‹ La Vie souterraine, ou les Mines et les mineursChapitre 27 sur 70 · PLANCHE I · texte numérisé non relu

PLANCHE I

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LES ÉTAPES DE L’HUMANITE

«le boisa une haute température, ils se réduisent en cuivre métallique. Le métal se présenta aux premiers fondeurs dans un état d’assez gran le pureté, caractérisé par sa belle couleur rouge. Il s’étendait facilement par le battage au marteau de pierre en lames ou en fils; mais il u’était pas assez dur pour recevoir des emplois immédiats bien nombreux.

Les minerais «jui viennent d’étre cités, forment la partie supérieure des filons, ce qu’on appelle la tète, le chapeau ou l'affleurement; c’est celle qui se montre nu jour. Le ton rouge, irisé, chatoyant, particulier au cuivre natif ou oxydulé, dut frapper dès l’abord les yeux, non moins que l’aspect noirâtre du cuivre oxydé, et plus encore les teintes bleues et vertes des carbonates de cuivre. Ces derniers doivent même à la couleur qui les distingue d’être nonseulement des minerais aisément reconnaissables, mais aussi des pierres d’un certain prix, qui ont été de tout temps employées soit par la joaillerie, soit par la peinture.

Après avoir fouillé les affleurements, les mineurs furent naturellement conduits à interroger en profondeur les filons cuprifères. Alors, au lieu d’un minerai d’habitude décomposé, altéré par l'oxygène et l’acide carbonique de l’air, et d’un poids relativement faible, ils rencontrèren une substance intacte, d’une couleur jaune étincelante (pi. II, fig. S), d’une grande densité, le cuivre dit pyriteux ou sulfuré, parce qu’il est une combinaison de cuivre et de soufre*.

Un premier pas venait d’être fait dans l’exploitation des mines métalliques, un pus plus grand restait à faire dans

1. La véritable composition du cuivre pjriteux consiste en parties à peu près égales de cuivre, de soufre et de 1er, trente à trente-trois pour ceut de chacun do ces corps.

LES MINES DE MÉTAUX

l’art de traiter les minerais, duus la métallurgie. Oui le premier apprit à l’homme à foudre le cuivre pyriteux, aujourd’hui encore si rebelle à uos fourneaux ? Qui enseigna au fondeur qu’il fallait d’abord griller ce minerai avant de le fondre, c’est-à-dire le calciner, le torréfier à l’air, pour le débarrasser en partie du soufre qu’il couteuait? Ou plutôt le minerai ne fut-il pas jeté tout simplemeut dans le foyer saus aucune préparation, puis purifié pur des refontes successives? Immense série d’indécisions, de recherches, dans lesquelles se formèrent les premiers chimistes, et où le métal, allié à d’autres métaux, et par cela même plus dur bien que plus cassant, se présentait au fondeur avec presque toutes les qualités requises pour les emplois usuels.

Comme il est rare que les minerais de cuivre pyriteux ne soient pas mélangés à d’autres, c’était un cuivre impur qu’on obtenait, allié très-certainement à du plomb, du zinc, mais surtout du fer à cause de la composition même de la pyrite cuivreuse. L'étain, n’ayaut pas été introduit directement dans l’alliage, ne devait s’y présenter que très-accidentellement. Dans tous les cas, ce fut là le premier bronze, le premier airain.

Qui pourrait dire maintenant le cycle immense qui sépare cette découverte de celle du véritable bronze, cet alliage de cuivre et d’étain à doses calculées, étudiées, dont l’antiquité fit un si grund et si remarquable emploi? Dans quel pays ont paru les premiers mineurs qui ont fouillé et fondu l’étain? Ce métal a-t-il été trouvé d’abord dans l'Inde, où lîanca et Malacca fournissent encore aujourd’hui si abondamment tous les marchés du monde? Est-il venu du Cornouailles britannique ou de l’Armorique gauloise, voisine et sœur de celui-ci? Ces deux pays sont riches en minerais d’étain qui n’ont jamais cessé d’être

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