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LA SITIATIOX MONDIALE ACTUELLE

valoir des prétentions; rivales, diftîciles à concilier. L'emperenr François-Joseph, en se faisant conronner roi de Hongrie, n'est parvenu qu'à contenter imparfaitement les Magyars. Les Tchèques, qui réclament la reconstitution du royaume de Bohême, agissent en adversaires des Autrichiens-Allemands en Cisleithanie. et des Hongrois de l'autre côté de la Leitha.

L'unité de l'Empire, plusieurs fois compromise, sera-t-elle maintenue ? Si l'élément slave finit par y prédominer, les Allemands, au nombre de huit millions, actuellement sujets autrichiens, ne manifesteront-ils pas à leur tour des tendances séj>aratistes. dans le but de se rapprocher de leurs congénères, membres de la Confédération germanique?

Quoi qu'il en soit, et en écartant toute éventualité îïubversive, il est probable que la péninsule des Balkans, et les modilications qui pourraient s'y jiroduire. occuperont particulièrement l'attention des hommes d'État autrichiens.

Les propensions anti-unionistes, encore latentes en Autriche, ont triomjdié en Suède et en Norvège. Les Suédois, parmi lesquels l'industrie a pris un certain essor, sont protectionnistes. Les Norvégiens, qui ont donné de l'extension à leurs armements maritimes, se plaignent d'un régime contraire à leurs intérêts. Os causes de dissentiment, aggravées de débats au sujet de la répartition des impôts, du recrutement de l'armée et de la représentation diplomatique à l'étranger, ont donné lieu, entre les deux États, à une rupture. Celle-ci. grêce au tact et aux sentiments élevés du roi Oscar P^ s'est opérée de commun accord et sans hostilités. Regrettable à certain point de vue, en exposant les deux pays à subir plus sensiblement des influences étrangères, elle témoigne, par sa paisible issue, d'un état de civilisation supérieure digne d'être médité.

L'Espagne, récupérant lentement ses forces affai-

blies, n'a pas encore entièrement surmonté les conséquences d'un ])assé néfaste. Deux périodes importantes de rtiistoire du pays, sa libération de la domination arabe, puis, au xvi*' siècle, l'acquisition d'un immense domaine colonial en Amérique, ont été suivies d'effets d'abord favorables au peuple espagnol, mais qui contribuèrent, plus tard, à les entraver.

La lutte contre les Arabo-Berbères rendit l'Espagne à ses anciens habitants et en fit une nation. D'autre part, elle excita parmi eux une exaltation religieuse très profonde, légitimant les plus grands excès, et provoquant l'ingérence, même (hins la vie privée et familiale, d'un clergé intransigeant, ennemi de toute manifestation intellectuelle indépendante. De plus, la fréquence des entreprises militaires, la possibilité de se créer une fortune les armes à la main, inspirèrent le mépris de travaux plus pénibles, considérés comme dégradants, et abandonnés à une i)lèbe ignorante et misérable.

La découverte de l'Amérique, vers la fin du XV* siècle, servit les intérêts de l'Espagne en lui assurant des revenus considérables. Cet afflux de capitaux, employés à d'incessantes guerres, la détourna d'entreprises commerciales et industrielles qui, dans l'intervalle, enrichissaient d'autres nations, ne disposant pas des mêmes ressources. Lorsque l'or américain cessa d'alimenter les caisses publiques, les Es])agnols se sont trouvés dans une situation financière inférieure à celle des Puissances qu'ils avaient précédemment combattues.

L'armée nationale, trop disposée jusqu'en ces derniers temps à faciliter les desseins ambitieux de quelques-uns de ses chefs, et le clergé, encore trop mêlé aux évolutions politiques locales, ont pesé sensiblement, en j)lus d'une circonstance, sur les destinées de l'Espagne. Celle-ci dans une guerre récente

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