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CHAPITRE I Les méthodes d'enseignement à diverses époques

C'est par l'enseignement que les associations humaines s'initient à leur passé, se rattachent à leur existence présente, et se préparent à leurs évolutions futures. Dépendant, quant à ses formes, du degré de civilisation des communautés dont il procède, son action a toujours été considérable.

Dans l'antiquité, abstraction faite des influences de famille, il était concentré dans les temples, et transmis à une élite intellectuelle, à laquelle on imposait un long stage et de sérieuses études. La plèbe, étrangère à ces travaux, ne recevait que la tradition de procédés manuels, de pratiques superstitieuses et de vagues légendes.

Déjà, cependant, les avantages d'une forte éducation étaient reconnus et appréciés. Les anciens poètes grecs représentent le centaure Chiron, désireux de développer les forces physiques et l'intelligence d'Achille encore adolescent, l'exposant aux plus dures fatigues; excitant son courage en le mettant en pré-

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sence de fauves, puis, s'appliquant à lui apprendre l'astronomie, la botanique, le médecine et la musique.

On agissait sur la jeunesse selon ce que l'on attendait d'elle. Les Spartiates, avides de conquêtes, lui imposaient une discipline sévère, des exercices athlétiques, des habitudes simples et frugales, afin de former des générations de guerriers.

Les Athéniens, enrichis par leurs expéditions maritimes et commerciales, devenus rebelles au principe d'autorité, réservaient leurs acclamations aux orateurs politiques, aux philosophes, aux poètes et aux artistes.

L'enseignement, très spécial en Grèce, du à l'intervention de penseurs et de philosophes , tels que Socrate, Platon, Aristote, ne profitait, ainsi que celui donné dans les temples, qu'à une classe privilégiée, opposée à une multitude d'obscurs travailleurs et d'esclaves, sans droits individuels, voués à l'ignorance et à la misère.

Après la déchéance d'Athènes', un autre foyer d'expansion des idées helléniques se forme à Alexandrie, et y acquiert un vif éclat. Les plus graves problèmes de métaphysique, d'histoire, de théologie y sont étudiés avec ardeur, et leur solution y provoque des débats passionnés. Son influence se fait sentir jusqu'à Rome, et y produit un véritable engouement pour la science grecque.

Les progrès qui s'ensuivirent, très sensibles dans toutes les branches du savoir humain, s'opéraient malheureusement parmi des populations au sens moral alîaibli par des troubles politiques sans cesse renaissants, les rendant incapables de réagir, par d'énergiques efforts, contre la décadence sociale qui allait en résulter.

Après la chute de l'Empire romain d'Occident, l'enseignement cesse d'être scientifique, pour redevenir exclusivement religieux. Les écoles très estimées établies en Gaule sous la domination romaine . ;i

LA VIE SOCIALE ET SES EVOLLÏIOiXS

Autun, Lyon, Toulouse, Bordeaux, consacrées à l'étude de la littérature grecque ou latine, sont presque délaissées. La science, absorbée par la théologie, n'est plus guère faiblement représentée dans les cloîtres qui ne la communiquent que surchargée de gloses et strictement limitée.

Parmi les établissements d'instruction publique, au XI' siècle, existait une école fondée auprès de la cathédrale de Paris, dans l'île de la Cité. Elle était fréquentée par des jeunes gens, presque tous destinés à la prêtrise. On la transporta à cette époque sur la montagne de Sainte-Geneviève, où maîtres et élèves se constituèrent en corporation.

Celle-ci, dûment reconnue, devint l'Université de Paris.

Philippe-Auguste, favorable à la nouvelle institution, lui accorda d'importants privilèges. Il la défendit contre les revendications du chancelier de la cathédrale, qui prétendait la soumettre à la juridiction d'un prévôt, et l'autorisa à juger elle-même ceux de ses membres accusés de quelque infraction aux lois.

Les associés obtinrent le droit de se réunir en assemblée ; d'élire un recteur et quelques autres dignitaires ; de nommer un procureur syndic chargé de s'opposer à toute atteinte à leurs intérêts.

De nombreux collèges, disséminés dans Paris, se rattachèrent bientôt à la corporation universitaire ainsi formée. Nul ne pouvait enseigner dans le périmètre soumis à son contrôle — c'est-à-dire sur toute la rive gauche de la Seine — sans sa permission. Elle usa de ses droits à cet égard, en 1254, contre les dominicains.

La vie des écoliers au xiii' siècle était très précaire. Beaucoup d'entre eux, en soutanes déchirées, ne subsistaient que de maigres subsides ou d'aumônes. L'enseignement qu'ils recevaient, tout en se

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