De l’italien macchia, bois taillis
moule à travers le taillis, rompent seuls la monotonie du paysage. Pourquoi la fièvre a-t-elle établi sou domaine dans ce pays boisé ? Sans doute par suite du manque de culture. Ces campagnes, jadis florissantes,, très-peuplées, furent l’un des greniers de Rome. A lu suite des invasions barbares, la bruyère a remplacé la moisson. Le sol, couvert de matières en décomposition, fermente, laisse échapper des miasmes putrides. Peut-être aussi que les vents, venant de la mer, apportent la fièvre des murais de la côte, malgré les montagnes interposées au passage. Quoi qu’il en soit, la fièvre existe, produite ou non par le mauvais air du littoral tyrrhénien. De juillet en octobre elle décimerait les mineurs; aussi ferme -t-on la houillère pendant ces quatre mois. Le reste du temps on travaille sans interruption.
Dès l’automne, les ouvriers émigrants, engagés dans les montagnes de Pistoyc, sur les flancs salubres des Apennins, ont quitté leurs campaguc-s visitées déjà par le. froid et que bientôt va recouvrir la neige. Ils arrivent par centaines. Le vieux Niccolini, le comptable de la mine, est allé les engager à l’avance, leur payer des arrhes qui les lient. La mi-octobre survient, et bientôt l’cxodc commence. Les uns partent à pied, les uutres en carriole ; ceux-ci quêtent une place aux calessini ou voitures du chemin. Ils viennent seuls, laissant femmes et enfants au logis: il ne faut pas exposer trop de victimes à la malaria , l’air meurtrier de la Marcmme.
Bientôt les travaux commencent, gênés d’abord par les dernières pluies d’automue. On répare les désastres survenus dans la mine pendant l’arrêt de la précédente campagne. Les boisages se sont rompus, les remblais ont cédé; au dedans comme nu dehors, les eaux ont fait de nombreux dégâts. Tout est remis promptement sur pied,
LES MINES DE CHARBON
et l’exploitation est reprise et se poursuit avec ardeur. Le charbon extrait est envoyé à Livourne pour le service des fabriques du pays, pour le chaufTage des bateaux à vapeur. On l’expédie aussi à Rome, et le Vatican s'éclaire avec le gaz fourni par cette bouille.
La mine occupe deux cents mineurs. Où logent-ils dans des maisons communes ou casernes, couchant sur des lits de camp, roulés dans une couverture de laine, ayant pour tout matelas un sac de paille. Et le vivre? au gré de chacun, mais peu varié. La mine tient un magasin où Niccolini et sa fidèle siorn Bitta débitent aux ouvriers de la morne sèche, du porc salé, du riz, du café, du vin et du rhum, et surtout de lu farine de maïs, avec laquelle on fait une bouillie épaisse, la polenta, mets favori de l’ouvrier italien, du nord au sud de la péninsule.
La polenta soutient peu, et l’on travaille beaucoup, douze heures en moyenne par jour. Calculez plutôt. Les postes sont de huit heures et se succèdent sans interruption. La journée du mineur est donc une fois de seize heures sur vingt-quatre, le lendemain de huit heures, soit de douze heures en moyenne, toutes données uu dur travail. Ce labeur continu accable, éuerve l’ouvrier, nmèue des accès de fièvre. Qu’y faire? La coutume et la discipline exigent ce surcroît d’efforts, et puis ne faut-il pas retrouver dans les seuls huit mois que dure la campagne les quatre mois d'arrêt forcé ?
Tout n’est pas dit : comme à l’excessive fatigue corporelle se joiguenl l’usage quotidien des salaisons et le séjour dans une vallée humide et chaude, le scorbut attaque ceux que la fièvre a respectés. En 1855, le choléra s’est aussi abattu sur la houillère et y a fait plus d'une victime.
On raconte qu’un Anglais demandait à un paysan des
marais Pontins, comment il pouvait vivre en si malsain pays, « Nous no vivons pas, nous mourons, » lui répondit le contadino. Ainsi peuvent dire nos mineurs. Et cependant chaque année voit revenir ceux que la fièvre ou le scorbut a épargnés : il faut gagner son pain, et l'on ne travaille pas en hiver dans les Apennins couverts de neige.
Le dimanche, les travaux s’arrêtent, et tout le jour la chasse ou bien le jeu, le chaut, la morrn forment la récréation des ouvriers. On va boire à la cantine le poncino national, mélange d’eau chaude, de citron, de sucre et de rhum, qui a le pouvoir de chasser la fièvre. On renouvelle ces libations, on s’anime, ou improvise à deux, en chantant, des octaves comme celles du Tasse. Les poêles se défient au début comme les bergers lettrés des Bucoliques ou des Idylles; rien n’est changé depuis deux mille ans. Virgile et Théocrite, s'ils revenaient en Italie, y reconnaîtraient leurs élèves. On invoque toujours Apollon, on ira cueillir au Capitole la couronne de laurier, récompense du vainqueur. Dans ce bel idiome toscau, qu’on parle ici. avec une élégance et un accent qui rendraient jaloux les académiciens eux-mêmes de la Crusca, tout le monde fait des vers. Il n’est pas jusqu’à un bandit corse, Agostino, réfugié dans ces maquis, qui n’improvise aussi à ses heures de loisir. Son parler n'est pas des plus purs; il hésite, manque lu rime, ce qui donne à son rival une victoire facile.
Pour se consoler de n’être pas poète, Agostino remplit avec une fidélité farouche son mandat de garde de chemin de fer. Chaque jour, il parcourt à pied, armé jusqu’aux » dents, les vingt -cinq kilomètres de voie ferrée qui séparent la houillère de la mer. C’est lui aussi qui va chercher l’urgent pour In paye, chaque quinzaine. La diligence de Livourne lui jette en passunt, sur la roule, les sacs pleins
LES MINES DE CHARBON
d’écus. Il est nuit. Agostino a fait connaître la veille par tout le pays le but de son voyage, pour voir si quelqu’un se hasardera à l’attaquer. N’oublions pas que la Marerame est la terre classique des bandits, des birbanti. Ils viennent faire de fréquentes apparitions sur la houillère, mais en amis, à cause des nombreux ouvriers qui y sont, et qui ou besoin chasseraient les brigands.
A la suite d’une vendetta, Agostino s’est enfui de Corse. Il porte sur la Ggure des traces de ses luttes passées: le nez a été fendu en deux d’un coup de stylet, lu face est couturée d’une énorme balafre. Contumace, il est venu demander du service nu grand-duc, qui honorant le courage malheureux, a admis le Corse à prêter serment, et l’a préposé à la garde du chemin de fer de la houillère de Montc-Bnmboli. Fier de pouvoir se parer du couteau, du pistolet et du fusil, cette fois sans opposition, le Corse fait son service durement, et personne, parmi ces paysans ignorants ou sauvages dont les terres bordent la voie, n'oserait enlever un rail, ou interposer un obstacle sur le parcours des wagons. On dit que les buffles eux-mêmes, <jui vivent en liberté dans les maquis, hésitent à franchir les haies, quand Agostino fait sa ronde.
A côté de ce Corse farouche, les maîtres-mineurs ou caporaux font un singulier contraste. Ils sont tous l’istoyais; ilsont nom Luigi, Sandro, Gereihia et Beppe. Luigi et Sandro, deux frères, de simples ouvriers devenus chefsmineurs, surveillent un des districts de la mine, l’un de jour, l’autre de nuit. D’une taille élevée, dignes dans leur maintien, porteurs de belles barbes, calmes, réservés, ouvrant toujours les premiers le poste, ils rappellent ces artilleurs d’élite ou ces soldats du génie vieillis dans la discipline des camps.
Geremia plaît par des allures différentes. Vif, beau
parleur, alerte, courageux, il ne recule devant aucun péril. Partout où il y a un pas difficile à franchir, il est le premier ; partout il donne l’exemple. Au besoin il sait affronter la mort. Son frère était comme lui, toujours prêt à marcher en avant ; il a été tué dans la mine par une explosion de gaz. Quant à Beppe, c’est en apparence l’opposé de Geremia. Il est froid, silencieux, lourd à se mouvoir; mais il a, plus que tous les autres, l’esprit observateur, et il est le plus intelligent. Il cherche à pénétrer les secrets de la géologie souterraine, se demande pourquoi les couches affectent telle ou telle allure, interroge l'ingénieur, et s’enquiert si l’on n’aurait pas écrit quelque livre d’exploitation à l’usage des caporaux-mineurs.
C’est avec ces quatre hommes que j’ai passé toute une année. Chaque jour je descendais dans la mine ; les chefs de poste me pilotaient. Avec quelle attention, avec quel soin ils me tendaient la main dans les endroits pénibles ! Comme ils me soutenaient dans les descentes périlleuses et sur le seuil glissant des montées !
Cet exil ou fond de la Maremme a été l’un des plus tristes auxquels m’ait condamné la vie de mineur. Le travail remplissait les journées, mais que les soirées étaient longues! Jeté au milieu de ces deux cents houilleurs, dans ce coin perdu de l’Italie, n’étais-je pas seul en réalité? Autour de moi, pas de parents, pas d’amis, pas même une connaissance. Eh bien ! quand, après dix ans, je me reporte vers ces temps écoulés, j’éprouve à cette souvenance je ne sais quel âpre plaisir. Je revois tout, comme si cela datait d’hier, et la vaste maison que j’habitais, et Sunta, ma bonne servante, qui allumait de si gros feux et préparait si bien le poncino : « Prenez cela, mon clier maître, caro lei, c’est bon contre la malaria , cela chasse la fièvre. » Je revois Tom, mon chien favori, chasseur infatigable,
LES MINES DE CHARBON
que j’ai depuis perdu, et Bianca, la vieille mule fidèle, qui retrouvait si Bien son chemin à travers les mille sentiers des maquis. Je revois tout, et les montagnes bleues de Campiglia, qu’on laisse à droite en descendant au rivage, et cette belle mer tyrrhénienne, où l’ile d’Elbe flotte sur les eaux, où les pics neigeux de la Corse tracent à l’horizon une silhouette indécise....
Ce n’est pas seulement dans les mines de Toscane que j'ai rencontré de braves travailleurs, dont je voudrais esquisser le portrait. Avant eux, je vous avais connu, vous, Mairand, gouverneur d’une des exploitations de Saint- Étienne, vous qui m’aidiez avec tant d’intelligence dans mes levées de plans de mine, alors qu’à mes débuts, chargé de cette rude besogne, j’allais la nuit dans les chantiers, pour ne pas interrompre les travaux le jour, porter la boussole et la chaîne. Souvent, pour dresser le plan d’une remontée, "d’un couloir, nous entrions dans le charbon menu jusqu’à mi-jambe, puis nous sortions bien tard, par la fendue boueuse, basse, aux pentes roides, aux contours sinueux, à l’air embrasé. Modèle des chefs-ouvriers, vous aviez travaillé plusieurs heures au delà de votre journée, vous me quittiez suns un mot de plainte.
Et vous, Louiset et Vitalis, maîtres-mineurs du bassin d’Aix, en Provence, vous nommerai-je aussi? Vous, Louiset, le digne second de M. Grand, votre habile directeur, comme lui agissant beaucoup, mais parlant peu , sans doute pour donner raison au proverbe : « La parole est d’argent, mais le silence est d’or. » Vous, sachant si bien prévenir ou calmer une grève, et suppléant au besoin votre chef dans la conduite du travail souterrain. Et vous, Vitalis, obsédé du désir d’apprendre et d’inventer, vous qui croyiez avoir découvert une méthode d'aérage, une méthode d’exploitation, que sais-je encore?
J’en passe et des meilleurs, comme on dit. Je ne puis cependant oublier tout à fait Pierre Lhôte, le vaillant chef mineur d’Épinac (fig. 99). Il a été au siège de Constantine, et a pris la ville avec Lamoricière, beau début ! Sans doute il s’est fait houilleur pour continuer à brûler de la poudre. Pierre Lhùte apporte dans son service toute la rigidité du soldat. L’ingénieur vient-il visiter un chantier, il dit à ses hommes : « Allons, mes enfants, rangez-vous, voici monsieur l’ingénieur qui va passer. » Peu s’en faut qu’il ne les aligne au port d'arme, le pic debout dans la main droite, la gauche appuyée sur la pelle. Un jour les mineurs, au fond des travaux, menacent de se mettre en grève. On dispute sur le prix de l’ouvrage, on ne s’entend pas.
« Mes enfunts, attendez-moi là, dit Pierre Lhôte, je vais consulter monsieur l’ingénieur. » Il revient. « Écoutez, mes enfants, ce que monsieur l’ingénieur m’a répondu : Pierre Lhôte, va-t’en dire à tes hommes que le poste de jour commence le matin à six heures, s'arrête de midi à une heure pour le repas, et finit à quatre heures du soir. Voilà, mes enfants, ce que monsieur l’ingénieur in’a dit.
Il est notre chef ; je lui obéis, vous m’obéissez ; allons, mes enfants, à l’ouvrage ! » Et de grève il ne fut plus question.
Côte à côte avec Pierre Lhôte, surveillant du dedans, marche le père Garnier, surveillant du jour (fig. 99). C’est lui qui dirige le triage, le lavage, l’expédition de la houille, la fabrication du coke ; c’est à lui qu’incombent tous les détails du service extérieur. Il a l’œil à tout, prêt à satisfaire tout le monde. « Oui, monsieur le directeur! Oui, monsieur l’ingénieur ! »
Telle est la population des houillères, méritante entre toutes. Chacun y remplit modestement sa tâche, on pourrait dire son utile fonction, le dernier manœuvre comme ^ le plus habile mineur, le contre-maître comme l'ingé-
LES MINES DE CHARBON
nieur et le directeur de la mine. Soldats, caporaux, capitaines, dans le sentier du devoir tous vont du même pas. Que d’énergie, de courage, de dévouement, dans cette
Fig. 99. — Pierre Lhôle et le père Garnier, maîtres-mineurs d'Épinac (Saône-et-Loire), d'après une photographie.
Pierre Lhôtc debout, porte la limousine, les sabots, le chapeau de cuir et la coiiïe des houilleurs du centre français.
légion nouvelle de travailleurs formée chez uous depuis un demi-siècle à peine ! C’est un monde à pari jusqu’ici peu étudié. Le public est passé trop indifférent à côté du
houilleur; le philosophe, le savant, l’artiste, le romancier, ne l’ont pas assez interrogé. Le soldat des abîmes mérite mieux qu’une attention distraite , une curiosité momentanée, alors qu’on visite en courant une mine, ou qu’un lamentable accident vient épouvanter tout un pays et jeter des centaines de familles dans le deuil. Les travaux du houilleur, patients, pénibles, où souvent sont mises en jeu les conceptions les plus délicates, sont dignes de la part de tons d’un sérieux examen. Si la foule pouvait seulement les voir, elle accourrait pressée , curieuse ; mais le sol cache la plupart de ces œuvres hardies ou grandioses, et la foule ne le sait meme pas. L’architecture souterraine n’a d’autres témoins que ceux qui la pratiquent, et les créations n’eu doivent jouir d’aucune célébrité. Puissé-je, dans les chapitres qui précèdent, avoir sinon comblé une lacune, du moins appelé plus directement l'intérêt sur les merveilles des houillères et sur le brave mineur charbonnier !
LES MINES DE CHARBON
Le diamant noir. — Production totale de la houille en 1865. — Rôle social du charbon fossile. — Les vassales de l’Angleterre. — Production et consommation de la houille en Europe. — L’armée du travail. — Superficie des bassins houillers, cl rapport ave: la surface géographique et la production. — Extraction croissante. — Durée probable des houillères. — Difficulté de remplacer la machine è vapeur et la houille. — Le combustible de l’avenir. — Mise en bouteilles du soleil.
Quand le houilleur a défriché le noir domaine souterrain, arraché le combustible aux entrailles de la terre, qu'il l’a extrait au jour, purifié, chargé enfin sur les voies de transport, l’utile minéral se répand en mille lieux divers, et va partout distribuer la lumière, la chaleur, la force, le mouvement. C’est un aliment aujourd’hui indispensable à la vie des nations civilisées, et chacun prévoit tous les troubles qui surviendraient dans le monde, si la houille manquait tout à coup. Plus de lumière dans les villes, plus de feu dans les usines et la plupart des maisons, tous les chemins de fer arrêtés. Les fabriques, les manufactures, presque tous les ateliers, presque toutes les machines, bon nombre de navires, privés de l’aliment essentiel, se verraient aussi condamnés au repos. La vie matérielle, une partie de la vie intellectuelle s’éteindraient, comme s’éteint, faute de nourriture, la vie du corps.
Les nations les plus policées ne sauraient désormais se passer de houille, et l’on pourrait presque juger du degré de civilisation d’un pays pur la quantité de ce combustible qu’il consomme. Marquez sur une carte de France, en employant des teintes d’autant plus foncées que l’instruction est plus générale, le degré d’instruction que possèdent les habitants dans chaque département, indiquez de la même façon le chiffre de la consommation en houille, et vous serez étonné d’une cei’taine analogie que les deux cartes ofTi'iront entre elles. Quels sont les départements de France qui consomment le plus de charbon de terre? le Nord, la Seine, la Moselle, le Rhône, etc., c’est-à-dire les départements qui sont parmi les plus instruits. Et ceux qui en consomment le moins ? le Gers, les Hautes- Pyrénées, le Morbihan, etc., pays où l’instruction est des moins répandues. Il n’y a pas là de paradoxe, et l’analogie que nous signalons existe. Sans doute ce manque d'instruction avait lieu avant l’exploitation des houillères, et la raison en est duc à d’autres causes. Il n’en est pas moins vrai que l’existence de mines de houille, ou un abondant emploi du combustible provoqué par la facilité, la rapidité, l’économie des voies de transport, eussent changé la situation, et profondément modifié le triste aspect des pays cités en dernier lieu. En devenant matériellement plus prospères, ils seraient forcément devenus plus éclairés.
V oyons donc ce qu’il se produit chaque année de l’indispensable minéral, et remarquons d’abord que les chiffres de la production et la consommation totale marchent de pair, comme si une sorte d’harmonie naturelle réglait ici l’offre sur la demande, pour pai'ler la langue des économistes.
Tous les pays brûlent de la houille, mais bien peu
LES MINES DE CHARBON
eu extraient, et rares sont les contrées que la nature a dotées avec abondance du diamant noir, comme l’appeleut les Anglais On compte celles dont la production est de quelque importance. C’est d’abord la Grande- Bretagne, marchant à la tète de tous les pays houillers, qu’elle laisse bien loin derrière elle, car elle produit plus qu’eux tous réunis. Elle a extrait plus de 102 millions de tonnes en 1 866.
La première après la Grande-Bretagne, est la Prusse, qui fournit 20 millions de tonnes sans compter 6 millions de tonnes de lignite. L’Amérique du Nord occupe le même rang que la Prusse ; puis viennent la France et la Belgique, dont les chiffres de production sont égaux chacun à 12 millions. Ceux de l’Autriche et de la Saxe sont respectivement de 4 millions et demi de kilog. et de 2 millions et demi. Tous les autres pays de l’Europe : l’Allemagne, moins les États déjà cités, la Russie, l’Espagne, l’Italie, etc., arrivent à peine à im total de 4 millions, et toutes les autres contrées du globe réunies, j’entends celles qui extraient du charbon : l’Inde, la Chine, le Japon, l’Australie, le Chili, etc., n’atteignent pas très-probablement 3 millions de tonnes par an.
En récapitulant tous ces chiffres, on arrive à un total de 1 80 millions de tonnes, dans lequel la part de la Grande- Bretagne est de beaucoup plus de la moitié, celle de l’Amérique du Nord et de la Prusse d’un neuvième respectivement, celle de la France et de la Belgique d’un quinzième pour chacune, celle enfin de tous les autres pays producteurs ensemble d’un douzième.
1 . On sait quai effet produisit sur la foule, h l'Exposition de Londres do 1851, le diamant le Ko-lii-noor. Les houilleurs anglais, jouant sur le mot indou ko-hi-noor (montagne de lumière), et faisant allusion aux applications de la houille, avaient mis cette inscription sur un bloc de charbon do terre: « C’est ici le vrai Ko-hi-noor! »
Cet état de la production houillère en 180b est résumé dans le tableau suivant :