L’ilc Suint-Michel des Anglais ou l’ile de Wigbt
3. C’est du nom de cette lie qu’on a fait en latin celui de cuivre, cupruni
LES MINES DE MÉTAUX
neurs bretons, mais encore le cuivre, queles mines du Cornouailles produisaient alors et produisent encore en quantités considérables ? Fut-ce un fondeur de l’Armorique ? L’antiquité, chose étrange, n'a pas cherché à débrouiller le fait, ne l’a même jamais mentionné. Pour tous les auteurs grecs ou latins, le bronze (jes ou chat cos) est un métal simple, directement obtenu du minerai. Cependant l’analyse chimique nous révèle que c’est un alliage de cuivre et d'étaiu, le plus souvent à doses calculées, et variables avec l’objet qu’on voulait obtenir, arme, médaille ou statue. Sans doute les corporations de fondeurs avaient intérêt à ne pas dévoiler leurs formules.
La découverte de cet alliage de cuivre et d’étain, quelle que soit la façon dont les anciens y sont parvenus, détermine dans l’histoire de l’humanité une période autrement mémorable que celle que nous avons déjà signalée, dans la première partie de ce livre, au sujet de l’emploi étendu de la houille. Pour bien comprendre Le phénomène immense qui s’opère alors dans la marche du progrès, il faut résumer tout ce qui a été dit précédemment.
La taille et le polissage du silex, le pétrissage de l’argile, des essais de gravure sur des os, ont marqué, dans le développement de l’espèce humaine, une première période intellectuelle et artistique, celle que nous avons nommée avec tous les archéologues l’âge de pierre. C’est dans cette première période (pie le langage aura été inventé, si l’homme ne l’a pas reçu en naissant. Puis est venue l’invention du feu et avec elle la découverte du cuivre, ou plus généralement de l’exploitation des mines et de la métallurgie, deuxième étape, que l’on pourrait appeler l’âge de cuivre, pendant laquelle nous supposerons, si l'on veut, que l’écriture aussi a été trouvée pour peindre la parole. La troisième étape est maintenant marquée par la
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découverte de l’étnin et bientôt de son nllinge avec le cuivre, le bronze. Les fondeurs durent apprendre de suite à tremper le nouveau métal, c’est-à-dire à le durcir en l’immergeant brillant dans l’eau, puis à le forger ou à l'assouplir par le battage. Tous les outils, presque tous fabriqués ou entrevus par l’homme des âges précédents, le marteau, l’enclume, le ciseau, le levier, furent désormais confectionnésavec le bronze trempé et forgé, de même que la scie, le coin, le couteau, ln hache, l’hameçon, l'aiguille, jusque-là faits en silex ou en os. Rapide et immense conquête ! un nouvel âge s’ouvre, l’âge de bronze. Désormais l’essor de la civilisation est assuré; les beaux-arts vont véritablement prendre naissance. Le bronze peut suffire à tous les usages: on en fait le pic du mineur, le soc de la charrue, le ciseau du sculpteur, le marteau et lecompasde l’architecte, le burin du graveur. Matière éminemment fusible, il se prête à toutes les formes, les plus élevées comme les plus vulgaires. Avec lui commence l’art du moulage. Il sert, en concurrence avec l’or, à créer la monnaie, base des valeurs, et donne naissance au commerce, qui jusque-là n'avait reposé que sur l’échange. Mais on en fait aussi des armes défensives et offensives, des pointes de flèche, de lance, des javelots, des épées, des 'boucliers, des cuirasses, des casques, et l’art de lu guerre, aussi vieux que le monde, fait un pas de plus avec l’invention nouvelle. A chacune des étapes que nous allons encore parcourir, il en sera de même : la science de s’entre-tuer, comme l’appelait Montaigne', progressera en même temps que toutes les autres.
Trois métaux, le plomb, l’argent, le mercure, ont sans
I. « La science de nous entre-délaire et entre-luer, de ruiner et perdre notre propre espèce, * telles sont les expressions imagées par lesquelles le grand philosophe désigne lu guerre.
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doute été trouvas en môme temps que le bronze, et peut-être avant lui, c’est-à-dire avec le cuivre. L’argent, compagnon fidèle des minerais de plomb, a dû être découvert avec ce dernier métal. Le minerai plombifère le plus commun est la galène ou plomb sulfuré (pl. III, fig. I). Il est brillant, comme le nom grec (y«X^vyj, galc'në) l’indique, bleuâtre, cristallisé. Au simple contact de la flamme, le soufre se dégage de l’état d’acide sulfureux, le plomb coule. La découverte s’est produite d’elle-même, dès que les hommes ont été amenés à faire subir l’épreuve du feu à toutes ces substances naturelles, lourdes, brillantes, métalliques, qui ont ensemble un air de famille, et composent ce qu’on nomme les minerais. Restait à trouver l'argent. Le métal natif est rare (pl. I, fig. 3). Le minerai, presque toujours complexe, est le plus souvent contenu, à l’état d’argent sulfuré, dans la galène; mais le plomb jouit de la curieuse propriété, en fondant, d’entraîner avec lui l’argent, et l’on obtient ainsi non du plomb pur, mais un alliage. Comment en isoler le précieux métal? Le plomb, en brûlant à l’air s’oxyde et coule à l’état de litliarge ; l’argent, inoxydable, reste eu un bouton brillant; il faudrait une plus grande chaleur pour le fondre. Ainsi fut trouvé le métal frère de l’or, et du même jet la coupellation', procédé ingénieux que l’on trouve déjà mentionné dans la Bible, et par lequel l'argent est si aisément séparé de son allié minéralogique, le plomb.
A son tour, par quel moyen a été découvert le mercure? Le minerai ordinaire en est aussi un sulfure, le cinabre ou vermillon natif (pl. I, fig. 6). Cette substance est d’un très-beau rouge, cristallisée, brillante, mais plus souvent terreuse. Elle dut, comme la galène,
1 . L’aire du fourneau où se fait cette opération dans les usines affecte la forme d'une énorme coupe ou coupelle, de là le nom donné au procédé.
les Etapes de l'humanité.
être connue de bonne heure. Elle n comme elle la propriété de perdre son soufre par lu chaleur. Le métal se vaporise aussi, mais se condense au contact d’un corps froid en globules mobiles : c’est le vif argent ou mieux l’argent liquide, 1 ’hydrnrgyros des Grecs et des Homains. L’antiquité l’employa pur pour dissoudre l’or, et comme couleur à l’état de vermillon.
Un long temps s’est écoulé depuis l’invention du bronze, et le fer n’est pas encore trouvé. C’est que le bronze suffit a tous les besoins, aux arts de la paix comme à ceux de la guerre, c’est que l’airain devait être connu avant le fer, car il est plus facile à traiter :
Et prior æris crat quam ferri cognitus usas,
Quo fncilis magis est natura1.,..
Cependant les mineurs avaient été frappés de bonne heure par l’aspect d’une roche terreuse, rouge, jaune ou noirâtre, assez pesante, tachant les doigts, abondamment répandue en certains pays et qui forme les minerais de fer oxydé (pl. VI, fig. 1, 2 et 3). Le jour où le métal fut enfin extrait de son minerai, la découverte fut complète ; elle l’emportait sur toutes les autres. Tous les peuples, dans leurs légendes, ont â leur tour célébré le premier forgeron. C’est le plus grand des inventeurs : il a trouvé l’art de fondre le minerai de fer et de souder le dur métal. La bible le nomme Tubalcain, le fondeur; l’Égvpte Plha. le dieu du fou, dont la Grèce fait Héphaïstos ; Home, Vulcain, et donne son nom aux volcans. Alors commence une nouvelle ère, l’âge de fer, dernière étape de l’humanité puisque nous la poursuivons encore, et dans laquelle s’accomplissent sous nos yeux de si étonnantes merveilles.
One le travail de réduction du fer, qui est depuis passé