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Bulletin Je la Société de l'Industrie minérale, t. V

Les Mines de Charbon Carie XIII

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donnent leurs noms. Les efforts redoublent, mais comme par une espèce de fatulité, le charbon devient plus dur. Le mardi, le travail se continue à outrance. L’air manque, la chaleur est intolérable. Les piqueurs d’élite sont au front de taille, sapant la houille avec rage. Les prisonniers ne cessent de se faire entendre. Enfin, le même jour, à minuit, une des descenderies atteint le refuge où gisent les prisonniers Deux sont encore en vie; le plus jeune tout ému sanglote, l’autre est en proie à la fièvre; le troisième, âgé, asthmatique, n’a pu soutenir jusqu’au bout cette pénible épreuve; il est mort non loin de ses compagnons. On trouve son cadavre au bas de la galerie en cul-de-sac où les trois houilleurs avaient cherché un abri.

Enveloppés dans des couvertures chaudes, réconfortés par un cordial, couchés sur des lits, les deux ouvriers sauvés furent conduits doucement à l’hôpital de la mine, où ils reçurent les soins du médecin. Le lendemain leur état était déjà satisfaisant.

Les travaux de sauvetage avaient duré sans discontinuer du samedi soir 12 octobre, à six heures, jusqu’au mardi Vô octobre, à minuit; c’est-à-dire, soixante-dixhuit heures. En calculant le cube de roche extrait, ou l’avancement d’un des chantiers, qui n’a pas été une minute interrompu, on trouve qu’il aurait fallu un mois, dans des circonstances ordinaires, pour faire tout le travail qui a été exécuté en trois jours. Ce simple calcul donne la mesure de l’activité, de l’énergie qui a été déployée, et de la discipline qui n’a cessé de régner dans cette difficile opération.

On a recueilli de la bouche même des deux houilleurs sauvés, les détails les plus précis sur les circonstances qui ont marqué leur captivité. Ils travaillaient à un chantier d’abatage, quand ils entendirent arriver les eaux. Us s’en-

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fuireut au sommet de la galerie où ou les a retrouvés. Le lieu est étroit, très-iucliné, glissant. Avec leurs mains et le crochet de leurs lampes, ils creusent dans le schiste une petite place pour s’asseoir. L’eau baigne leurs pieds, et ils sont comme dans une cloche dont l’air est soumis à une très-forte pression1. Ils ressentent des bourdonnements d’oreilles, leur voix est assourdie. Les lampes, privées d’huile, se sont éteintes. Ils frappent avec le talon de leurs souliers sur les parois de la galerie pour appeler du secours. C’est le bruit que l’on a entendu, mais seulement quand ils frappaient depuis vingt-quatre heures! Comprenant qu’on venait les sauver, le plus âgé des trois, celui qui ne devait plus revoir la lumière, verse des larmes de joie. Un autre, altéré par la soif, descend dans la galerie plane, ayant de l’eau jusqu’aux aisselles, cherche inutilement un passage àtravers les remblais, puis regagne sa place, guidé par la voix de ses compagnons. Le plus jeune, âgé de dix-sept ans, cède fréquemment au sommeil. Il tomberait à l’eau sans le secours de sou voisin qui le soutient dans ses bras comme un enfant, et l’arraclie ainsi à la mort. Un instant, le bruit du ventilateur des travaux de sauvetage arrive plus distinct à leurs oreilles. Ils croient à une nouvelle irruption des eaux et se découragent. Le vieillard surtout s’agite sans cesse. Épuisé par ses efforts, il perd son point d’appui, glisse sur le plan incliné, tombe dans l’eau et se noie, sans faire un seul mouvement, sans pousser un seul cri. Glacés d’horreur, cloués immobiles à leur place, les deux autres n’osent pas descendre pour tenter de venir à son aide, au moins pour lui relever la tête. Plus tard ils se gardent même d’annoncer ce triste accident au dehors : « Nous sommes trois,»

1. On a calculé que colle pression avait dû atteindre quatre atmosphères, c’est-à-dire qu’elle était quadruple de celle de l’air extérieur.

ont-ils crié. Celui que lu soif dévore se décide cependant à se mouvoir. Il touche au cadavre eu buvant, et bien vite remonte. La fatigue, le mauvais air, cet affreux voisinage, lui donnent le délire. Il dit a son camarade : « Viens, sortons d’ici. » L’autre avait peur et pour faire diversion lui propose de revenir boire; mais celui-ci manque de se noyer : son ami l’aura sauvé deux fois. On heurte encore en passant le cadavre ; désolant spectacle qu’aucune lumière ne vient éclairer!

Cependant les eaux baissaient dans la galerie plane ; mais il y faisait froid. Les deux captifs restent à leur place où l’air est sec et chaud. Enfin on les a rejoints et les brus de leurs camarades les ont ramenés au dehors. Par un phénomène étrange, ces deux hommes avaient perdu la notion du temps ; ils ne croyaient pas être restés plus de vingt-quatre heures dans la mine: ils n’avaient pas eu faim

Tandis que les opérations de sauvetage s’exécutaient sur cette partie de la houillère où l’on venait d’arracher si miraculeusement deux victimes à la mort, on poursuivait d’autres travaux pour pénétrer vers de nouveaux points de l’intérieur. Ou creusait des puits où les mineurs travaillaient attachés à des cordes dans la crainte d’éboulements. En même temps on réparait d’autres ouvrages endommagés par l’inondation, et sur ceux-ci l’on procédait à l’épuisement des eaux. Un de ces anciens puits était en réparation au moment du sinistre. Il eût fallu en temps ordinaire quinze jours au moins pour réinstaller la machine, poser les câbles, etc.; on fait le tout en quatre

1. On cite d’autres exemples de faits pareils. Des mineurs du Ilainaut, au dix-seplième siècle, demeurés vingt-cinq jours captifs dans une remontée, à la suite d’une irruption d’eau, croyaient n’y avoir séjourné que huit ou neuf jours.

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jours : le 1 5 octobre l'épuisement commence, et n’est plus interrompu.

Cependant dans la nuit du 20 au 21, on a rejoint par un trou de sonde une crevasse qui communique avec les travaux souterrains; mois le rocher est fendillé, l’air n’a pu s’accumuler en ce point, et les ouvriers, s’ils s’y sont réfugiés, ont dû périr noyés. Le gaz qui s’échappe par le sondage a une mauvaise odeur; c’est l’air vicié des mines. On appelle, on agite une sonnette, rien ne répond.

On continue à sonder, et à creuser le puits de sauvetage. Le 24 octobre on atteint la profondeur de 1 1 mètres, et par le trou de sonde celle de 25 mètres. Il y a treize jours que l’accident a eu lieu. Tout à coup les ouvriers occupés au fond du puits entendent des cris. Trois hommes sont encore en vie, séparés seulement par des remblais et un vide du terrain du point où l’on travaille. « Nous sommes là depuis fort longtemps, » crient-ils. On se dispute à qui les sauvera. Un des maîtres mineurs présents, attaché à une corde, obtient la faveur insigne de descendre le premier vers eux. 11 rencontre deux hommes qui se cramponnent à lui, le supplliantde les faire sortir. Il lesrassure, les couvre de ses habits. Pendant ce temps les boiscurs consolident le terrain, et bientôt on accourt à la délivrance des captifs.

Restait le troisième prisonnier, un enfant. Ses camarades l’ont enterré dans le charbon pour qu’il eût moins froid. Ils désignent la place. M. l’ingénieur Courroux y vole, sans même prendre de lampe, saisit l’enfant qui l’embrasse et qui pleure. Bientôt les trois nouvelles victimes retirées vivantes de la houillère de Lalle se trouvent réunies aux deux premières dans la même salle de l’hôpital de la mine : touchant voisinage dans la souffrance et dans la guérison.

Comme leurs camarades dont on connaît le dramatique récit, les trois derniers houilleurs sauvés avaient fui devant les eaux dès le premier instant de l’inondation. Trouvant un couloir à remblais obstrué, de désespoir ils y avaient fait une percée. Ils avaient ensuite gravi uu bout de galerie comme dernier refuge. Leurs lampes s’étaient éteintes, ils entendaient l’eau monter, reculaient devant elle. Les éboulements, les ruptures de bois, les explosions dues it Fuir comprimé, tous ces bruits arrivaient distincts à leurs oreilles comme un effroyable vacarme qui semblait leur annoncer les dernières heures qu’ils eussent à vivre. L’un d’eux avait une montre à répétition qu’il fit sonner à plusieurs reprises; elle s’arrêta le samedi matin 12 octobre, à deux heures trois quarts. Ils se tenaient serrés les uns contre les autres pour se réchauffer. Ils entendaient le bruit des tonnes d’épuisement plongeant dans l’eau des deux puits voisins. Ils eurent l’idée de compter par les brefs moments d’interruption les changements de poste, et se firent ainsi une idée très-approchée du temps de leur captivité, qu’ils évaluaient à quinze jours au lieu de treize. Pour assouvir leur faim, ils mangeaient le bois pourri des étais, qu’ils émiettaient dans l’eau ; ils avaient entamé aussi leurs ceintures de cuir ' ; mais ils pouvaient à leur aise étancher leur soif, et cela les soutenait. D’abord l’eau

I. M. Chalmeton, directeur de la mine de Bességes, limitrophe de celle de Lalle, a suivi toutes les péripéties de ce mémorable drame. Il m’écrivait récemment:

« .... J'ai conservé la ceinture en cuir de Tua des ouvriers sauvés ; elle porte encore l’empreinte des dents. Ce pauvre diable en avait mangé une longueur de cinq à six centimètres.

■ Ce serait bien le cas, si vous parlez de cette catastrophe, de dire quelques mots de la lampe électrique de Dumas; elle n’est devenue pratique qu’un an après l’accident, et nous aurait rendu de grands servie, s. Nous aurions pu travailler plus activement dans les galeries, où les lampes à huile brûlaient avec peine. »

Lalampe de M. Dumas est cjllequi est représentée page 187, fig. 78 et 79.

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était montée jusqu’à eux, leur mouillant les pieds. Plus tard le niveau avait baissé, et alors ils avaient imaginé d’attaeher une de leurs bottes à une corde, et de boire à ce seau improvisé.

Voyant les eaux se retirer peu à peu, l’enfant s’était décidé à aller tenter un passage. Nageant, se tenant aux parois, il suit à tâtons la galerie plane d’où se détache la remontée. Bientôt il tombe dans un trou et se retient à un rail. Épuisé, transi de froid, ayant perdu ses effets, il parvient à rejoindre ses camarades. Ceux-ci se couchent près de lui pour le réchauffer, puis l’enterrent dans le charbon menu : on l’a retrouvé dans cette position.

C’est après treize jours de captivité que ces hommes ont été délivrés. La température, la pression et la composition ' de l'air dans lequel ils sont restés emprisonnés étaient favorables à la vie, et de plus ils avaient la faculté d’étancher leur soif. Dans de telles conditions on peut vivre jusqu’à un mois. A quoi ne se prête pas notre pauvre nature quand elle y est forcée et que toute énergie subsiste ! Le puisatier Giraud lui-même, dont j'ai rappelé la désolante histoire, u’a-t-il pas vécu tout ce temps sans eau, presque sans air, pis que cela, dans un air empesté, avec un cadavre couché sur lui!

Il n’y eut que cinq hommes sauvés dans la catastrophe des mines de Lalle. Tous les autres étaient morts, cent cinq ! L’épuisement des eaux par les machines se poursuivit avec ardeur, au milieu de péripéties sans nombre : ruptures de câbles, de roues d’engrenage, etc. Ce ne fut que le 4 janvier 1863 que la houillère fut entièrement vidée : elle avait tenu dans scs flancs jusqu’à deux cents millions de litres d’eau! Dans l’intervalle les cadavres avaient été peu à peu retrouvés, et l’on se figure quel spectacle de désolation présenta l’orifice du puits quand les vie-

times furent extraites. Les parents, les amis se pressaient devant cette sortie lugubre, et cherchaient à distinguer, à deviner un visage connu. N’insistons pas sur ces détails; ils sont navrants. La France entière les a lus jour par jour, dans les feuilles du temps, et elle en garde le souvenir. Reportons plutôt les yeux sur les braves sauveteurs qui tous ont fait leur devoir, depuis les ingénieurs jusqu’aux plus humbles manœuvres. Tout le inonde se disputa une tâche quelque pénible qu’elle put être. Tous les directeurs d’exploitations minérales du Gard accoururent, ou envoyèrent leurs maîtres-mineurs, leurs géomètres, leurs ouvriers, qui tous firent preuve d’un courage et d’une abnégation qui ne se démentirent pas une minute. Le gouvernement a distribué des croix, des médailles; c’est bien : mais une modeste colonne devrait aussi s’élever sur le lieu même de l’accident pour perpétuer la mémoire des malheureuses victimes et des courageux sauveteurs.

Ferai-je à présent le récit d’autres inondations souterraines? il faut, dans tous les cas, rappeler celle qui eut lieu dans une des houillères de Liège, en 1812. L’histoire en est aussi dramatique que celle qu’on vient de lire, et elle est restée gravée dans le souvenir de tous les vieux mineurs.

C’était le 28 février. Une irruption subite des eaux, contenues par des serrements dans de vieux travaux, avait surpris les houilleurs dans la mine de Beaujonc. Quelques-uns purent s’échapper à temps par le puits : d’autres, au nombre de dix-neuf, dans leur précipitation à s’enfuir, se noyèrent; le reste demeura prisonnier. Le rnaîtreporion, Hubert Goffiu, aurait pu monter par la tonne; il ne le voulut point, et retint même son fils, un enfant de douze ans, auprès de lui. Comme le capitaine qui ne doit pas abandonner son navire au moment du péril, il entendit rester dans la mine, montra le plus héroïque dé-

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vouement, la plus noble résignation. « Je sauverai tous mes hommes, dit-il, ou je mourrai avec eux. » Inébranlable à son poste, il encourageait, soutenait chacun, s’étudiait à relever le moral de ceux qui allaient succomber.

Des scènes que la plume a peine à décrire eurent lieu. Deux ouvriers s’étaient pris de querelle, et comme Goffm essayait de les séparer : « Laissez-les battre, dit quelqu’un, nous mangerons celui qui sera vaincu. » Une autre fois le désespoirs’empare de tous ces hommes. Le travail que leur avait fait commencer Goffin pour trouver, s’il étuit possible, une issue au dehors, avant amené des dégagements de grisou : « Ne fermez pas la communication, crièrent-ils à leur chef, portons-y les lampes et faisons-nous sauter, » Quelques mineurs épuisés semblaient près de mourir; leurs camarades, comme ils l’avouèrent plus tard, guettaient l’instant pour se repaître de leurs cadavres.

Toutes les lumpes s’étant éteintes faute d’air, les plus faibles, les plus peureux deviennent fous, se plaignent de ce qu’on veut les faire mourir en les laissant sans nourriture, sans lumière. Ils demandent impérieusement à manger et s’emportent contre Goffin.

On se dispute les chandelles qu’on dévore. Quelquesuns, à tatous, vont étancher leur soif. « Il nous a semblé que nous buvions le sang de nos camarades noyés, » disent-ils.

Cependant on venait du dehors au secours des houilleurs. L’ingénieur des mines, un Français, M. Migneron, mort inspecteur général il y a quelques années; le préfet de Liège, baron de Micoud (la Belgique appartenait alors à la France), dirigeaient avec ardeur les travaux de sauvetage.

Le 4 mars, après cinq jours, on put rejoindre les pri-

sonniers. Tous furent miraculeusement sauvés, soixantequatorze, y compris quinze enfants!

Goffin, poussant l’inflexibilité jusqu’au bout, sortit le dernier. « Si j’avais eu le malheur d’abandonner mes hommes, je n’aurais plus osé voir le jour, » répondit-il à ceux qui lui demandaient comment il ne s’était pas sauvé tout d’abord pour ullcr rejoindre sa femme et ses six enfants. En récompense de son admirable conduite, il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur, et reçut une pension. Tout le monde célébra à l’envi le courage du brave houilleur, et Millevoye, concourant au prix proposé à cette occasion par l'Académie française, écrivit une pièce de vers intitulée Goffin ou le héros liégeois , qui fut couronnée. On peut la lire dans le recueil de ses œuvres. Elle est composée dans le style maniéré et emphatique du temps, et ne soutient plus la lecture; mais l’intention était louable, il faut pardonner ii Millevoye.

Le proverbe dit: « Tant va la cruche à l'eau qu’eufin elle se brise. » Le héros liégeois, fidèle à son premier métier, continua d’exploiter la houille. Vaillant mineur, il tomba sur le champ de bataille, et fut tué en 1821 par un éboulement. L’enneini dont il avait triomphé tant de fois, le frappa à son tour'.

Dans les mines de Charleroi, où les inondations sont non

1 . Les descendants de Goffin exigent encore. Un dimanche du mois de mars 1866, à Montmartre, je faisais une conférence aux ouvriers au nom de l’Association polytechnique. Je racontai l’histoire du charbon, et dépeignis les luttes du houilleur. En passant, je dis quelques mots de Goffin. La conférence finie, un homme de bonne mine vint à moi, demandant à féliciter le professeur. « Vous êtes des nôtres, me dit-il ; permettez à un porion belge de vous serrer la main. » Je pressai une main calleuse, durcie au travail souterrain. « Tout le monde sa souvient là-bas de Goffin, reprit le mineur; sa fille est ici à Paris; ah! si elle vous avait entendu parler de son brave père! ■

Je donnai rendez-vous à ce confrère pour qu'il me conduisit vers la fille de Goffin ; mais je ne l’ai jamais plus revu.

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moins fréqueutes qu’à Liège, un houilleur, Jean-Baptiste Evrard, était passé, au siècle dernier, à l’état de type légendaire comme Goffin dans celui-ci. Son aventure fut un peu différente; mais fit si grand bruit que l’Académie des sciences de Puris en fut elle-même informée, et l’a mentionnée dans ses mémoires'.

Le 17 décembre 1700, les eaux, accumulées au milieu d’anciens vides, avaient tout à coup apparu dans un chantier où travaillaient neuf mineurs. Deux curent le temps de s’échapper par le puits; sept autres, parmi lesquels était Evrard, furent emportés par l’inondation. Au milieu des éboulements et séparé de ses camarades, Evrard gagna un chemin montant, et de là une galerie communiquant avec les puits; mais ceux-ci s’étaient effondrés. Le pauvre houilleur, les habits trempés, le corps couvert de blessures, incommodé par le manque d’air, cria, appela longtemps, frappant la roche avec un pic qu’il avait trouvé en chemin. Rien ne répondit à son appel. Il regagna alors la montée qui avait été son premier refuge, et, vaincu par la fatigue, s’endormit profondément. A son réveil, ses habits étaient secs.

Mourant de faim, il essaya de manger les chandelles qu’il avait sur lui. Une put vaincre ht répugnance que lui causait cette nourriture insolite; mais il étancha sa soif en buvant de l'eau de la mine. Cependant il ne s’y prit qu’à trois fois pendant tout le temps de sa captivité, et resta presque toujours assoupi ou plongé dans le plus lourd sommeil. D’ailleurs il ne désespérait pas de son salut.

Neuf jours après l’accident, le 2G décembre, la houillère étant redevenue accessible, les ouvriers du dehors y avaient

I. Morand, le médecin, qui avait connu Êvrard, raconte aussi l'histoire tout au long et dans les termes les plus curieux. Vojez; l'Art d'exploiter les miitis de iharbonde terre, 1768-7tt.

pénétré pour rechercher les cadavres. Evrard les entendit qui se concertaient sur les moyens d’en enlever un en lui mettant une corde au col, ou en l’attachant par les épaules. De nouveau il appela, frappant avec son pie. Les ouvriers effrayés s’imaginèrent que c’était l’esprit, le mauvais génie de la mine, auquel on croit encore dans beaucoup de houillères. Cependant ils ne s’enfuirent point et frappèrent de leur côté. Evrard répondit. Ils renouvelèrent l’appel, même réponse. Enhardis au point de se rapprocher, mais en nombre, et entendant l’esprit qui déclinait son nom et les appelait par le leur, ils ne savaient que penser de tout cela. Vint enlin une bande d’ouvriers qui, heureusement pour le captif, étaient pris de boisson, et se décidèrent à se mettre à la besogne. A peine un commencement d’issue fut-il pratiqué, qu’Évrard, impatient de sortir du tombeau où il s’était vu enseveli, se jeta sur le premier mineur qui s’offrit à lui. Celui-ci, saisi par la tète avec l’étreinte du désespoir, pensa mourir d’effroi, et crut plus que jamais avoir affaire à l’esprit de la mine. Le mauvais air ayant éteint toutes les lampes, on dépêcha le sauvetage dans l’obscurité. Evrard, lié à une corde, fut amené au bas du puits d’extraction et monta le premier dans le panier, aecompagué du mineur qu’il n’avait pas voulu lâcher.

Le curé (qui était venu nu cas où on aurait eu besoin de son ministère), et plus de cent personnes rassemblées à la bouche du puits, reçurent avec acclamation le mineur sauvé. Le grand jour, dont l’effet subit aurait pu l’aveugler, ne l’impressionna point. Sans s’inquiéter de l’accueil de la foule qui grossissait d’instant en instant, il cherchait à assouvir sa faim. Apercevant enfin trois pommes qui cuisaient au feu de la machine à vapeur, il se jeta sur elles et les dévora. On lui lit boire un peu de vin blanc, puis on

LES MINES DE CHARBON

le livra aux médecins qui le remirent par degrés au régime ordinaire. 11 ne recouvra le sommeil que le septième jour; peut-être avait-il trop dormi dans la mine.

Au bout de trois semaines il était complètement guéri, et retourna à la houillère où il ne fut plus attaché qu’aux services extérieurs. Ses camarades n’en demeurèrent pas moins convaincus, plus fortement que jamais, qu’un esprit habitait la mine, et que cet esprit n’était autre qu'un des mineurs qui y avaient péri.

Pour nous, l’exemple d’Évrard prouve une fois de plus, après tant d’autres déjà cités, qu’il ne faut jamais désespérer du salut des ouvriers en péril, et qu’on doit toujours marcher résolument à leur délivrance, quel que soit le temps écoulé depuis le premier moment de leur captivité souterraine.

LA VOIE PÉRILLEUSE

LA VOIE PÉRILLEUSE

Le pués, tombeau du mineur. — Précautions ingénieuses. — Une fâcheuse rencontre. — La vistlle. — Chutes dans le puits. — Un rude trajet. — Situation critique. — Suspension dans l’abime. — Le lustre vivant. — La descente à l’anglaise. — Les échelles de mine. — La machine à monter. — Éboulement des puits. — Sinistres d’Hartley, de Poder-Nuovo, de Maries. — Statistique des accidents souterrains.

Après tous les accidents causés par le feu, le grisou, le manque d’air, les éboulements et l’eau, il reste à parler de ceux qui ont le puits pour théâtre. Ceux-ci proviennent de la rupture des câbles, des boisages, des pièces de machines installées à l’orifice, de la chute de pierres, d’outils, de l’abordage des tonnes d’extraction, etc. Par les causes variées, continues, qui les distinguent, ces sortes d'accidents font cncorè un très-grand nombre de victimes.

Le puits, voie des plus périlleuses, est comme le tombeau du mineur, et l’on dirait que c’est avec intention que les Belges ont nommé cet abîme la fosse. Sur quelques mines, il est le théâtre de tant de sinistres événements que les ouvriers ne l’abordent qu’avec une sorte de terreur superstitieuse. J’en ai vu ne jamais y descendre sans se signer auparavant, et faire une courte prière. Ce n’est pas que l’on n’ait pris, contre les nouvelles menaces de mort incessamment suspendues sur la tète du pauvre houilleur,

toutes les précautions nécessaires. Ainsi les tonnes ont d’abord été couvertes d’un toit1 (fig. 30 et 37), et les hommes se sont garanti le chef avec un chapeau de fer-blanc ou du cuir le plus dur. Un double indicateur, parcourant sous les yeux du machiniste une planchette graduée, et donnant la position relative des tonnes à chaque point de leur parcours, au besoin une sonnette agitée pur la machine aux moments voulus, avertissent au dehors que les tonnes passent au milieu du puits, ou qu’elles arrivent au fond et à l’orifice. Par des moyens particuliers, des signaux peuvent aussi être transmis de la mine à la surface. On tient constamment en éveil l’attention du machiniste, et l’on prévient de la sorte la rencontre des tonnes, leur immersion dans le puisard ou leur chute brusque au fond du puits, à moins qu’elles n’aillent charger de l’eau, enfin leur choc violent contre les poulies.

Peu à peu d’autres perfectionnements ont été introduits. On a muni les puits de guides, c’est-à-dire d’un double chemin de bois vertical, le long duquel montent et descendent les cages, portant les vases d’extraction et les mineurs. S’il tombe une pierre, un bois, un outil, un morceau de houille, le toit de la cage préserve les hommes et le matériel. Le câble se brise-t-il? Immédiatement un ressort, placé au-dessus de la cage, et que la tension du câble comprimait, se détend. Il commande une double griffe de l’acier le plus résistant, le mieux trempé. Cette gritre on grappin entre instantanément dans le bois des guides, avant même qu’un commencement de descente s’opère. Lu cage reste suspendue avec sa charge , et l'on a le temps de procéder au sauvetage (fig. 88 et 80). Rarement ces parachutes refusent de fonctionner ou manquent leur efTet.

1 . Vulgairement baptisé du nom de parapluie, et qui serait mieux appelé le parapierre.

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Que d’accidents ont été ainsi annulés, que de houilleurs ont été sauvés de la sorte! Aussi le passage des hommes par le puits, que l’administration avait presque partout défendu eu France, est aujourd’hui autorisé sur toutes les mines qui ont adopté l’emploi des guides, et muni les cages de toits et de parachutes.

Un autre avantage des guides est d’empêcher la rencontre des tonnes, cause de nombreux sinistres. Autrefois quand les ouvriers, malgré les défenses administratives ou faute de pouvoir faire autrement, circulaient par les puits, il fallait, au milieu du parcours, se tenir en garde contre un abordage. Souvent les deux tonnes avaient peine à passer ensemble, tant l’espace était restreint. Comme on poussait quelquefois le mépris du danger jusqu'à descendre debout sur le bord de la cuve (fig. 57), et qu’on s’amusait même à la faire osciller, on comprend qu’une rencontre, un simple contact, le frôlement contre les parois du puits, pouvait jeter un homme à bas.

En 1851, je visitais avec des camarades la mine de Roche-la-Molière. Le système des puits à guides faisait à peine son apparition dans le bassin de Saint- Étienne. L’appareil était encore des plus primitifs.: on tendait quatre câbles en fer entre l’orifice et le fond. Les bennes étaient munies latéralement d'anneaux qui les maintenaient entre les guides, le long desquels elles glissaient. Ce système permettait uniquement d’éviter la rencontre des vases. Néanmoins les mineurs allaient voir ces installations en pèlerinage de plusieurs lieues à la ronde.

Notre puits u’otfrait rien de semblable. Nous étions dans une petite benne sans toit, étroite et quelque peu délabrée. Ou nous avait laissés partir seuls. Suspendus nu câble, nous devisions et nous allions sans même songer

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à nous garer, quand tout à coup, au milieu du parcours, la benne montante nous accroche. La frêle nacelle est a moitié renversée. Notre premier mouvement est de saisir

Fig. 88- — Cage d’extraction à parachute (système Fontaine). Êch. 1/50.

La cage monte tirée par le câble ; le ressort est tendu et maintient les grappins en regard des guides du puits.

fortement les chaînons de fer qui la supportent. Nous nous mettons à crier. On nous entend. On fait descendre lentement la benne qui avait abordé la nôtre; puis on reprend la première manœuvre. Devenus dès lors attentifs,

LA VOIE PERILLEUSE

nous écartons l’ennemi au passage, et gagnons le fond sans autre embarras.

Celte aventure me servit de leçon; et quelques années

Fig. 89. — Cage. d'extraction à parachute (système Fontaine). Êch. 1/50.

Le câble s’est cassé ; le ressort détendu a refoulé les grappins dans les guides. Le convoi reste suspendu dans le puits en attendant le sauvetage.

plus tard, visitant à diverses reprises les charbonnages des Bouehes-du-Rhôue, je ne m’étonnais pas que le directeur, M. Grand, un vieux loup de mine (ainsi l’avaient baptisé amicalement ses confrères), aussi habile que prudent, pré-

forât toujours entrer clans ses chantiers par la paierie descendante. Celle-ci s’apppelait une viscttc dans la langue des troubadours. Le puits était peu profond, cent quarante mètres nu plus; lavisette n’avait pas moins d’un kilomètre, un quart de lieue de développement. Et quelle visette, bon Dieu ! Si ces ligues tombent jamais sous les yeux de ceux qui l’ont parcourue, ils pourront dire que je ue mens pas. C’était une galerie fort inclinée, étroite, basse, alors que M. Grand, « ayant six pieds moins deux pouces,» porte dignement son nom. 11 avait doté la galerie de marches et d’une rampe comme un véritable escalier. Les marches, c’étaient des gradins taillés dans le roc, usés, réduits à rien, luisants comme glace, où l’on glissait à qui mieux mieux. La rampe, c’était un vieux câble eu fils de fer, consumé par la rouille, défait, auquel on s’arrachait les doigts. Par cette galerie inclinée ou descendait encore, mais pour sortir c’était le chemin montant et malaisé du coche :

Chacun suait, souillait, était rendu.

Une chute dans un puits est presque toujours mortelle, et cependant il est des hommes qui, en pareil cas, se sout sauvés soit en se retenant aux boisages, soit en tombant directement dans le puisard ou réservoir des eaux, et là, nageant, appelant, attendant qu’on vînt à leur secours.

En Toscane, aux mines de charbon de Monte-Massi, deux ouvriers sont précipités un jour nu fond du puits. L’un meurt sur le coup; le second se blesse grièvement, mais il a encore le courage et la force de remonter par les boisages, d’aplomb. Effrayante gymnastique 1 le puits n’avait pas moins de quatre cents mètres de profondeur.

A Saint-Etienne, en 1803, un jeune ingénieur des mines sortait d’une houillère par un vieux puits. 11 était avec le fils du maître mineur. Un bloc se détache des parois, tombe dans la benne, écrase son compagnon. Lui-mème arrive

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presque sans vie. Le bloc avait froissé ses côtes, produit une commotion foudroyante. Malgré l’espoir que conservait le médecin, il ne tarda pas à expirer. Au bas du puits sc trouvait le maître mineur qui assista, on peut le dire, à la mort de son fils. En dépit d’ordres sévères, et pour complaire à l’ingénieur fatigué, il avait autorisé la sortie par la benne, sans se douter que tous en allaient être si cruellement punis !

Les abords des puits, presque toujours libres, sont une nouvelle source de danger. Un directeur de mines de ma connaissance, en Algérie, étuit occupé à lever un plan. Il avait lancé le fil au fond du gouffre béant pour en avoir la profondeur. Tout à coup il disparait, comme si l’abîme l’avait attiré à lui. On ne releva plus qu’un cadavre; il s’était brisé le crâne contre les parois. L’infortuné 1 il avait vieilli dans le métier, disputé scs os aux mines de mercure et aux fièvres de la Maremme toscane, de l’Afrique ; qui eût pu croire qu’après avoir si heureusement bravé tant de périls, cette triste fin lui serait réservée !

Les accidents dans les puits étaient naguère très-fréquents. A Saint-Étienne, avant l’adoption des guides, on attachait quelquefois deux bennes de charbon au câble, non pas toujours superposées, mais souvent l’une à côté de l’autre. Un jour qu’à la mine de Méons, où ce dernier système était eu usage, l’ingénieur et le maître-mineur descendaient ensemble, un choc violent eut lieu à la moitié du parcours par suite d’une rencontre. Les deux hommes se tenaient debout, la lampe d’une main, l’autre main passée autour des chaînes. Le choc décrocha leur benne et ils restèrent suspendus au câble. Comme les houilleurs, non prévenus, avaient chargé outre mesure les tonnes montantes, que la consigne ordonnait eu pareil cas de laisser partir à vide, de gros blocs de charbon se

détachèrent dans le ballottement et tombèrent dans le puits. Par une chance inespérée, ni l’ingénieur, ni le maîtremineur uc furent atteints. Le sang-froid ne les abandonna pas un instant, et ils arrivèrent au terme de ce rude trajet toujours suspendus au câble qu’ils serraient d’une main convulsive (fîg. 90).

Le même ingénieur de Méons éprouva un autre accident qui n'eut pas non plus de suites fâcheuses, mais qui, avec un homme moins courageux, eût pu se terminer de la façon la plus lamentable. Unjour qu’il montait, par le puits, le machiniste, au départ, enleva trop vivement le câble. La benne fut renversée parla secousse, et l’ingénieur, suspendu par un pied, la tète en bas, fut bissé sur une hauteur de quarante mètres. L’alarme ayant été donuée, on put enfin arrêter lamachine et porter secours au patient (lig. 91).

Cette ascension anormale rappelle celles de ces aéronautes qui se suspendent par les pieds au trapèze de leur ballon, et exécutent dans l’espace mille tours périlleux; mais au moins ne sont-ils pas pris au dépourvu comme le brave ingénieur de Méons. Autrefois on rencontrait peu de directeurs de houillères qui n’eusseut été soumis à d’aussi pénibles épreuves. 11 n’en est plus de même aujourd'hui que l’art des mines a réalisé tant de progrès.

A Liège, on avait jadis,- comme à Saint-Étienne et dans presque toutes les houillères, l’habitude de descendre dans les chantiers à cheval ou debout sur la tonne. Une fois, un ingénieur demeura pris par son vêlement à un étai qui faisait saillie dans le puits, et restu suspendu. La position était aussi critique pour lui que pour les autres personnes qui l’avaient accompagné, et conliuuaient à descendre. . Elles pouvaient, s’il tombait, être écrasées par sa chute. Leurs cris ne furent pas entendus, car l’homme qui aurait dû veiller à l’orifice n’y était plus, et l’alarme ne put être

Fig. 90. — Rencontre de tonnes.

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donnée qu’à l’arrivée nu fond du puils. Après vingt mortelles minutes, l’ingénieur fut enfin délivré. Il avait vainement cherché des mains un appui, un vide contre les

Fig. 91. — Situation critique d'un ingénieur de Méons (Loire).

étais, où il aurait pu se soutenir et soulager son frêle vêtement qui menaçait de céder sous le poids. A peine rentré dans la tonne, il perdit connaissance entre les bras de ses sauveurs. Il fit une longue maladie, continua cependant

LES MINES DE CHARBON

son métier, mais préféra désormais les échelles à la cuve comme moyen d’accès dans les travaux.

Il est des mines où la descente s’opère d’une façon ingénieuse, sinon commode, par le câble seul, sans tonne. Le minéralogiste Beudant raconte, dans son Voyage en Hongrie , que visitant, en 1818, les salines de Wielliczka dont nous avons déjà parlé, on le fit entrer par le puits d’une manière assez imprévue. L’extrémité du câble, amenée à l’orifice , portait autour d’un nœud cinq ou six bouts de corde repliés en forme de balançoire, et munis de deux sangles transversales, l’une servant de siège, l'autre de dossier. Installés sur ce fauteuil aérien, on lançait les visiteurs dans le vide, et ils formaient comme un lustre vivant. Ici l’image est d’autant plus vraie que chacun tenait à la main sa chandelle allumée. H tait-on trop nombreux? Alors on se divisait en deux paquets, deux grappes superposées, et l’on descendait de la sorte jusqu’au bas du puits, où les mineurs venaient vous délivrer (fig. 92). S’il faut en croire le récit des voyageurs, c’est toujours ainsi qu’on aborde les curieuses salines de la Gallicie.

En Angleterre, sur quelques mines, on pratique un moyen de descente analogue. Les groupes sont seulement de deux hommes, passant chpcun une jambe dans une chaîne de fer reliée au câble et qui forme le siège. Un homme seul peut aussi se tenir debout le pied engagé dans »in étrier. Les accidents sont fréquents par ce mode de descente, et plus d’un ouvrier, buttant en route contre un obstacle imprévu, a été ainsi précipité dans l’abîme sous les yeux de ses camarades consternés (fig. 93).

Quand on emploie pour la descente les vases ou paniers d'extraction (en anglais corves, corbeilles), les hommes y entrent, et les enfants se tiennent debout au-dessus des

Kig. y,’. — Entrée dans la mine de Wiclliczku

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