DE GRISOU. LE MAUVAIS AIR
Les quatre ennemis du houilleur. — Tirage à la poudre. — Précautions prises contre les accidents. — Incendies des houillères. — Moyens employés pour les combattre. Phénomènes dus au feu souterrain. — Le grisou et ses ejplosions. — Catastrophes de Méons, de Merthyr-Tydvil. — Les lampes éternelles. — Le pénitent ou canonnier. — La lampe de Davy. — Les gaz viciés. — L’aérage des mines. — Appareils respiratoires.
Nous n’avons assisté encore qu’au commencement de la lutte. On a vu ce que coûtait une houillère de capital et de travail; il faut dire ce qu’elle coûte de vies d’hommes, et montrer à quel prix revient parfois un morceau de charbon. Ce n’est pas sans raison que l’art des mines emprunte à l’art de la guerre quelques-unes de scs expressions; qu’on appelle du nom de campagne une année d’exploitation, du nom de postes les divers ateliers souterrains, du nom de brigade ou d’escouade une compagnie de mineurs. Ne dit-on pas qu’on attaque la houille, et la mine elle-même n’est-elle pas le champ de bataille du houilleur? N’est-ce pas là qu’aux prises avec tous les dangers il les combat pour ainsi dire pied à pied? Les quatre éléments des anciens, le feu, l’air, la terre, l’eau,
sont conjurés contre lui. Le feu le menace dans les coups de mine, les incendies du charbon, les explosions du grisou ; l’air, en se raréfiant ou mêlant à des substances méphitiques, détonantes ; la terre, dans les éboulcments ; l’eau, dans les inondations. Le houilleur oppose à tous ces ennemis, souvent invisibles, ce calme stoïque, ce courage à toute épreuve, cette science pratique qui font les vaillants et habiles mineurs. Et le soldat des souterrains est d'autant plus méritoire, que ni la certitude d’un avancement, ni l’espoir d'nne récompense honorifique ne le guident dans cette lutte à outrance où il dispute à chaque instant sa vie. 11 n’a que lu satisfaction d’obéir à la discipline, et de remplir fidèlement son devoir.
Le feu est peut-être le plus terrible de tous les ennemis du bouilleur, et c’est d’abord dans le tirage des coups de mine qu’il faut se gurer de ses atteintes. Ou sait comment s’exécute le travail à la poudre1. L’ouvrier tient de la main gauche la barre à mine ou fleuret (fig. 00), appuyée contre le roc, et de l’autre main le marteau appelé massette (fig. (il). Quand le travail exige des trous de grande dimension, un
1. La poudre, appliquée au jet dee projectiles de guerru dès le jour de sou invenlion, ne l’a été que bien des siècles après à l’abatage des roches. C’est à partir du dix-septième siècle seulement que les mineurs ont commencé à en faire usage. L’application la plus utile est venue la dernière et fort tard. Cet emploi de la poudre a donné à l’exploitation des mines un très-grand développement tant en Europe qu’en Amérique.
La poudre a été aussi partout introduite dans le travail des carrières. Depuis une vingtaine d’années, dans l’exploitation des marbres, dans l’extraction des pierres à bâtir calcaires, on prépare même, avec des acides qui rongent la roche, des chambres ou fourneaux qu’on remplit de quantités considérables de poudre, et l'on soulève ainsi surleurs fondements des collines entières. Plus récemment, l'emploi d’uno huile détonante, la nitro-glycérine, omployée concurremment avec la poudre et dans toute espèce de carrière, a permis de faire sauter h la fois jusqu’à cent mètres cubes de roches. La nilro-glycérine, parton inflammation, développe un volume de gaz qui est jusqu’à huit fois celui qu'engendre la poudre. Mais ce sont là des opérations extérieures et différentes du travail des mines proprement dit.
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soûl mineur ne suffit plus. Alors uu ouvrier accroupi tient la barre entre les deux mains, un autre, debout, manœuvre la masse (fig. i8). H y a quelquefois deux frappeurs, battant alternativement sur la tête de l’outil, comme les forgerons sur l’enclume dans les travaux de grosse forge.
Le trou se creuse peu à peu. De temps en temps, on l’humecte pour prévenir réchauffement de l'acier, et
Pig. 60. — Fleurets de mineur de différents modèles.
Fig. 61. — Marteaux ou massettes de mineur.
AT. B. Tous ces outils et les suivants sont représentés au dixième de leurs dimensions.
ugglomérer les poussières. On le nettoie avec la curette (fig. (52). Plus d’une fois on a changé les fleurets qui se détrempent et s’émoussent vite1.
Quand le trou a atteint la longueur voulue, on le sèche
1 . On creuse quelquefois les trous de mine par des moyens mécaniques, soit avec des perforateurs manœuvré» à bras, soit avec des trépans mus par des machines, comme dans le percement des Alpes. On a aussi imaginé d’armer le bout des barres à mine de pointes de diamant noir, pour forer les roches les plus dures. En Angleterre, un outil automatique, appelé l'Homme de fer (iron-man), sert depuis quelque temps à l’abatage de la houille. Enfin, aux Etats-Unis, on enlève mécaniquement la roche, sans poudre, sur le front des galeries, au moyen do ciseaux circulaires.
avec de vieux chiffons fixés dans la boutonnière de la curette, puis ou procède au chargement. Pour cela on descend une cartouche au fond du trou. La cartouche est préparée d’avance, et la quantité de poudre employée dépend de la nature de la roche et de reflet à produire. On bourre avec de la glaise, de la brique pilée ou de la terre prise dans la mine. Une barre ronde eu fer,
Fig. 62. — Curettes pour nettoyer les trous de mine.
Fig. ta. — Dourroir pour enfoncer la cartouche et la terre.
Fig. 64. — Epinglettes pour piquer la car* louche.
le bourroir, joue le rôle de la baguette dans les fusils (fig. 63). Avec Yépinglette (fig. (il), sorte de broche terminée eu pointe, on pique en môme temps la cartouche. L’épinglette, appliquée pendant le bourrage contre la paroi du trou, y ménage un canal le long duquel on dispose une série de petits tuyaux ou cannettes, en paille ou en papier, enduits de poudre et terminés par une mèche soufrée.
C’est toujours un beau spectacle que celui d’un chantier où l'on allume les mines. Pour perdre le moins de temps possible, on amorce tous les coups à la fois. A un
signal donné par le chef de poste on met le feu, puis chacun se retire au plus vite. Les coups partent à des distances rapprochées ; l’air est chassé au loin ; les masses cèdent, se fissurent; des éclats de roche sont projetés ça et là, et tous les échos de la mine se renvoient le bruit de l’explosion. C’est une véritable canonnade. Une fumée épaisse et blanche, à l’odeur nauséabonde, des gaz délétères résultant de In combustion du soufre, du charbon, du salpêtre, remplissent le chautier et ne se dissipent que peu à peu. Bientôt les hommes retournent à leur ouvrage , et interrogent le roc avec le marteau, pour juger des effets produits par l’explosion.
Quand un coup de mine ne part pas, ce n'est qu’avec la plus grande précaution et après un délai suffisant que le mineur doit se rapprocher. On a vu des mines n’éclater que dix minutes après qu’on y avait mis le feu. Que d’accidents sont survenus par suite d’une trop grande hâte de l'ouvrier, pressé de retourner à son poste et de débourrer le trou.
Les accidents par coups de mine reconnaissent aussi d’autres causes : au lieu d'employer des cartouches, on verse quelquefois directement la poudre au fond du trou, sous prétexte qu’elle agira mieux. Elle s’éparpille le long des parois. Or, dans lu manœuvre du bourroir ou de l’épinglette, une étincelle peut se produire par le frottement du fer contre des matières siliceuses, absolument comme dans le choc du briquet. Cette étincelle se communique à la poudre, et la mine éclate à la face du mineur, qui reste aveuglé, défiguré, s’il n’est pas tué sur le coup (fig. 65).
Pour prévenir ces accidents, on a eu l’idée de faire les bourroirs et l’épinglette en bronze ; mais il a été démontré que le bronze , frottant vivement contre le
H#, tiâ. — Le cuu|i de mine.
roc dur, dégage des étincelles comme le fer. L’épinglette, retirée trop brusquement, peut d’ailleurs échauffer l’air comprimé dans le trou jusqu’à enflammer la poudre. Ici c’est le phénomène hicn connu du briquet à air qui se produit. Pour ces raisons on emploie maintenant sur beaucoup de houillères des bourroirs en bois. Quant à l’épinglette, aux canuettes, aux mèches soufrées, qui sont cause aussi de nombreux accidents, on y a renoncé, pour faire usage des mèches goudronnées ou fusées de sûreté anglaises ( safety fuses). Elles se composent d’une petite corde en chanvre, imbibée de goudron, que l’on monte sur la cartouche et qu’on coupe à la longueur voulue. La partie centrale en est remplie pnr une traînée de poudre. Ces fusées brûlent lentement et permettent au mineur de s’éloigner en toute sécurité. Leur défaut est de se tordre, de se rompre même , pendant le bourrage. Enfin, comme elles font corps avec la terre tassée dans le trou, une fois allumées il n’est plus possible de les retirer, ce qui peut occasionner de trèsgraves accidents. Un jour, à Rivc-de-Gier, au fond d’un puits en creusement, les ouvriers avaient mis le feu à la mine et donnaient le signal de la montée. Au départ, le cheval qui, à la surface, conduit le manège, s’embarrasse dans les traits et tombe. Les mineurs appellent, pas de réponse. Un d’eux saute bravement à bas de la benne, et arrache la mèche soufrée ; si .c'eût été une fusée anglaise, il n’eût pas été possible de le faire, et un effroyable accident aurait eu lieu.
C’est toujours au fond des puits que le tirage à la poudre offre le plus de dangers. Les ouvriers ne peuvent prévenir au dehors qu’après avoir allumé la mine, et il faut qu’on les remonte en toute hâte, nu moins jusqu’à une certaine hauteur. Les chevaux qui tournent le treuil com-
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prennent bien ce signal ; au premier son de cloche, les bonnes bêtes s’élancent à fond de train.
Pour mettre le feu aux mines dans le fonçage des puits on a imaginé des batteries électriques. Je les ai vu employer sur quelques houillères, notamment sur celle de Montsalson, près Saint-Etienne, eu 1852, au puits Imbert alors en creusement. On peut de cette façon n’allumer la mine qu’au moment précis et de la bouche même du puits. Les courants traversent chacun un conducteur en fil métallique qui aboutit dans la cartouche ; l’étincelle électrique met le feu à la poudre. Ce système ne fonctionne pas toujours, et ne permet d’ailleurs défaire partir qu’une seule mine à la fois.
La poudre étant l’annexe obligée de tous les travaux de mines, il était intéressant de chercher à lui substituer son analogue, le fulmi-eoton ; mais celte nouvelle matière, qui n’a jusqu’à présent réussi ni pour les armes de chasse ni pour celles de guerre, ne s’est pas mieux comportée avec les roches. Cela est d’autant plus fâcheux que son emploi dans les mines eût prévenu bien des accidents.
Ce n’est pas seulement dans le tirage à la poudre que le feu menace les mineurs. Des incendies spontanés s'allument nussi dans les houillères, produits par la décomposition du charbon. Quand les houilles menues sont laissées dans la mine (et l’on u vu que c’était autrefois le cas dans la méthode d’exploitation paréboulement), elles ne tordent pas à fermenter, surtout dans un air humide et chaud. Cette décomposition chimique est accompagnée d’un grand dégagement de chaleur. Bientôt le charbon s’enflamme et l’incendie, trouvant là un aliment naturel, se propage sur une grande étendue.
A ces atteintes du feu on oppose des barrages ou
corrois en argile qui limitent le cfiamp du désastre. Si la construction est faite soigneusement, peu à peu le feu privé d’air s’éteint. Pendant un certain temps une température plus que sénégalienne, 50 à 00 degrés du thermomètre centigrade, se fait sentir dans ces parages de la mine. L’ouvrier ne résiste à cette énorme chaleur qu’en travaillant tout nu, ce qui n’inquiète la pudeur de personne, car les dames ne vont guère sous terre, surtout en de tels endroits. Espérons que si les épreuves de ce monde comptent pour quelque chose dans l’autre, les pauvres houilleurs tourmentés ici-bas par le feu iront droit en paradis.
Les barrages que les mineurs opposent au feu sont un de leurs travaux les plus pénibles. Obligés de séjourner dans un air impur et à une température excessive, ils peuvent tomber asphyxiés. En tenant sous les narines et sur la bouche un linge imbibé d’eau de chaux ou d’ammoniaque, on neutralise en partie les effets des gaz méphitiques. Les postes sont d’ailleurs de très-courte durée.
On a proposé, pour éteindre les incendies des houillères, l’emploi de la vapeur d'eau et de l’acide carbonique. Ce dernier gaz serait produit par la combustion d’une masse de coke et projeté sur la partie en feu, qui recevant alors de l’air privé de son élément comburant s’éteindrait d’elle-même. La vapeur d’eau agit semblablement comme un gaz inerte. Ces moyens ont été employés victorieusement dans les mines anglaises. On pourrait user aussi de l’extincteur, appareil depuis peu inventé, et qui permet de luncer sur une masse incandescente de l’eau chargée d’acide carbonique à une très-forte pression, une véritable eau de Seltz. Un ouvrier porte l’appareil sur son dos, et projette l’eau gazeuse au moyen d’une lance à incendie (lig. Gti).
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Quand le feu atteint les proportions qu’il prend d’habitude, tous ces moyens sont impuissants, et il faut faire, comme on dit, la part du lieu. En Angleterre on a dû bouclier entièrement et pendant fort longtemps certaines mines. D’ordinaire il suffit de construire ces murs ou barrages en argile, ces corrois dont il a été parlé. L’incendie dure souvent encore plusieurs années, et il y a des mines où, après vingt et trente ans, les ouvriers sont toujours obligés de travailler tout nus au voisinage des corrois.
Il est quelquefois arrivé que les barrages eux-mêmes étaient insuffisants. En ce cas ou a dû recourir uux mesures extrêmes de salut, en inondant les travaux. Une mine près de Charleroi a été ainsi submergée en 1851. Ou a détourné dans l’intérieur les eaux de la Sambre; l’inondation a duré trois mois. Dans la Grande-Bretagne on a de la même façon dompté sur quelques mines des incendies qui duraient depuis nombre d’années, et rendaient les chantiers inaccessibles. Dans ce pays on préfère toutefois, comme il a été dit, fermer hermétiquement les houillères en feu, et attendre patiemment que l’heure revienne de reprendre l’exploitation.
On n’attaque pas toujours les incendies par des mesures aussi radicales. Souvent on les laisse brûler, sauf à dresser contre eux des barrages. 11 est de ces feux souterrains qui sont en activité depuis des siècles. Quand la communication uvec l’air extérieur n’est pas entièrement fermée (et il suffit pour cela de quelques fissures invisibles), alors l’élément destructeur promène à souhait ses ravages. Il brûle en partie le charbon et le transforme en coke : il en fait presque du diamant, moins la transparence, lu cristallisation, et les cendres qui restent. 11 calcine les grès, les schistes avoisinants, en change la couleur qui passe au
Fig. 66. — Emploi do l'extincteur contre les incendies de houillères.
rouge, eu modifie la composition. Au Brulé , près de Saint- Étienne, il y a une houillère qui est en feu de temps immémorial. Le sol, à la surface, est stérile, calciné;, des vapeurs chaudes s’en échappent; la fleur de soufre, des produits de nature diverse, de l’alun, du sel ammoniac s’y déposent : on dirait un coin des villes maudites consumées jadis par les feux de la terre et du ciel.
On cite en France d’autres houillères embrasées, par exemple celles de Decazeville dans l’Aveyron et de Commentry dans l’Ailier. Les habitants ont même longtemps maintenu ces incendies pour exploiter les sels alumineux qui se dégagent de la houille, et se déposent à la surface du sol en efflorescences blanchâtres.
Dans le bassin carbonifère de $arrebruck, dans celui de Silésie, il existe également des houillères depuis trèslongtemps en feu. En Belgique, entre Namur et Charleroi, au lieu dit Fnlizolle, l’incendie est allumé depuis nombre d’années. On lui attribue une étrange origine. Les habitants, avant la concession de cette partie du terrain houiller, avaient l’habitude d’exploiter le charbon pour leur compte. Ce travail était conduit sans aucune règle. Or il arrivait souvent que, dans leur marche aventureuse, deux houilleurs se rencontraient tout à coup. C’étaient alors d’interminables querelles, qui dégénéraient en rixes sanglantes. Un des moyens le plus volontiers employés pour tenir éloignés les concurrents était de projeter de vieux cuirs sur un ardent brasier, ce qui dégageait une insupportable odeur. Un jour l’incendie se communiqua ainsi à la houille, et depuis lors il u’a plus cessé de brûler. On aperçoit, à travers les fissures de la surface, le feu qui brûle souterrainement. Autour de ces soupiraux le soufre se dépose en traînées d’un jaune citron ; des gaz acides se dégagent : c’est comme un petit Vésuve en miniature.
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En Angleterre, dans le StafFordshire, les incendies des houillères ont produit, comme à Saint-Étienne, des effets d’altération surprenants sur le terrain encaissant la houille. Les grès ont été vitrifiés, des bancs d’argile plastique durcis, changés presque eu porcelaine; les roches cuites par le feu, dilatées, ont été parle retrait découpées en prismes comme les orgues basaltiques.
Aux environs de Dudley, il y avait autrefois une houillère incendiée. Dans les jardins, la neige fondait dès qu’elle touchait terre. On faisait trois récoltes par an; on cultivait même les plantes tropicales; on jouissait comme dans l’ile de Calypso d’un printemps éternel. C’est du reste à peu près de même façon qu’on obtient des primeurs en plein hiver, dans quelques jardins autour de Paris : on y élève artificiellement la température du sol et de l’air ambiant, au moyen de courants d’eau chaude qu'on fait circuler sous terre dans des conduits.
Dans une autre houillère du Staffordshire, dont l’incendie datait de plusieurs siècles, et que les habitants désignaient sous le nom de Burning-hill ou Colline brûlée, on avait remarqué, comme à Dudley, que la neige fondait en arrivant sur le sol, et que les prés étaient tapissés d’une herbe toujours verte. Des gens du pays eurent l’idée d’installer sur ce point une école d’horticulture. Ils firent venir à grands frais des plantes coloniales, et les cultivèrent dans cette espèce de serre en plein vent. Un beau jour l’incendie se déplaça, le sol reprit su température normale, les plantes tropicales s’étiolèrent, et l’école d’horticulture dut porter ailleurs ses jardins.
Les incendies souterrains n’inquiètent le mineur que parles gaz méphitiques qu'ils dégagent, et la haute température qu’ils occasionnent dans les chantiers. Il n’en est pas de même des incendies allumés par le gaz détonant des
houillères, cette combinaison d’hydrogène et de carbone, ce frère du gaz d’éclairage, que les mineurs belges et français ont appelé le grisou, d’autres le feu grisou ou sauvage, et les Anglais \e. gaz fui minant'. Ici il se produit une explosion terrible, foudroyante, qui enlève des centaines d’hommes à la fois.
Il n’est pas de météore, quelque terrible qu’on le suppose, qui puisse être comparé à une inflammation de grisou. Que l’on imagine un de ces fléaux du ciel qui semblent avoir été inventés par la nature pour le châtiment des humains, un coup de foudre, un ouragan, un cyclone, une trombe, brûlant, renversant, détruisant tout sur leur passuge, et l’on sera encore au-dessous des effets que peut produire une explosion du gaz des mines. Un coup de canon chargé à mitraille et tiré à bout portant sur une compagnie; une poudrière prenant feu nu milieu d’un corps d’artificiers; uu gazomètre éclatant dnns une usine, peuvent donner à peine une idéed’une inflammation de grisou surprenant tout à coup les mineurs.
A peine le gaz est-il au contact de la flamme d’une lampe, qu’une détonation épouvantable a lieu. C’est l'effet de la combinaison de chacun des éléments du grisou, l’hydrogène et le carbone, avec l’oxygène de l’air. Les deux corps se désassocient pour se porter tous deux sur l’oxygène, avec lequel ils ont une grande affinité. Le double phénomène n’a lieu qu’à une haute température ; sans la flamme d’une lampe, il ne s’opérerait pas. La réaction se fait comme par un coup de tonnerre. L’explosion se propage instantanément dans toutes les galeries de la mine , elle renverse les chariots, les barrages, remonte jusque
I. Anciennement on disait en Belgique feu brisou ou feu grilleux, de là sera venu grisou par corruption. Brisou et grilleux expriment très-bien les effets du gaz explosif qui brise et brûle h la fois.
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dans les puits, et soulève sur leurs fondations les charpentes (jui en couronnent l’orifice.
Les hommes sont aveuglés, jetés par terre, calcinés (fig. 67). Souvent leurs hahits prennent l’eu. Quand ou essaye de voler à leur secours, il n’est plus temps : ce ne sont plus que des cadavres à peine reconnaissables. Que les chantiers occupent cent, deux cents mineurs, le fléau ne respecte personne; la mort s’étend sur toute la partie de la mine où régnait le gaz, où l’explosion a eu lieu.
Les portes d’air sont abattues, l’aérage de la mine est interverti, l’atmosphère souterraine viciée par la combustion du grisou. La vapeur d’eau, l’acide carbonique, ont rempli les chantiers. Quelquefois la température s’élève si haut que le charbon est transformé en coke sur les parois des galeries, et la commotion est si violente que les barrages opposés à l’eau et au feu, les muraillements élevés contre la poussée du terrain, sont eux-mêmes renversés. Alors à une scène de désolation déjà indescriptible se mêlent l'inondation, l’éboulement, l’incendie, quand l’explosion n’a fait déjà que trop de victimes! Voulez-vous un surcroît à tant d’horreurs? Le mauvais air se répand dans la mine et l’asphyxie achève ceux auxquels le coup de feu avait laissé un reste de vie. Et ne croyez pas le tableau chargé à plaisir. En 1812, une explosion terrible eut lieu dans une houillère près de Liège. Soixante-huit mineurs qui avaient échappé à la commotion du grisou furent étouffés par les gaz résultant de la combustion. A Jemmapes, en 1860, neuf ouvriers, au bruit d’une explosion qui avait éclaté à quelque distance du chantier où ils travaillaient, tentent de s’échapper par le puits aux échelles; ils y sont atteints par les gaz développés par l’inflammation du grisou, et tombent morts asphyxiés.
Où prendrai-je un exemple entre mille pour donner à
L'explosion du grisou.
ceux qui n’ont jamais vécu près des houillères un véridique récit du plus terrible des accidents de mine? Je choisirai au hasard parmi toutes les navrantes histoires qu'on ruconte dans les houillères françaises. En 1835,1a mine de Méons, près de Saint-Etienne, fut le théâtre d une épouvantable explosion. C’était la nuit. Le maître mineur et trois hommes venaient de descendre dans la mine, où se trouvait déjà le palefrenier soignant les chevaux, et les charpentiers qui réparaient les boisages. Tout à coup une effroyable détonation retentit. La maçonnerie entourant la margelle du puits faite de grosses pierres de taille, lacharpente supportant les poulies, tout est projeté au loin, jusqu’à cent mètres de l’oritice. Les bennes elles-mêmes et les câbles ont été remontés du fond par l’ouragan dévastateur et lancés dans l'espace. L’ingénieur arrive effrayé ; il croit à une explosion des chaudières : c’est une explosion du feu grisou! Un sauvetage est promptement organisé. On descend par la fendue, mais les lampes s’éteignent dans les galeries; la mine est pleine de fumée, de mauvais air. Les sauveteurs tombent asphyxiés, deux sont morts.
On établit une ambulance à l’entrée de la mine, et l’on redescend. Les houilleurs, quand il fautarracher descamarades au péril, se sacrifieraient jusqu’au dernier. On cherche toute la nuit, à tâtons, car les lampes n’éclairent pas. A dix heures du matin on n’a encore retiré aucune des victimes. Nombre de sauveteurs asphyxiés remplissent l’ambulance.
Une foule inquiète, les familles des mineurs, se pressent à l’orifice de la mine. Une femme se fait remarquer par l’expression de sa vive douleur; elle est jeune, belle ; elle porte un enfant à son sein ; de grosses larmes tombent de ses yeux. C’est la femme du maître mineur. Elle demande comme une faveur suprême d’entrer dans la mine pour y retrouver son mari ; mais il n’est permis à aucune femme
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de pénétrer dans les travaux. Elle attend anxieuse au dehors.
Cependant on retourne dans l’intérieur. Les boisages détruits, les éboulements de charbon forment le plus désolant spectacle. De temps à autre on entend tomber encore des blocs de houille, qui se détachent des parois. Les charpentiers qui réparaient les étais ont été écrasés. A l’écurie, on trouve tous les chevaux asphyxiés (il y en avait six), et le palefrenier mort avec eux, couché dans la crèche, semblant dormir; le foin incendié, brûlant encore. On découvre enfin un des hommes descendus avec le maître mineur : il est vivant! Emporté par l’ouragan au fond d'une galerie, il avait été horriblement brûlé, presque aveuglé. Les éboulements lui fermaient la retraite, il n’avait pas de lumière, il n’osait pas bouger. N’entendant plus aucun bruit depuis quinze heures, n’espérant plus revoir le jour, il attendait la mort patiemment. Il se consolait en songeant, ce sont ses propres expressions, « que sa femme et ses enfants seraient pensionnés par la caisse; de secours de la mine. »
Après ce premier sauvetage, un autre ouvrier est bientôt retrouvé, presque enseveli sous des décombres, mais vivant aussi. 11 avait été, comme ses camarades, entraîné au loin par l’explosion, roulé par terre. Il avait vu passer sur lui un fleuve de feu, et, pour se garantir, s’était appliqué les mains sur les yeux. Elles étaient affreusement meurtries et il était devenu aveugle !
A sept heures du soir on découvrit enfin le maître mineur et le troisième ouvrier, défigurés, carbonisés, à une grande distance l’un de l’autre. Leurs chapeaux, leurs lampes avaient été le jouet du tourbillon.
Longtemps cette mémorable catastrophe inspira une sorte de terreur superstitieuse aux mineurs du pays. On ne
l.cs Jlllli'i ilx- ('ll.'U'lion
descendit plus dans les chantiers sans des lampes de sûreté, sans implorer ln protection divine et se recommander à sainte Barbe, la patronne des mineurs, dont la stutuc fut solennellement installée à l’entrée de la principale galerie.
La femme du maître mineur devint folle de désespoir. Sa folie fut douce comme elle, et elle allait errant par les villages, demandant aux passants le chemin d'un pays lointain où elle devait retrouver le père de ses enfants. Trois mois elle vécut ainsi, puis mourut. Son souvenir s’est conservé dans le pays comme celui d’un type légendaire, et si vous allez à Saint-Étienne, les vieux houilleurs vous raconteront l’histoire de Marie, la femme du maître mineur de Méons'.
Faut-il ajouter d’autres narrations à celle-là? Faut-il donner d’autres exemples? Ou en trouve partout. Chaque houillère a été frappée à son tour, et c’est toujours le même martyrologe. Dans la Loire, il y a seize ans, j’ai été témoin de quelques-uns de ces désastres, où pas une victime n’a échappé, où l’explosion s’est fait entendre jusqu’à la surface et y a jeté l’épouvante; mais je puis citer des faits plus récents.
En 1861, dans une des houillères de Merthyr-Tvdvil (pays de Galles), une explosion cause 1a mort de quarantesept mineurs. En décembre 1865, le gaz s’enllumme de nouveau dans ces souterrains : quarante ouvriers y sont occupés, trente-deux sont tués sur le coup. Parmi ceux qui travaillent aux chantiers voisins, vingt-deux sont daugereusemeut blessés par la répercussion du choc.
Seuls entre les huit ouvriers échappés à la mort sur le
1. M. le docteur Riembault, dans son excellent ouvrage sur l' Hygiène des ouvriers mineurs, a donné dans tous ses détails, et d’après les notes mêmes de l’ingénieur qui dirigeait alors la houillère de Méons, le récit du lamentable événement que nous n'avons fait que résumer.
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point où avait commencé l’accident, les deux frères John et Thomas Hall purent donner quelques détails. L’aîné, John, était occupé à l’une des extrémités du chantier, quand un commencement d’explosion se fit entendre. 11 se précipita vers son frère qui travaillait à quelque distance, mais un second coup plus terrible que le premier les renversa tous deux. Us reprirent peu à peu connaissance et parvinrent à se relever. L’air était lourd, brûlant ; ils ne respiraient qu’avec peine. John , se rappelant qu’il avait son bidon de thé, en lava le visage de son frère et le sien.
Ces ablutions ranimèrent peu à peu les deux mineurs. Se soutenant l’un l’autre, ils essayèrent de gagner l’entrée de la mine. Ils allaient à tâtons, marchant sur le corps de leurs camarades dont quelques-uns poussaient des cris déchirants, tandis que tous les autres étaient déjà glacés par la mort. Après mille difficultés, ces deux hommes parvinrent à donner l’alarme au dehors.
Ou descendit dans la mine, et à la lueur des lampes un spectacle navrant s’offrit aux regards: trente-huit corps gisaient à terre, six respirant encore, les autres sans vie. Dans les galeries voisines, vingt-deux ouvriers grièvement atteints. On sortit les blessés et les morts, péniblement, lentement, comme on peut faire dans une mine. A l’orifice du puits, ce fut alors le désolant tableau qui se présente toujours eu pareil cas. Des femmes, des vieillards, des enfants, éplorés, cherchant un mari, un fils, un père. Quelle joie pour ceux qui revoyaient les leurs eu vie, bien que blessés; quelle douleur pour ceux qui ne retrouvaient plus qu’un cadavre, quand ils pouvaient le reconnaître 1 !
1. Il est rare que les raines anglaises n’aient pas à déplorer chaque année quelque calastrophe du même genre. On connait les terribles explosions de llarnsley (Stalïordshire), qui frappèrent coup sur coup cette houillère en décembre 1866, et coûtèrent la tic à quatre cents mineurs.
Avant l’invention de la lampe de sûreté de Davy, dont la disposition et l’emploi seront bientôt expliqués, le grisou était la grande plaie des houillères, et bien des mines restaient inexploitées, inabordables, à cause de lu présence de cet invincible ennemi. Comme on ne pouvait se servir de lampes ordinaires, on avait imaginé d'éclairer les chantiers au moyeu d’une roue d’acier tournant contre une pierre à fusil : c’était le rouet des mineurs ; ou bien, quand le grisou était très-abondant, et se dégageait de points reconnus, on allumait le gaz une fois pour toutes. Ou obtenait ainsi une véritable fontaine de feu, et l’on appelait ces becs de gaz naturels des lampes éternelles. On cite dans le bassin de Newcastle une de ces lampes qui a brûlé dixneuf ans. Le gaz, recueilli dans des tuyuux, avait été amené au dehors, où on l’avait enflammé.
Sur d’autres houillères, on allumait chaque nuit le grisou. En France, à Rivc-de-Gicr, ou se rappelle encore le temps où un homme, courageux entre tous, venait tous les soirs enflammer le gaz dans la mine, en provoquer l’explosion, pour que les chantiers fussent de nouveau accessibles le lendemain. Roulé dans une couverture de laine ou de cuir, la figure protégée par un masque, la tète couverte d’un capuchon analogue à la cagoule des moines, il rampait sur le sol pour se tenir autant que possible dans la couche d’air respirable, car le grisou, plus léger que l’air, monte toujours au sommet des galeries. 11 tenait d’une main un long bâton, au bout duquel était une chandelle allumée. Et il allait seul, perdu dans ce dédale empoisonné, provoquant les explosions par l’approche de sa lampe, et décomposant ainsi le gaz pernicieux. On l'appelait le pénitent, à cause de la ressemblance de son costume avec celui des ordres religieux (fig. CH), et ce mot semblait en même temps dicté par une dérision amère, car souvent le pénitent, victime sacri-
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fiée d’avance, ne revenait pas, emporté par l’explosion. Sur d’autres mines, on nommait ce brave houilleur le canonnier. Quand le grisou le tuait sur place, on disait que le canonnier était mort à sou poste, au champ d'honneur, et c’était là toute son oraison funèbre. Le même ouvrier portail dans les mines anglaises le nom expressif de jiremnn ou l’homme du feu.
Tels étaient les moyens plus ou moins efficaces employés dans les houillères pour combattre le grisou, quand eut lieu l’invention de la lampe de sûreté. I)avy, habile chimiste, dont l’Angleterre ne saurait trop s’enorgueillir, avait remarqué qu’un treillis métallique à fils trè3-serrés, interposé dans la flamme d'une lampe, ne se laissait pas traverser. Toute la chaleur est en ce cas employée à échauffer le métal , bon conducteur du calorique, comme disent les physiciens, et la flamme ne conserve pas assez de chaleur pour brûler au delà du treillis (fig. fiO). Cette expérience, qui semble insignifiante en elle-même, fut pour Davy comme une révélation. On était en 1817. On s’entretenait alors beaucoup en Angleterre des explosions de grisou, et de l’arrêt fatal qu’elles apportaient à l’exploitation des mines de charbon. «J’entourerai la chandelle des houilleurs d’un treillis métallique, se dit Davy; la flamme ne passera pas au travers. Prisonnière dans sa cage, elle ne communiquera pas avec le gaz, et les explosions n’auront pas lieu. S’il y en a, ce ne seront que de petites explosions partielles, au contact de la flamme, mais elles ne pourront pas se propager. » L’expérience confirma toutes les prévisions du grand chimiste, et l’humanité doit acclamer son nom comme celui d’un de ses plus grands bienfaiteurs'.
1. 11 est juste de dire que Georges Slepheuson dispute à Davy la priorité de l'invention. Les mineurs de Newcastle appellent même la lampe de sûreté
Le pgnilenf cuflammant le grisou,
Ce n'est pas seulement aux houillères à grisou que la lampe de sûreté a été profitable. Elle permet encore d’aborder, de visiter sans crainte les égouts, les cales de navires, toutes les enceintes fermées où des gaz explosifs se produisent ou se sont accumulés'. Par la sécurité, par la préservation qu’elle assure, elle justifie son nom, et l'on
Fig. 69. — La pre- Fig. 70. Fig. 71.
mière lampe de
Davy. Lampes de sûreté anglaises.
pourrait l’appeler aussi la lampe merveilleuse , comme la lampe d’Aladin.
La plupart des inventions offrent dans l’origine un côté
du surnom qu'ils ont donné & Stcphenson, un George y; mais Davy se recommande par d’autres titres au souvenir de la postérité. Le premier il a décomposé l’eau au moyen de la pilo de Volta, et isolé de leurs combinaisons les métaux alcalins et terreux, le potassium, le sodium, le magnésium, etc. Aussi le grand prix de 3000 francs, fondé par Napoléon pour la meilleure expérience sur le fluide galvanique, lui fut-il décerné en 1808, bien que la France fut alors en guerre avec l’Angleterre.
1. Dans les ingénieuses machines à vapeurs combinées de M. du Tremblay, où la vapeur d’eau, en se condonsant, vaporise l’éther qui sert & son tour de moteur, la lampe de sûreté a prévenu les explosions que les fuites d’étber eussent pu occasionner dans la chambre des machines.
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défectueux. Ainsi l’on a reproché à la lampe de Davy (fig- 71) de ne donner qu’une clarté pâle, douteuse, et souvent, si le tirage de l'air est vif dans lu mine, de permettre à la flamme de traverser le treillis. On a donc imaginé
d’entourer la flamme d’un tube de cristal , réservant le treillis pour la partie supérieure de la lampe (fig.
73). D’autres inventeurs sont venus qui ont répudié entièrement la cage métallique, et n’ont plus construit qu’une lnmpc à tube de cristal, dont le contour est protégé par quelques gros fils de fer pour empêcher le verre de se rompre, et dont le bout resté libre est fermé par une rondelle à treillis (fig. 70 et 72). Il ne m’appartient pas de décrire ici tous ces systèmes. En France, en Angleterre, on est resté fidèle à la lampe de Davy; en Belgique, on emploie de préférence la lampe à tube de cristal, dite de Muescler (fig. 73). Celle de Dumesnil est appliquée aux éclairages fixes (fig. 72). M. Dubrulle, lampiste à Lille, a heureusement modifié les lampes Davy et Mueseler (fig. 74, 76, 77). Quel que soit d’ailleurs le système adopté, les lampes doivent être construites de telle sorte qu’elles s’éteignent si le mineur veut les ouvrir, ou même qu’il ne puisse les