I. Mot à mot, minerai pâle
LES MINES DE MÉTAUX
fig. 5). Plus rarement, dans les sables stannifères, il est jaune, rose et même incolore, translucide comme le cristal. Les savants lui ont donné le nom de cassitérite, emprunté à ccs îles de l’Atlantique, les Cassitéridcs des anciens, dont les géographes modernes n’ont pu encore fixer le gisement exact, et où, même avant Homère, les Phéniciens allaient faire le commerce de l’étain. Les Anglais appellent aussi ce minerai black tin, l'étain noir, à cause de sa couleur habituelle. Par opposition, ils donnent au métal le nom de white tin ou étain blanc.
Le plomb, comme l’étain, ne se rencontre pas à l’état natif, hormis dans des cas exceptionnels; mais on trouve souvent, à la partie supérieure des filous plombifères, des sulfates, des carbonates blancs ou jaunâtres, la céruse naturelle (pl. 111, fig. 2), et dans les géodes qui tapissent les parois des filons, des phosphates verts, des aluminates jaunes, des chromâtes rouges (pl. 111, fig. 3 et 4), dont les magnifiques échantillons sont pourchassés par les amateurs.
Le minerai le plus répandu du plomb est le sulfure ou galène (pl. III, fig. 1), contenant d’habitude de l’argent. Il est bleuâtre ou gris d’acier, généralement cristallisé. Il n'y a pas encore longtemps, les mineurs croyaient que la galène à larges facettes, était toujours pauvre, et la galène à petits cristaux ou grenue, toujours riche en argent; mais des faits nombreux sont venus démontrer que ces présomptions étaient souvent erronées.
La galène mêlée à des sulfures d’antimoine et de cuivre prend le nom de bournonite *. Ce minerai occupe, dans la famille du plomb, un rôle analogue à celui du cuivre gris parmi les minerais cuivreux. Les fondeurs en disent peu
1. En l’honneur du minéralogiste français Bournon, qui a le premier signalé cette substance.
de bien, quoiqu’il renferme assez souvent de l’argent et même de l’or.
Le zinc ne s’est jamais rencontré dans les filons à l’état de métal pur; mais on trouve, surtout aux affleurements, en masses considérables, en gigantesques amas, des oxydes, des carbonates et des silicates de zinc ou calamines’, sortes de blancs de zinc naturels, dont la fusion est des plus aisées (pl. IV, fig. 1, 2 et 3). Le minerai le plus commun du zinc est le sulfure ou blende*. 11 est cristallisé, a la couleur et l’aspect de la poix, ou bien est d’un jaune de miel (pl. IV, fig. 4).
L’antimoine*, comme la plupart des métaux, existe à la partie supérieure des gîtes, à l’état d'oxyde, et en profondeur à l’état de sulfure. L’oxyde pur, cristallisé, est incolore, transparent, limpide, ressemble à du diumant, dont il se rapproche aussi pur la forme géométrique; mais il est beaucoup plus tendre, et ne renvoie pas la lumière comme l’incomparable gemme. Compacte, cet oxyde rappelle la pierre calcaire : il a un aspect jaune ou grisâtre, terreux; sa forte densité trahit bien vite une substance métallique. Le sulfure d’antimoine est gris d’acier, en forme de baguettes cristallines (pl. III, fig. K) présentant parfois des bouquets, des assemblages trèscurieux.
L’arsenic1 2 3 4, le cobalt, le nickel, le bismuth se rencontrent
1 . Du nom de la province belge où on les a surtout exploités.