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LES ÉTAPES DE L’HUMANITÉ
exploités, et même les anciennes alluvions stannifères, remuées, bouleversées par les mineurs aborigènes existent toujours.
Que ce soit l’Inde, la Gaule ou la Bretagne qui nient été les premières pourvoyeuses du métal, il est hors de doute, qu’elles contribuèrent toutes trois, les deux dernières exclusivement par la suite, à l’approvisionnement en étain du bassin méditerranéen. Le minerai, sifncile à distinguer à sa couleur et à son poids (pl. IV, fig. 5), était séparé par un simple lavage des sables qui le contenaient, puis traité par le feu. Comme ce n’est qu’une combinaison d’étain et d’oxygène, ce qu’on appelle l’étain oxydé, la fusion au charbon de bois isolait immédiatement le métal. C’est encore aujourd’hui le même traitement qu’on emploie.
Dès ces temps reculés, antérieurs à la guerre de Troie, et qui marquent comme lu limite entre la fable et l’histoire, les premiers navigateurs de la Méditerranée, les Phéniciens, franchissaient les colonnes d’Hercule et venaient aux Cassitérides ' ou à l’ile Vectis’, échanger les produits de l’Orient contre l’étain des Celtes et des Bretons. Ces hardis marchands, ces rois de la mer, comme les appelle la Bible, allaient plus loin encore; ils remontaient jusque dans la Baltique pour chercher l’ambre; puis, à travers mille périls, reprenaient la route de leur pays. A Tyr, à Sidon, ou rlliait le cuivre fourni en quantité par les gîtes de l’Asie Mineure et de 1 île de Chypre5, avec l’étain rapporté de la Gaule et de la Bretagne, et l’on obtenait le bronze ou l’airain. Homère cite l’airain de Sidon. Qui le premier eut l'idée de faire l’alliage? Fut-ce un marchand phénicien, qui avait acheté non-seulement l’étain des mi-