LE BISMUTH LE COBALT. L ARSENIC. LE NICKEL
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LE LABORATOIRE DE LA NATURE. 333
ensuite par les dépôts métalliques, sont souvent pénétrées elles-mêmes de ces dernières substances, comme si l’apparition des minerais et celle de la roche ignée eussent alors été contemporaines (carte V, tig. 3 et 4). Ces roches portent dans ce cas l’épithète de métallifères, que les géologues se sont au reste habitués à leur donner d’une manière générale, pour témoigner du rôle qu’elles ont joué dans la formation des filons.
Nous avons dit que le faible radeau qui nous porte repose sur une mer de feu. Suivant la grande hypothèse de Laplace, notre globe ne fut à sa naissance qu’une masse incandescente, un véritable soleil qui s’est peu à peu refroidi et encroûté. Aujourd’hui, perdant insensiblement et son atmosphère et son eau, ce soleil tend à passer à l’état de lune. L’écorce terrestre devait présenter, aux premières époques de sa formation, son minimum d’épaisseur. Il en résulte que l’apparition des roches éruptives et les fractures qu’elles occasionnaient, devaient être alors beaucoup plus fréquentes qu’elles ne le furent depuis, et c’est en effet ce qui a eu lieu. C’est dans les schistes dits anciens, correspondant à la première période des dépôts sédimentaires, celle nommée de transition et de préférence aujourd’hui primaire*, que se rencontrent le plus grand nombre de filons métalliques. C’est là qu’on trouve immanquablement en place l’or, l’argent, le platine, le mercure et l’étain. L'antimoine, l’arsenic, le bismuth, le nickel, le cobalt, s’y rencontrent également, et souvent aussi le cuivre, le zinc, le plomb, le fer et même le manganèse. Aucun métal ne manque à l’appel. Le granit et le porphyre sont les roches métallifères par excellence de celte époque.
1. Par analogie avec le terrain igné le premier solidifié, qu’on a longtemps appelé primitif.
LES MINES DE MÉTAUX
La période secondaire, comprise entre le terrain houillcr et les derniers dépôts du terrain de craie ou crétacé, contient beaucoup moins de (lions. Dans la liste des métaux elle n’offre guère que le cuivre, le plomb, le zinc, le fer, le manganèse, et accidentellement l’or et l’argent. Souvent les gîtes se sont étendus au milieu même des terrains stratifiés, en couches régulières ou en amas, en veines enchevêtrées (carte II, fig. 3). D'autres sont déposés au contact ou au voisinage immédiat des roches d’éruption (carte III, fig. 4 ; carte IV, fig. 1,2 et 3) et forment dans quelques gîtes ce qu’on appelle des colonnes, des chapelets (carte IV, fig. 4). Parfois ils ont apparu violemment, tout d’une pièce jouant eux-mèmes le rôle de roches éruptives, ou bien ils ont été intimement mêlés à celles-ci (carte V, fig. 3 et 4). L’apparition de nouvelles masses ignées, les roches vertes, serpentineuses, caractérise .cet âge de la terre.
Dans la période tertiaire les mêmes phénomènes se reproduisent, mais sur une échelle moins vaste. L'éruptiou des roches granitiques, porphyriques, serpentineuses, finit; celle des roches volcaniques proprement dites commence.
Enfin, dès la période quaternaire, dont l’époque actuelle voit se poursuivre le développement, les grandes émanations métallifères ont cessé tout à fait. 11 ne se forme plus alors que des gîtes dits d’alluvion ou de transport, parmi lesquels sont les placers.
Les placers' sont des gîtes presque toujours superficiels ou déposés à une faible profondeur. Ils remplissent le lit d’anciens cours d’eau, d’anciennes vallées, se retrouvent dans des plaines et même sur des plateaux élevés ; mais les
1. C’en le nom que les Espagnols ont donné aux alluvions aurifères de l’Amérique. Placer, en castillan, signifie plaisir, et par extension, sans doute, lieu de plaisir, ce qu'à l’origine sont souvent les placers. Les Anglais, à leur tour, appellent les placers des diggingi, et ce mol vient du verhe dig, bêcher, fouiller.