Sous une dynastie plus récente, d'origine turque, celle des Ghaznévides, un autre poète, Ferdousi, se distingua par la publication d'un grand ouvrage comprenant GO.OUO vers, le Chah-Nameh ou

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