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venait effective, réglementant la presse, réhabituant les Français à la hiérarchie sociale, et rouvrant les Églises.
Le 25 décembre 1804 un plébiscite transforma le Consulat en empire, héréditaire dans la famille légitime ou adoplive de Napoléon Bonaparte, qui ajouta au titre d'empereur celui de roi d'Italie.
L'histoire du règne vertigineux de Napoléon I"" est celle d'une succession de grandes guerres, durant lesquelles la vieille Europe. secouée par le prosélytisme révolutionnaire, encore vivace même sous les bannières impériales, subit de profondes transformations.
Napoléon, sans égard pour les nationalités, qu'il opprime à volonté, fait et défait des royaumes, les attribue à ses parents, les en dépouille et s'en fait obéir. Les Autrichiens et les Anglais, bien qu'ayant conclu la paix, en 1801 et 1802. n'y voyaient qu'une trêve.
Elle est rompue deux ans plus tard. Napoléon qui avait préparé une puissante armée, destinée à envahir l'Angleterre, renonce à ses projets, et dirigeant ses troupes vers Vienne, contraint l'empereur François II — qui renonça à cette époque à son titre d'empereur d'Allemagne — à reconnaître sa défaite. Napoléon, désormais tout puissant en Allemagne, la remodèle à son gré, La Bavière et le Wurtemberg deviennent des royaumes ; Bade reçoit un agrandissement, et tous ces États, réunis sous le nom de Confédération du Rhin, sont placés sous la protection de l'Empire français, et destinés à lui servir de points d'appui.
La Prusse, qui avait conservé et développé son organisation militaire, se croyait en mesure de se défendre. Elle mobilise son armée, qui est mise en déroute à léna, en 1806. Il en coûta au roi de Prusse la moitié de son royaume.
L'Angleterre toutefois demeurait menaçante. Maîtresse de la mer, depuis la bataille navale de Trafalgar,
gagnée par Nelson le 21 octobre 1805, elle semblait inattaquable. Napoléon, cherchant à la priver de ressources, rend un décret le 21 novembre 1806, déclarant les îles britanniques en état de blocus, proclamant de bonne prise toute marchandise de provenance anglaise, et interdisant de recevoir tout navire ayant relâché dans un port anglais.
L'Autriche, sollicitée par l'Angleterre, redevient belliqueuse. Vaincue à Wagram par Napoléon, celuici profite de son succès pour annexer à l'Empire la Hollande, les villes hanséatiques, l'Oldenbourg, le Valais et les Etats Pontificaux. Une guerre prolongée en Espagne, suivie d'une campagne désastreuse en Russie, ébranle enfin le pouvoir, jusqu'alors prépondérant des armes françaises. Partout se réveillent les sentiments de nationalité, méconnus par l'emperenr. Une sixième coalition se forme, comprenant d'abord la Russie et la Suède, puis la Prusse, l'Autriche et les Etats Allemands. Les alliés, désormais victorieux, envahissent la France, épuisée par tant de luttes. Le frère de Louis XVI était rentré sur le territoire français à la suite des coalisés. Ils le reconnaissent comme roi à condition d'accorder nue charte à ses sujets.
L'empereur N.apoléon, ayant abdiqué le 10 avril 1814. avait été interné dans l'ile d'Elbe. Un an après, profitant du mécontentement causé en France par la ])olitique réactionnaire de Louis XVIII. il débarque à Antibes, marche sur Paris, et rétablit l'Empire. Les alliés, encore réunis, lui font face à Waterloo, et occupent de nouveau Paris. Napoléon exilé à Sainte- Hélène, sous la garde de l'Angleterre, n'avait plus aucune chance de ressaisir le pouvoir.
11 avait coûté à la France quatorze ans de guerre, deux millions d'hommes et la réduction des frontières nationales à leurs anciennes limites. Il lui laissait une forte organisation administrative ; une législation améliorée, et l'égalité civile.
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Lé^ puissances alliées contre lEmpire français avaient à reconstituer, après leurs victoires, l'équilibre européen détruit par Napoléon. Un Congrès, réuni à Vienne, s'en occupa pendant sept mois. On enleva à la France la Belgique, les Provinces du Rhin et la Savoie. Le grand-duché de Varsovie, dernière épave de l'ancienne Pologne, fit retour à la Russie : TAllemagne, encore morcelée, devient une Confédération de trente-neuf princes souverains, soumis aux influences, toujours rivales, de la Prusse et de l'Autriche, cette dernière obtenant toutefois, en raison d'anciens droits impériaux, la présidence de la Confédération. La Prusse, agrandie, reçoit une part de la Pologne, la Poméranie suédoise, et quelques Ëtats allemands de l'Ouest, réunis dès lors sous le nom de Prusse rhénane. L'Autriche recouvre les territoires perdus par elle en 1809, et prend toute l'talie du Nord, dont elle forme le royaume Lombardo-Vénitien. Les autres parties de la Péninsule sont restituées à leurs princes sous l'hégémonie autrichienne. Le pape rentre en possession des États de l'Eglise, et l'Espagne, si longtemps troublée, retourne aux Bourbons. L'Angleterre, qui avait si efficacement contribué au succès de la coalition anti-française, reste maîtresse, des mers, ajoutant de nombreuses acquisitions à st^> possessions coloniales.
Il semblait utile qu'une force plus ou moins préventive pesât sur la frontière française. On rattacha la Belgique à la Hollande, pour en former les Pays- Bas.
Un élément important avait été entièrement négligé dans les délibérations du Congrès de Vienne, le principe des nationalités, également méconnu précédemment par Napoléon. Les faits démontrèrent bientôt qu'il eût été sage de s'en préoccuper.
La politique générale européenne, alors influencée par Metternich, le chancelier autrichien, tendait surtout
à empêcher de nomelles manifestations de l'esprit révolutionnaire, qui provoque une scission, en 1823, entre le roi d'Espagne, Ferdinand VII, et ses sujets. Une armée française, au nom des puissances alliées, rend au souverain menacé ses prérogatives royales. Celles-ci, malgré ce triomphe momentané, allaient être considérablement réduites par la perte d'un empire colonial en Amérique, comprenant le Mexique, le Venezuela, la Nouvelle-Grenade, la Colombie, le Pérou, la Bolivie, les Etats argentins, le Paraguay et l'Uruguay, transformés en autant de républiques autonomes.
L'Italie, rebelle au joug autrichien, présentait le spectacle d'une perpétuelle agitation. De tous les chefs d'État arrivés au pouvoir sous Napoléon, le maréchal Bernadotle, d'abord reconnu comme prince royal, puis comme roi de Suède, s'était seul maintenu sur le trône.
L'ancien régime, que Metternich s'appliquait à ressusciter, subissait de constantes attaques. Les Grecs, s'étaient révoltés en 1821, reprenant Athènes aux Turcs. Leur cause, très sympathique en Europe, est appuyée par l'Angleterre et la Russie, dont les forces navales combinées remportent une victoire signalée sur les Turcs, à Navarin. Les Russes ayant occupé Andrinople en 1829. obligent la Turquie à leur céder les Bouches du Danube, ainsi qu'à reconnaître l'indépendance de la Grèce.
Louis XVIII, en France, après avoir inauguré une politique ultra-royaliste, dont il avait fini par sentir l'imprudence, était mort à Paris en 1824, laissant comme successeur son frère Charles X. Celui-ci, plus intransigeant, ne tarde pas à perdre toute popularité. Mécontent des Chambres, il les dissout, change les lois électorales, et supprime la liberté de la presse. Ces mesures autoritaires provoquent une révolution, en juillet 1830, et l'avènement du duc d'Orléans, Louis-Philippe, en qualité de roi des Français.
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Celle vieloire de l'esprit d'opposition ne fut pas sans conséquences. La Belgique, en septembre, se sépare violemment de la Hollande, et. après de longues négociations diplomatiques, se constitue en monarchie indépendante. Les Polonais, supportant impatiemment la perte de leur nationalité, se soulèvent, mais sans améliorer leur sort. L'Angleterre procède à une première réforme électorale, appelant au scrutin 50.000 nouveaux électeurs. De plus en plus libérale, elle abolit l'esclavage en ses colonies, adopte des lois protectrices en faveur des mineurs, et oriente sa politique commerciale vers le libre échange.
La situation politique tend à se modifier. Les deux grands htats de l'Ouest, la France et les Iles Britanniques, nettement constitutionnels, s'isolaient par ce fait des trois États de l'Est, restés absolutistes, et s'inspirant des vues très autocratiques du tsar Nicolas I""". qui avait succédé à l'empereur Alexandre en 1825. après avoir réprimé une sanglante révolte.
Le roi d'Espagne. Ferdinand II. meurt en 1833, ne laissant qu'une fille, l'infante Isabelle. Il avait aboli, pour garantir les droits de celle-ci à sa succession, la loi salique de 1713, C'était exposer le royaume à une guerre civile, qui éclate bientôt entre le frère du roi. don Carlos, et les partisans d'Isabelle, encore mineure, sous la régence de la'reine mère. Marie-Christine. Lue cause nouvelle d'atïaiblissement accablait le pays déjà très épuisé.
L'Em|>ire Turc ne se trouvait pas dans de meilleures conditions. Le vice-roi d'Egypte, Méhémet-.\li. lui avait enlevé la Syrie. Quand le Sultan, en 1839, voulut la reprendre, ses troupes furent battues. La France soutenait le vice-roi, l'Angleterre les intérêts turcs. Elle s'entendit avec les autres Etats de l'Europe, et contraignit Méhémet-Ali à restituer ses conquêtes.
La révolution de 1830, en France, n'avait pas modifié le réj^inie éleeloral, basé sur la parlicipalion ))lus ou moins im{»ortante de chaque citoyen au ])aiement de l'impôt, qui seul donnait droit de vote. 11 en résulta d'ardentes revendications, auxquelles le gouvernement refusait de faire droit. Le règne de Louis-Philijipe, bien que fréquemment répressif, n'avait jtas été infructueux. Il avait accpiis aux Français une colonie de grand avenir. l'Algérie, et contribué au développement des ressources commerciales et industrielles de la nation. On voulait toutefois une réforme, et le souverain et ses ministres s'y opposant, les Parisiens tirent la révolution de 1848, proclamèrent la réi)ublique, et établirent le suffrage universel.
Le pays était mal préparé h nue telle transformation du système électoral. La classe ouvrière n'était intervenue en politique, précédemment, que durant certains jours de crise. En rap[)elant au scrutin, au moment où l'industrie s'était transformée, faisant succéder d'immenses chantiers aux petits ateliers d'autrefois, et affluer des milliers de ruraux, sans aucune instruction, vers les grandes villes, on s'exjtosait à d'étranges surprises. D'autre part, on contractait l'obligation de les éclairei', de les instruire, alin de les soustraire autant que possible aux vicissitudes d'une vie instable, assombrie par les variations de salaires et les chômages.
Ainsi qu'en 1830, la révolution survenue eut aussitôt son contre-coup en Europe. Partout on réclamait des institutions parlementaires : on fit des barricades à Berlin ; les sujets du pape, à Rome, se mirent en république ; on s'insurgea à Naples pour obtenir une constitution: les Autrichiens durent évacuer Venise.
Une réaction était àj>révoir, et elle ne se lit pas attendre. Les Hongrois, qui avaient pris les armes contre l'empereur d'Autriche, furent vaincus après une résis-
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tance héroïque, par une armée russe ; le roi de Prusse, débarrassé des libéraux, en expurgea le pays de Bade. Des troupes autrichiennes mirent en déroute les Piémontais à Noyare et reprirent Venise, tandis que le gouvernement français même, à la tète duquel le suffrage universel venait de placer, en qualité de président, le prince Louis Napoléon, envoyait ses soldats à Rome pour y rétablir le Pape.
La République française de 1848, proclamée dans un moment d'effervescence par une minorité intelligente, mais trop imbue de théories sociales encore incomprises, n'était pas destinée à une longue durée. Le 2 Décembre 1851. Louis Napoléon procède à un coup d'État, ordonne l'arrestation des défenseurs des institutions existantes, et prend le titre d'empereur, qu'il se fait conférer par plébiscite. Un Sénat composé de membres nommés par lui, et un corps législatif recruté parmi des candidats officiels, font partie du nouveau gouvernement. La liberté de la presse, le droit de réunion et d'association, sont supprimés. L'Empereur ne manquait pas d'adhérents. Il s'appuyait sur le clergé, gagné par la restauration du pouvoir temporel du Pape ; sur les commerçants et les industriels, lésés par de trop fréquentes commotions politiques ; sur les ouvriers et les ruraux, accordant aux uns le droit de grève ; des encouragements pour la construction de cités ouvrières ; la réglementation des sociétés coopératives ; aux autres la création de voies de communication plus complètes, d'églises et de mairies.
Une occasion se présenta de réaliser des alliances au dehors. L'Angleterre, inquiète des empiétements de la Russie sur l'Empire turc, et craignant pour ses possessions d'Orient accueillit les propositions de Napoléon III et du roi du Piémont de l'aider à repousser les Russes. Ce fut l'origine de la guerre de Crimée, terminée par le siège de Sébastopol, qui
dura près d'un an et fut très pénible. Après la prise du grand entrepôt russe, le tzar Alexandre II qui avait succédé à Nicolas P% demanda la paix. Un Congrès eut lieu à Paris en 1856, interdisant l'accès de la mer Noire aux navires de guerre russes. Le Sultan dût abandonner la Moldavie et la Valachie, libres désormais de réaliser leur unité nationale.
L'Angleterre, en 1856-1857, intervint en Perse, en Chine, au Japon, et après avoir supprimé une terrible insurrection aux Indes, assume le gouvernement du du pays, confié jusqu'alors à une ancienne et célèbre Compagnie commerciale.
L'Italie, malgré les efforts du Piémont, devenu le centre des tendances émancipatrices de toute la Péninsule, ne parvenait pas à se libérer de l'hégémonie autrichienne. Napoléon III, opposé à celle-ci, se décide à porter secours à Victor Emmanuel, roi du Piémont. Les alliés, victorieux à Magenta et à Solférino, conquièrent la Lombardie, cédée à Victor Emmanuel, qui abandonne Nice et la Savoie à la France, et obtient, un an plus tard, après un soulèvement populaire, la Toscane, Parme, Modène et les Légations.
En Russie, depuis la signature du traité de Paris, on s'occupait sérieusement d'importantes réformes. Alexandre II y décrète en 1856 l'émancipation des serfs, d'abord dans les terres de la Couronne, puis dans tout l'Empire. Une mesure semblable, mais d'un caractère plus général, l'abolition de l'esclavage, devait susciter en 1861, une guerre acharnée aux Etats-Unis d'Amérique, entre les Sudistes et les Nordistes, terminée en 1865 i)ar la défaite des États du Sud, qui réclamaient la rupture de l'Union américaine. Alors que la lutte entre esclavagistes et abolitionnistes était encore indécise. Napoléon avait cru y voir une opportunité de créer sur les frontières de la République, ainsi troublée, un Empire Mexicain, dont la
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couronne fut ofiferle à Maximilien, archiduc d'Autriche, qui perdit la vie dans cette aventureuse expédition.
L'influence de la Prusse, accentuée par ["astucieuse jtolitique de M. de Bismarck, arrivé au pouvoir en 1862. occasionne une guerre en 1864. entre le roi de Danemark, duc de Sleswig et de Holstein. l'empereur d'Autriche et le roi de Prusse, relativement aux deux duchés, habités en partie par des Allemands, qui se plaignaient de l'administration danoise. Les duchés, enlevés aux Danois après une résistance acharnée, furent partagés entre les alliés. Cet arrangement, stipulé à Gastein en 1865, ne fut que provisoire. Il ne tarda pas à donner lieu à des difficultés suivies d'une nouvelle guerre, défavorable à l'Autriche. Celle-ci, battue à Sadowa, signa le traité de Prague, confirmant sa sortie de la Confédération allemande. Ses adversaires s'annexèrent aussitôt le royaume de Hanovre, le duché de Nassau, la Hesse et la ville libre de Francfort. D'autres États allemands, alliés de l'Autriche, ne perdirent pas entièrement leur autonomie, mais furent rattachés à la Confédération du Nord, sous l'hégémonie prussienne. Les États du Sud, furent également groupés en Confédération, avec obligation, de mettre leurs armées au service de la Prusse, en cas de guerre. Tous devaient se faire représenter au Reichstag par des députés. Le roi d'Italie, Victor Emmanuel, allié des Prussiens, acquit la Vénétie, enlevée à l'Autriche.
Napoléon III, en laissant se réaliser sans intervenir activement d'aussi profondes modifications politiques, avait commis une faute des plus graves. Décidé à la réparer, mais trop tard, alors que toute l'Allemagne allait se coaliser contre lui. il subit défaites sur défaites.
La France est envahie, lui-même est fait prisonnier à Sedan, puis détrôné le 4 Septembre 1870. Le sentiment national français surexcité, acclame une
République nouvelle, et donne lieu à un mouvement de résistance, très honorable, sinon efficace. Le roi de Prusse, Guillaume I", réunit au château de Versailles les princes allemands, et, le 18 Janvier 1871, se fait proclamer Empereur. La France, peu de tem])S après se voyait forcée de lui céder l'Alsace et la Lorraine, annexée désormais à l'Empire allemand. Il fallut reconquérir Paris sur l'élément socialiste, qui y avait installé une dictature, la Commune, en opposition avec l'Assemblée gouvernementale, siégeant à Versailles. La Constitution de 1875 consacre la fondation de la troisième République française. Celle-ci a été fréquemment agitée par les luttes parlementaires entre nationalistes, opposés au régime républicain, modérés et radicaux. Un parti socialiste très militant s'est formé à la gauche de ces derniers. De nombreuses lois ont été votées intéressant la classe ouvrière, sur la mutualité, la réglementation du travail des enfants et des femmes, la constitution des syndicats ouvriers, les accidents du travail. Les Chambres firent figurer sur leur programme la séparation de l'Eglise et de l'État, depuis réalisée, et la création d'un impôt sur le revenu.
Durant la guerre franco-allemande, les Italiens, profitant de l'opportunité qui leur était offerte, complétèrent leur unité politique en entrant dans Rome, devenue la capitale de l'Italie.